Salut! C'est François!
Ce matin-là, on a fait la grasse matinée à Suceava puis on a déjeuné dans l'hostel. On pourrait presque dire qu'on avait un grand appart à nous tout seuls, sachant que nous étions les seuls dans la place! On pouvait se lever tard car, la veille, on nous avait indiqué que le bus vers Chernivtsi, la ville ukrainienne où nous nous rendions, partirait à 13h de Suceava. S'il y avait bien un bus, toutefois, car il n'était pas impossible qu'il n'y en ait pas, selon le Lonely Planet, sachant que c'est une ligne pas trop courue... On s'est donc rendus à la gare pour qu'on puisse nous confirmer qu'il y avait bien un bus. "Oui, il est dehors" nous a indiqué la guichetière. Parmi le tas de bus qui attendaient à l'extérieur, un seul détonnait par le fait qu'il avait l'air à la fois très vieux et plutôt pourri... Et comme de fait, c'était bien ce rutilant bolide qui se rendait à Chernivtsi à 13h! Ukraine, here we come!
On a été récupérer nos trucs à l'hostel, puis on a mangé dans le self-service en face de la gare. Un gars louche nous a offert du parfum sous le manteau... Ici, plusieurs Ukrainiens revendent en contrebande en Roumanie des produits qu'il achètent moins cher en Ukraine...
On s'est bien installés dans nos vieux bancs sales puis l'antiquité qui tenait lieu de bus s'est ébranlée vers la frontière. Un sympathique monsieur moustachu collectait l'argent, tout en confirmant à notre voisin visiblement curieux que nous étions bien étrangers! Le même gars a fini par nous jaser un peu et par nous inviter à dormir dans son hôtel dans le village ukrainien où il habitait...
Après 1h30 de route, on est arrivés à la frontière. On vous avoue qu'il y avait une certaine appréhension à l'idée d'aller en Ukraine. Après tout, toutes les nouvelles qui nous parviennent de ce pays font généralement état de guerre, de troubles politiques... Même si on savait que la réalité était assez différente, on avait tout de même une certaine crainte... et une certaine excitation en même temps! Et on s'attendait à ce que le passage à la frontière soit un peu compliqué. Finalement, ce fut assez simple! Un soldat ukrainien trop sérieux a regardé nos passeports un instant, puis est parti avec tous ceux des passagers. On s'attendait à passer à la questionnette, 2 touristes étrangers entrant dans le pays par un poste frontière un peu perdu... Mais il n'en fut rien et l'autobus est reparti sans trop d'attente. On était maintenant en Ukraine!
La route pour se rendre à Chernivtsi était étonnamment pas trop mauvaise et, au premier abord, il était difficile de voir que nous étions désormais hors de Roumanie. Cela dit, certaines différences ont fini par apparaitre plus clairement. D'abord, on croisait maintenant de vieilles Lada et de vieux camions soviétiques, comme aux Stans! Surtout, les panneaux étaient désormais en cyrillique, ce qui était un changement assez majeur! Par contre, la pluie, elle, continuait de nous suivre!
Moins de 3h après notre départ de Suceava, on est arrivés à Chernivtsi. Et là, l'atmosphère post-soviétique était palpable. C'est difficile à décrire pour qui n'a jamais été dans l'ex-URSS, mais on le voit dans l'habillement des gens, leur attitude, les inscriptions en cyrillique, l'architecture des blocs appartement, les vieilles voitures, un certain chaos généralisé... On avait des flashbacks des Stans, et ça nous plaisait pas mal!
Mais avant d'explorer, on avait un problème plus urgent: sortir de l'argent. Mémé "logisitique" Messier Harbec avait identifié avant de partir qu'une banque en particulier nous permettait de retirer de l'argent sans frais, et on est donc partis à la recherche d'une succursale d'UkrsiBank. Sauf qu'on était désormais en Ukraine, et qu'ici, contrairement à la Roumanie, personne ne parle anglais! Par contre, généralement ici les gens sont heureux d'aider des voyageurs perdus! Des gardes de sécurité d'un autre banque ont fini par nous faire comprendre en rigolant où on devait se rendre, et on a pu retirer nos précieux hrivinas, après avoir essuyé une bonne averse!
On pourrait croire que Chernivtsi est une ville soviétique comme les autres avec ses blocs en béton affreux, et c'est un peu l'impression qu'on a en arrivant à la gare, dans les faubourgs de la ville. La réalité est cependant tout autre. Chernivtsi est une ville qui a été construite par les Austro-Hongrois, et dont les magnifiques bâtiments pastel au centre ont été bien restaurés. Avec ses vieilles rues en pavés, la ville est en fait pleine de charme!
Notre guide nous donnait l'adresse de l'hostel où nous comptions nous rendre. Cependant, sur place... il n'y avait rien. Après un moment, on a fini par trouver une vieille porte rouillée près de laquelle un graffiti "hostel" avait été taggé sur un mur. Mais rien d'autre, et impossible d'ouvrir la porte. Avec ce maigre indice, on est allés gosser les propriétaires des commerces voisins, et l'un d'entre eux nous a finalement ouvert la porte. À l'intérieur, une cage d'escalier sale et mal éclairée, qui semblaient désaffectée... Mais comme on vous l'a dit, les apparences en Post-Soviétie sont souvent trompeuses, et on a rapidement trouvé la porte de l'appartement où était situé l'hostel! On y a été accueillis par la très sympathique Valentina, une Roumaine qui étudie en droit à Chernivtsi et qui s'occupait de l'hostel. On a jasé un moment avec elle, et en français en plus vu qu'elle le parlait un peu! On a aussi fait la connaissance de Ryan, un biker américain qui voyageait depuis l'Australie en moto. Il nous a raconté qu'il avait eu accident en Inde où il s'était brisé la cheville, en nous montrant la cicatrice que ça lui avait laissé au pied. Pour un face à face avec un camion, disons qu'il a été incroyablement chanceux! Autrement, l'hostel était bien, et la chambre était couverte de posters de propagande et de drapeaux, à mon plus grand bonheur!
On était déjà en fin d'après-midi, mais on voulait tout de même visiter l'attraction phare de Chernivtsi: son université. Oui, oui, son université. Simplement, ce n'est pas un édifice comme les autres! Bâti par les Austro-Hongrois pour les religieux orthodoxes de Chernivtsi, il a été converti en université à l'époque soviétique. C'est son style architectural qui le distingue: on dirait un mélange psychédélique de briques brunes et à motifs, à mi-chemin entre un monastère et un château! On y trouve des créneaux, de longues fenêtres étroites, de grands escaliers en marbre, des salles pleines de colonnes, de longs couloirs... On se croirait à Poudlard! Pour ajouter à la magie, un orchestre jouait dans l'une des salles lors de notre passage! Un bien bel endroit en tout cas!
On s'est baladés un moment dans les jardins de l'université, puis on est revenus vers le centre avec sa tour à horloge via les jolies rues pavées. On a à peine eu le temps de visiter une église qu'un déluge apocalyptique s'est abattu sur la ville! De peine et de misère, on a trouvé refuge dans un supermarché, où on a acheté de quoi déjeuner. Ce qui m'amène à vous parler des prix. Le hrivna a été fortement dévalué depuis la guerre avec la Russie, en 2014. Ce qui fait en sorte que l'Ukraine est très, très bon marché pour nous! Quelques exemples:
- Prendre le bus public: 0,15$
- Un repas complet au resto: 3-4$
- Un lit à l'auberge de jeunesse: 5$!
Autant vous dire que c'est bien moins cher qu'en Roumanie, où les prix n'étaient déjà pas trop mal!
Une fois l'averse terminée, on a cherché un endroit où souper le long de la jolie rue piétonnière qui forme le coeur de la ville. On s'est finalement décidés pour un resto ukrainien où le bien aimable et souriant serveur, qui pratiquait de son mieux son anglais avec nous, nous a servis de gros plats nourrissants de polenta-crème sûre-bacon-champignon! J'ai goûté la bière blanche locale (très bonne) et on s'est gâtés avec des gâteaux pour dessert. Coût total? 4$ par personne. Le rêve!
On est ensuite revenus à l'hostel où on a jasé avec les gens et écrit le blog avant de mettre fin à nos activités de la journée.
Verdict, après quelques heures en Ukraine: les gens sont sympathiques, c'est beau, peu touristique, on y mange plutôt bien et c'est pas cher. Je pense qu'on va se plaire ici!
dimanche 29 mai 2016
samedi 28 mai 2016
Suceava et les églises peintes
Suceava et les églises peintes
Salut, ici Marie-Pascale!
Nous sommes partis du chouette hostel de Iasi, encore complètement vide d'employés ce matin là, après avoir mangé du muesli moyennement bon laissé par d'autres voyageurs dans le compartiment commun... On s'est rendus vers la gare, où on a encore eu de la difficulté à comprendre le système pour acheter nos billets. Depuis le début du voyage, soit il faut acheter nos billets de bus dans la gare, soit dans une petite cabine de transport en commun, soit directement dans l'autobus au chauffeur, soir dans l'autobus à une madame, soit en entrant ou sinon en sortant... Et on a toujours pas trouvé de logique!
Après 3h de bus où ***il a plu***, on est arrivés à Suceava, notre dernière ville de Roumanie. On a entrepris de trouver un hostel, étape beaucoup plus difficile que ce qu'on pourrait penser! La place était située dans un amoncellement de blocs soviétiques, séparés par des allées verdoyantes (et bien jolies!). Bien sûr, un bloc sur 10 avait une adresse indiquée et malgré le fait qu'on ait fait le tour trois fois, on a jamais trouvé d'affiche... Quelqu'un nous a finalement aidé à trouver l'endroit, où un papier sur la porte nous disait d'appeler pour qu'on nous ouvre... Heureusement, ils avaient mis le code wifi et on a téléchargé une application sur le iPad pour pouvoir passer un appel. Une dame nous a répondu et s'est présentée quelques minutes plus tard! Hilala, ils nous simplifient vraiment pas la vie en Roumanie!
On a mangé dans une cafétéria très bien juste à côté de la gare. Avec tout ça il était déjà 14h! On est partis en bus (***il a plu***) vers Gura Humorului, une bonne base pour visiter deux des "monastères peints" du coin. La dame de la gare parlait un anglais parfait et nous a expliqué les horaires de bus/train de retour.
Alors qu'on marchait vers le centre, ***il a plu***. Avant que mes pieds ne soient trop imbibés, on est arrêtés à l'épicerie prendre deux sacs à fruits pour mettre dans mes souliers... On y a aussi acheté du chocolat ukrainien pour se sentir moins mal d'avoir volé deux sacs de plastique et pour se remonter le moral avec cette température!
Gura Humorului est une petite ville, mais elle contient quand même un Best Western, pour accueillir les tours qui viennent dans la région pour les églises peintes. Nous, on s'en est servis en remplacement de l'info touristique, pour y trouver carte et informations sur comment se rendre aux monastères! On y a appris qu'il y avait une maxitaxi (bébé-bus) juste en face qui pouvait nous amener à l'un d'eux! Il partait justement (sous ***la pluie***), et on a partagé la route avec plein de madames qui semblaient commérer sur les nouvelles de la semaine!
Le premier monastère, Humor, est encore entretenu par des moniales, dont une à l'entrée parlait super bien français! Construites au moyen-âge, les églises peintes ont été populaires dans ce coin de pays. Comme les turcs étaient une menace pour la région à l'époque, plusieurs soldats habitaient dans les villages. Ils étaient analphabètes (comme les paysans), donc les moines ont commencé à peindre des scènes de la Bible partout sur les murs pour qu'ils puissent comprendre ce qui se disait à la messe. Les églises étaient petites, alors pour éviter de devoir en construire des plus grandes pour que tout le monde puisse entrer, ils ont aussi peint l'extérieur de l'église pour pouvoir suivre la messe de dehors!
C'était vraiment intéressant, surtout à l'intérieur où les peintures sont mieux conservées! Ça ressemble à des carrés de bande-dessinée, où chaque scène est entourée d'un contour et se suivent grosso modo entre elles! En réalité, la première salle était vraiment glauque: 3 personnages sur 4 se faisaient trancher la tête (et tenaient leur propre tête décapitée d'un air neutre), d'autres se faisaient écarteler, empaler, crucifier... Puis les autres pièces étaient plus classiques, avec des dessins plus politiquement corrects disons. Aussi, un des côtés extérieurs de l'église relate la bataille de Constantinople.
On est montés dans une tour de garde à côté, juste à temps pour éviter ***la pluie***. Ça nous laissait apprécier le paysage autour du monastère, très bucolique! Après le déluge, on est revenus attendre l'autobus, où le même chauffeur nous a finalement ramenés vers le centre. De là, on a marché environ 5 km pour se rendre au deuxième monastère, Voronet. Les petites maisons dans cette région ont souvent un puit richement décoré (et probablement décoratif maintenant). Le chemin était lui aussi bucolique, en campagne, et traversait une rivière en crue (habituellement sèche nous a-t-on dit) où de l'eau plus brune que celle de l'Amazone emportait avec elle des dizaines de bouteilles et de déchets! Ici aussi les égouts ont refoulé!
Le deuxième monastère était plutôt semblable au premier mais l'intérieur était encore plus beau car les cases étaient plus petites, ce qui donnait l'impression d'être plus rempli! Le temps de revenir vers le parking, ***la pluie*** reprenait de plus belle. Il nous est venu comme idée de demander l'asile politique à un autobus de tour guidé de Français, où on s'est fait accueillir par nos cousins! On les a accompagnés en bus jusqu'au retour en ville, nous évitant une bonne heure et quart de marche sous l'apocalypse! On les a laissés au Best Western, allant de notre côté manger des crêpes fourrées style cannellonis en attendant l'heure du train.
Puis on est partis de la mini-gare pour revenir à Suceava, d'où on a pris un bus local qui a dû faire toutes les banlieues de la ville avant de nous laisser à la place centrale, complètement déserte après ***la pluie***!
On a fait un tour à la gare pour l'horaire de bus du lendemain avant de revenir complètement crevés à l'hostel! Avec le recul, il fallait vraiment vouloir: ça nous aura pris 8h pour visiter deux monastères! Mais bon, je dois vous avouer qu'on aime pas mal ça devoir se dépêtrer pour trouver un moyen que nos choses fonctionnent alors qu'on a pas d'indications claires ;)
On a jasé un peu avec la seule autre backpacker de l'hostel, une Japonaise (de la ville de Takayama qu'on a visité au Japon!), puis on s'est couchés complètement morts!
L'Ukraine pour la suite!
PS.
Commentaires épars en ce dernier jour en Roumanie:
- Les babouchkas sont extrêmement cutes : elles portent toujours un foulard sur la tête!
- La Roumanie, c'est vraiment un pays rural: mis à part Bucarest, les villes sont généralement petites et partout où on va, on tombe rapidement en campagne.
- Dans les parcs, il y a des tables d'échec où des papis se rencontrent par trentaine pour jouer des parties endiablées!
- Un grand bravo aux chauffeurs de taxi, qui nous ont gossé une seule fois et qui, à part une fois où ils ont failli écraser François dans un tournant, s'arrêtent toujours aux passages à piétons!
vendredi 27 mai 2016
Iasi
Buna ziua! C'est MP!
On est arrivés de bon matin à Iasi (à prononcer Yash!), deuxième grosse ville du pays. Après avoir longuement déjeuné, on s'est présenté à l'hostel qu'on avait spotté, mais personne ne répondait à la porte! Un voisin nous a proposé d'appeler mais encore là, pas de réponse. On s'est dit qu'on devait être trop tôt (7:45) et on a donc attendu en lisant devant le portique. Finalement, quelqu'un est sorti de l'hostel, ce qui nous a permis d'entrer et d'y laisser nos backpacks!
Après avoir croisé le proprio (au épique nom d'Igor), on est partis explorer cette ville universitaire. On a commencé par une activité plutôt rare pour nous (et inexistante pour moi): on est allés chercher un café qu'on a bu sur une des places, en observant/jugeant un chien saucisse au collier en glitter or se tapir dans l'herbe pour essayer de chasser les pigeons! On se disait qu'avec un café on aurait un peu plus d'énergie après notre nuit quand même entrecoupée, surtout pour François qui devient visiblement plus speedé quand il boit du café!
Iasi n'est pas une ville franchement extraordinaire mais l'ambiance est chouette, on s'y sent plutôt bien! Elle a déjà eu le surnom de "ville des 100 églises", et on en a visité quelques unes, dont une magnifiquement peinte au grand complet à l'intérieur avec des scènes de la Bible. C'était vraiment impressionnant! Il y en avait une autre avec des funérailles où les gens se mettaient en file avec un cierge pour aller voir le cercueil. On est aussi passés voir de l'extérieur de l'impressionnant palais de la culture et on a fait un peu de lèche-vitrine.
On a mangé dans un resto sud-américain (mixé avec les goûts roumains) et on a marché vers le parc Copou plus loin dans la ville tout en faisant des jeux de mots immatures avec "Yash"! Le parc était beau, avec de grands arbres matures qui faisaient une ombre bien appréciée avec la chaleur ambiante! Puis notre recherche de verdure s'est continuée vers le jardin botanique, immense avec ses 21km de sentiers mais peu entretenu à part sa géante roseraie, ses serres et sa section "pour aveugles" avec des plantes odorantes!
Pour revenir vers le centre, le vœu le plus cher de François s'est exaucé: prendre le tramway! En effet, la ville était sillonnée de lignes de vieux tramways, probablement refilés à la Roumanie par l'Allemagne vu les vieilles pubs qui sont peintes sur les trains! Le système de transport en commun avait l'air bien efficace avec plusieurs lignes et une bonne fréquence, mais la fille de l'hostel nous a dit que leurs freins étaient souvent défectueux... On est donc embarqués dans un des tramways à deux wagons, où on a été aidés par un autre passager pour valider nos billets avec la poinçonneuse qui avait dû voir la guerre...!
En marchant dans la ville, on avait vu des affiches concernant un concert le soir-même, gratuit! Le gardien de sécurité de l'orchestre philharmonique avait eu l'air de confirmer nos mimiques pour savoir si le concert avait lieu là, mais quand on est retournés pour demander à la dame des billets, elle nous a indiqué que c'était ailleurs. On est donc répartis dans l'autre direction, mangeant rapido un kebab au passage. Le récital avait lieu dans la bibliothèque centrale, un bel édifice à la salle de spectacle en marbre et couleurs pastel.
Le concert était, selon ce qu'on en a déduit, probablement le spectacle de fin d'année/examen de deux chanteurs d'opéra, accompagnés au piano. En tout cas, l'événement n'était pas très couru parce qu'on était une trentaine dans la salle! Mais ils étaient vraiment bons! Malheureusement pour eux, un orage du tonnerre a commencé à chanter en même temps qu'eux, et la pluie diluvienne résonnait tellement fort sur le toit qu'elle couvrait presque leur voix!
Quand on est sortis, on a eu la confirmation qu'il avait plu exagérément: des lacs s'étaient formés un peu partout dans les rues! Il semblait y avoir eu une panne d'électricité et les tramways étaient arrêtés au milieu des rues. Un peu plus loin, une conduite d'égout avait littéralement explosé et un fleuve s'était créé dans une rue qui descendait! En plus du fait que l'eau ne sentait pas la rose, certaines autos s'amusaient à rouler vite et arroser les pauvres piétons sur les trottoirs!
De retour à l'hostel, on s'est fait un thé et on a parlé avec un Portugais en stage à
Iasi qui habite à l'hostel depuis janvier, à la réceptionniste et à deux Américains de l'Utah. Le Portugais nous a fait remarquer que "les Canadiens ont vraiment l'air différents des Américains". En effet, les deux spécimens états-uniens n'étaient encore une fois pas si classe et un des deux (qui vit maintenant en Ukraine) étaient vraiment désagréable, lourd et imbu de lui-même. Il a nous a proposé d'être notre guide si on allait en Transnistrie vu qu'il parle russe: non merci!!!
On a aussi parlé à l'autre proprio, qui va venir faire son PhD à l'Université Laval en janvier! On a échangé conseils et coordonnées, il était bien content d'être tombé sur nous! Si on peut aider à ce que les gens aiment plus le Québec, tant mieux!
jeudi 26 mai 2016
Cluj-Napoca
Salut! C'est François!
On a quitté notre appart-demi-sous-sol-à-Laval assez tôt ce matin-là, car on s'apprêtait à faire 4h de bus de Sibiu à Cluj-Napoca! Cluj-Napoca est une grosse ville du nord de la Transylvanie. Il n'y a pas grand-chose à y faire, mais c'était un arrêt obligé sur notre route vers le nord de la Roumanie et l'Ukraine!
Après avoir somnolé pendant une partie du trajet, on est finalement parvenus à destination vers l'heure du midi. En débarquant, j'ai donné un coup de main à une Française d'une soixantaine d'années en lui sortant sa valise de la soute. Elle semblait voyager seule, et ça m'a fait réaliser qu'on en croise pas souvent, des voyageurs de cet âge qui ne se déplacent pas en groupe! Il n'y a pas de raison de ne pas le faire, pourtant, dans un pays où c'est sécuritaire et relativement facile comme la Roumanie!
On prenait un train de nuit ce soir-là, alors on a laissé nos gros sacs en consigne à la gare. Ça nous a permis d'admirer un beau fail. En Roumanie, les abreuvoirs publics ont des jets verticaux (ça ne forme pas un arc comme chez nous). Un dame tentait de remplir sa bouteille d'eau à l'abreuvoir en la tenant à l'envers! Naturellement, l'eau restait pas dans la bouteille! La loi de la gravité, connaît pas!
On a mangé dans une cafétéria où des employées bêtes nous ont servi des boulettes de viande avec des patates pilées. Qu'à cela ne tienne, on a compensé notre manque de fruits et légumes en s'achetant des cerises à un étal à côté. On a cependant dû réfréner les ardeurs de maraîchère, qui nous aurait autrement rempli un sac d'un kilo de cerises! Remarquez, à 2$ le kilo, ça ne nous aurait pas ruiné, mais on n'aurait jamais pu manger tout ça!
On a mangé le tout dans un parc près du centre où on a pu faire un peu de people watching! Premier constat: Cluj-Napoca est une ville étudiante, et ça parait, parce qu'on a vu pas mal plus de jeunes ici qu'ailleurs! On a aussi bien rigolé en voyant une madame poursuivre son mini chien et en l'amenant vers elle en le tirant par la queue!
On s'est ensuite baladés dans les vieux quartiers de Cluj, en visitant quelques églises dont une gothique assez imposante. À Cluj, contrairement au reste de la Transylvanie, on trouve une influence hongroise visible notamment dans les écritures au sein des églises. C'est que la région a longtemps fait partie de l'empire austro-hongrois. En fait, toute la Transylvanie a longtemps été disputée entre la Hongrie et la Roumanie, et on trouve encore de nombreux Hongrois dans la coin (qui sont encore un peu traités comme des citoyens de seconde zone dans le pays). Mais n'allez pas remettre en question le bien-fondé de la souveraineté roumaine sur la Transylvanie, ce serait ouvrir une boite de Pandore!
Il faisait très chaud cette journée-là (pour une fois qu'il ne pleuvait pas), mais on a tout de même poursuivi notre exploration en visitant l'immense cimetière hongrois de la ville. En chemin, on a croisé une cathédrale en construction, vision étrange pour un Québécois habitué à voir les églises fermer! Puis, on s'est promenés dans le sympathique jardin botanique de Cluj. Le pavillon japonais ne faisait pas vraiment japonais, mais l'ombre était appréciée et les serres étaient fournies!
De retour en ville, on a traversé le quartier étudiant pour se retrouver près de la place centrale, où Mémé a fait un peu de magasinage. On a mangé un genre de pita sur la grande place en regardant les gens et les pigeons qui roucoulaient, tout en tâchant d'éviter la fumée de cigarette omniprésente. Les Roumains sont de sérieux fumeurs, et les espaces publics (et les terrasses) sont rapidement envahis de vapeurs de nicotine...
J'étais fatigué ce jour-là, sachant qu'on s'était levés tôt, et ça avait visiblement affecté mon moral, car en mangeant ce soir-là, j'étais vaguement déprimé. La Roumanie est un beau pays, mais il me semblait à ce moment-là que toutes les villes que nous avions récemment visitées étaient semblables et ressemblaient à Cluj: un vieux centre, quelques églises, et voilà. Pourtant, nous avons voyagé dans nombre d'endroits où les villes étaient similaires, et où nous avions pourtant trouvé que l'ambiance était géniale. Il manquait quelque chose à ce pays que je n'arrivais pas à trouver. C'est Mémé qui a mis le doigt dessus: les gens. En Roumanie, notre expérience nous a montré qu'une personne sur deux était un peu bête dans ses interactions avec nous, qu'il s'agisse de serveurs ou d'employées de gare. Et pour des voyageurs, c'est un détail qui fait la différence entre une destination dont on garde d'excellents souvenirs, et une autre bien, mais qui manque un peu de saveur. On a adoré les Stans notamment pour l'hospitalité extraordinaire des gens (outre les superbes paysages); la Colombie et le Surinam ont une place spéciale dans nos mémoires pour la gentillesse hors du commun de leurs habitants. Et on ne peut pas dire que le Surinam croule sous les attraits touristiques! En Roumanie, notre expérience plus mitigée avec les gens teintait visiblement un peu notre jugement du pays. Ne me méprenez pas: les Roumains sont sympathiques. Mais il semble y avoir une distance entre eux et nous, une glace qu'il faut briser pour accéder à leur côté givré. Un peu comme une huitre fermée qu'il faut un peu forcer pour ouvrir...
Tout ça pour vous dire que la Roumanie est un pays qu'on a aimé et qui vaut franchement la peine d'être visité, mais qui ne figurera pas pour autant sur notre Top 10 de nos meilleures destinations...
On a été manger une genre de brioche au chocolat comme dessert (servis encore une fois par des employées impassibles) avant de revenir à la gare. On prenait un train de nuit vers Iasi. C'était notre premier train de nuit depuis les Stans, et on était à la fois excités et un peu appréhensifs sur notre expérience à venir!
Une fois à bord du train, on a tenté tant bien que mal de ne pas réveiller les deux passagers qui occupaient les deux autres couchettes de notre compartiment, mais ce fut un échec! C'était un couple d'environ 60-70 ans. Quand ils ont compris qu'on était étrangers, leur visage s'est éclairé et ils se sont mis à tout faire pour nous aider! Le monsieur a été me montrer où chercher les draps (il fallait apparemment les demander au contrôleur, quelque chose que je n'aurais jamais pu trouver moi-même) puis la dame a pratiquement fait nos lits pour nous! Aucun des deux ne parlait anglais, mais on a tout de même compris qu'ils débarquaient à une ville un peu avant nous et qu'ils avaient un fils qui habitait Seattle et qui visitait fréquemment Vancouver. Ils étaient vraiment trop gentils! On a réglé la température de la cabine à "plus frais" sachant qu'elle était bloquée à "sauna amérindien", on leur a souhaité bonne nuit, puis on s'est endormis au son répétitif des "tac-tac, tac-tac, tac-tac" du train sur les rails.
En pleine nuit, j'ai été vaguement éveillé par une main qui remontait doucement sur mon épaule une couverture plus chaude que je n'avais pas au moment où je m'étais endormi, sachant qu'il faisait alors très chaud. Il faisait désormais plutôt frais dans la cabine, et on a compris par après que le couple qui partageait notre cabine nous avait recouvert de ces couvertures afin que nous n'ayons pas froid!
Avant de quitter la cabine, le monsieur a serré un bref moment ma tête dans ses bras, de la même manière que l'aurait fait un père avec son enfant endormi. C'était une étreinte spontanée difficile à définir, sans malice et profondément humaine, qu'un parfait étranger me prodiguait sans raison apparente, et qui ne me paraissait pourtant aucunement déplacée. Je lui rappelais peut-être son fils qu'il ne voyait que trop rarement, je ne sais pas. J'ai le vague souvenir de lui avoir dit "merci" en roumain avant de replonger dans le sommeil.
Je crois qu'à compter de ce moment-là, j'étais réconcilié avec la Roumanie.
À bientôt pour la suite!
On a quitté notre appart-demi-sous-sol-à-Laval assez tôt ce matin-là, car on s'apprêtait à faire 4h de bus de Sibiu à Cluj-Napoca! Cluj-Napoca est une grosse ville du nord de la Transylvanie. Il n'y a pas grand-chose à y faire, mais c'était un arrêt obligé sur notre route vers le nord de la Roumanie et l'Ukraine!
Après avoir somnolé pendant une partie du trajet, on est finalement parvenus à destination vers l'heure du midi. En débarquant, j'ai donné un coup de main à une Française d'une soixantaine d'années en lui sortant sa valise de la soute. Elle semblait voyager seule, et ça m'a fait réaliser qu'on en croise pas souvent, des voyageurs de cet âge qui ne se déplacent pas en groupe! Il n'y a pas de raison de ne pas le faire, pourtant, dans un pays où c'est sécuritaire et relativement facile comme la Roumanie!
On prenait un train de nuit ce soir-là, alors on a laissé nos gros sacs en consigne à la gare. Ça nous a permis d'admirer un beau fail. En Roumanie, les abreuvoirs publics ont des jets verticaux (ça ne forme pas un arc comme chez nous). Un dame tentait de remplir sa bouteille d'eau à l'abreuvoir en la tenant à l'envers! Naturellement, l'eau restait pas dans la bouteille! La loi de la gravité, connaît pas!
On a mangé dans une cafétéria où des employées bêtes nous ont servi des boulettes de viande avec des patates pilées. Qu'à cela ne tienne, on a compensé notre manque de fruits et légumes en s'achetant des cerises à un étal à côté. On a cependant dû réfréner les ardeurs de maraîchère, qui nous aurait autrement rempli un sac d'un kilo de cerises! Remarquez, à 2$ le kilo, ça ne nous aurait pas ruiné, mais on n'aurait jamais pu manger tout ça!
On a mangé le tout dans un parc près du centre où on a pu faire un peu de people watching! Premier constat: Cluj-Napoca est une ville étudiante, et ça parait, parce qu'on a vu pas mal plus de jeunes ici qu'ailleurs! On a aussi bien rigolé en voyant une madame poursuivre son mini chien et en l'amenant vers elle en le tirant par la queue!
On s'est ensuite baladés dans les vieux quartiers de Cluj, en visitant quelques églises dont une gothique assez imposante. À Cluj, contrairement au reste de la Transylvanie, on trouve une influence hongroise visible notamment dans les écritures au sein des églises. C'est que la région a longtemps fait partie de l'empire austro-hongrois. En fait, toute la Transylvanie a longtemps été disputée entre la Hongrie et la Roumanie, et on trouve encore de nombreux Hongrois dans la coin (qui sont encore un peu traités comme des citoyens de seconde zone dans le pays). Mais n'allez pas remettre en question le bien-fondé de la souveraineté roumaine sur la Transylvanie, ce serait ouvrir une boite de Pandore!
Il faisait très chaud cette journée-là (pour une fois qu'il ne pleuvait pas), mais on a tout de même poursuivi notre exploration en visitant l'immense cimetière hongrois de la ville. En chemin, on a croisé une cathédrale en construction, vision étrange pour un Québécois habitué à voir les églises fermer! Puis, on s'est promenés dans le sympathique jardin botanique de Cluj. Le pavillon japonais ne faisait pas vraiment japonais, mais l'ombre était appréciée et les serres étaient fournies!
De retour en ville, on a traversé le quartier étudiant pour se retrouver près de la place centrale, où Mémé a fait un peu de magasinage. On a mangé un genre de pita sur la grande place en regardant les gens et les pigeons qui roucoulaient, tout en tâchant d'éviter la fumée de cigarette omniprésente. Les Roumains sont de sérieux fumeurs, et les espaces publics (et les terrasses) sont rapidement envahis de vapeurs de nicotine...
J'étais fatigué ce jour-là, sachant qu'on s'était levés tôt, et ça avait visiblement affecté mon moral, car en mangeant ce soir-là, j'étais vaguement déprimé. La Roumanie est un beau pays, mais il me semblait à ce moment-là que toutes les villes que nous avions récemment visitées étaient semblables et ressemblaient à Cluj: un vieux centre, quelques églises, et voilà. Pourtant, nous avons voyagé dans nombre d'endroits où les villes étaient similaires, et où nous avions pourtant trouvé que l'ambiance était géniale. Il manquait quelque chose à ce pays que je n'arrivais pas à trouver. C'est Mémé qui a mis le doigt dessus: les gens. En Roumanie, notre expérience nous a montré qu'une personne sur deux était un peu bête dans ses interactions avec nous, qu'il s'agisse de serveurs ou d'employées de gare. Et pour des voyageurs, c'est un détail qui fait la différence entre une destination dont on garde d'excellents souvenirs, et une autre bien, mais qui manque un peu de saveur. On a adoré les Stans notamment pour l'hospitalité extraordinaire des gens (outre les superbes paysages); la Colombie et le Surinam ont une place spéciale dans nos mémoires pour la gentillesse hors du commun de leurs habitants. Et on ne peut pas dire que le Surinam croule sous les attraits touristiques! En Roumanie, notre expérience plus mitigée avec les gens teintait visiblement un peu notre jugement du pays. Ne me méprenez pas: les Roumains sont sympathiques. Mais il semble y avoir une distance entre eux et nous, une glace qu'il faut briser pour accéder à leur côté givré. Un peu comme une huitre fermée qu'il faut un peu forcer pour ouvrir...
Tout ça pour vous dire que la Roumanie est un pays qu'on a aimé et qui vaut franchement la peine d'être visité, mais qui ne figurera pas pour autant sur notre Top 10 de nos meilleures destinations...
On a été manger une genre de brioche au chocolat comme dessert (servis encore une fois par des employées impassibles) avant de revenir à la gare. On prenait un train de nuit vers Iasi. C'était notre premier train de nuit depuis les Stans, et on était à la fois excités et un peu appréhensifs sur notre expérience à venir!
Une fois à bord du train, on a tenté tant bien que mal de ne pas réveiller les deux passagers qui occupaient les deux autres couchettes de notre compartiment, mais ce fut un échec! C'était un couple d'environ 60-70 ans. Quand ils ont compris qu'on était étrangers, leur visage s'est éclairé et ils se sont mis à tout faire pour nous aider! Le monsieur a été me montrer où chercher les draps (il fallait apparemment les demander au contrôleur, quelque chose que je n'aurais jamais pu trouver moi-même) puis la dame a pratiquement fait nos lits pour nous! Aucun des deux ne parlait anglais, mais on a tout de même compris qu'ils débarquaient à une ville un peu avant nous et qu'ils avaient un fils qui habitait Seattle et qui visitait fréquemment Vancouver. Ils étaient vraiment trop gentils! On a réglé la température de la cabine à "plus frais" sachant qu'elle était bloquée à "sauna amérindien", on leur a souhaité bonne nuit, puis on s'est endormis au son répétitif des "tac-tac, tac-tac, tac-tac" du train sur les rails.
En pleine nuit, j'ai été vaguement éveillé par une main qui remontait doucement sur mon épaule une couverture plus chaude que je n'avais pas au moment où je m'étais endormi, sachant qu'il faisait alors très chaud. Il faisait désormais plutôt frais dans la cabine, et on a compris par après que le couple qui partageait notre cabine nous avait recouvert de ces couvertures afin que nous n'ayons pas froid!
Avant de quitter la cabine, le monsieur a serré un bref moment ma tête dans ses bras, de la même manière que l'aurait fait un père avec son enfant endormi. C'était une étreinte spontanée difficile à définir, sans malice et profondément humaine, qu'un parfait étranger me prodiguait sans raison apparente, et qui ne me paraissait pourtant aucunement déplacée. Je lui rappelais peut-être son fils qu'il ne voyait que trop rarement, je ne sais pas. J'ai le vague souvenir de lui avoir dit "merci" en roumain avant de replonger dans le sommeil.
Je crois qu'à compter de ce moment-là, j'étais réconcilié avec la Roumanie.
À bientôt pour la suite!
mercredi 25 mai 2016
Sibiu
Rebonjour, c'est MP!
Nous étions donc rendus à quitter Sighisoara vers Sibiu! De toute façon, on ne risquait pas de faire une grasse matinée avec les cloches de l'église qui ont sonné à 5h55! On a dit (trop longuement) au revoir au proprio et on a marché vers la gare, d'où on a pris un vieux train à deux wagons. On y a écrit le blog, sous la douce musique d'un Rom dans la cabine d'à côté qui chantait et jouait de la batterie avec ses doigts!
Pour se rendre à Sibiu, on devait descendre à Medias, une ville vraiment pas sur la carte, pour reprendre un bus ou un train. On avait une heure à tuer donc on s'est promenés un peu dans la ville, croisant un mariage et marchant le long de la place centrale avec un parc au centre! On a fait un arrêt à l'épicerie pour se trouver à dîner puis on est revenus juste à temps pour prendre notre autobus! Autobus où régnait une chaleur terrible, dur contraste avec les jours précédents et encore plus dur pour mon thermomètre interne qui prend du temps à s'habituer aux changements!
L'autobus nous a laissé au milieu de nulle part à Sibiu. De toute façon, on avait un peu de temps à tuer parce qu'on avait rendez-vous à 15h00 à "l'appartement-hôtel" qu'on avait finalement réservé tard la veille parce que c'était l'option la moins chère du coin. On a donc marché pendant assez longtemps en longeant de temps à autre l'ancien mur de la ville fortifiée et les anciennes douves transformées en parc. On s'est finalement rendus à la gare de train et à l'autre gare de bus à l'autre bout de la ville, car on voulait s'informer sur les heures de départ en vue de notre destination suivante. Puis on est revenus vers l'appartement, en attendant l'heure du rendez-vous à lire sur un banc à l'ombre! C'est en effet la première journée où il fait pas mal chaud depuis le début du voyage!
On a rencontré le gars de l'appartement, bien gentil et visiblement très business. La place est bien mais ça manque quand même un peu de charme... Comme dit François, on se croirait dans un demi-sous-sol à Laval... Je pense qu'on a pas encore trouvé exactement ce qu'on voudrait comme place pour dormir en voyage.
- On aime les hostels pour l'ambiance, les rencontres, les informations données par les employés, la cuisine commune... On aime moins pour le fait de dormir en dortoirs, la (non) propreté des lieux (parfois), les toilettes communes ou insuffisantes en nombre, le bruit, le fait qu'il ne faut pas faire de bruit le matin si d'autres dorment, le fait de ne pas pouvoir éparpiller le contenu de nos sacs...
- On aime les hôtels et AirBnB pour tout le côté "comme à la maison", mais ça manque souvent d'ambiance et de rencontres. Même si on est pas du genre à sortir faire la fête tard, on est souvent bien contents de jaser un peu à d'autres backpackers!
- Notre idéal serait donc probablement une chambre double dans un hostel, mais il y en a souvent peu et il faut les réserver d'avance. Sachant qu'on ne réserve à peu près jamais d'avance pour se laisser une chance si nos plans changent, ça implique souvent qu'il n'y a que des dortoirs disponibles quand on arrive!
Hilala! On verra bien si on finit par trouver ce qu'on cherche!
Sibiu a été nommée "capitale européenne de la culture en 2007": on trouvait donc logique d'aller voir une quelconque pièce artistique. On avait justement vu une annonce comme quoi l'opéra Faust jouait le soir-même! On s'est donc rendus au théâtre, où on nous a dit que la vente des billets se faisait ailleurs. Après plusieurs aller-retours (décidément les adresses en Roumanie sont difficiles à trouver), on nous a finalement dit qu'il ne restait plus de billets. Je sais qu'on est dernière minute mais à chaque fois qu'on essaye d'aller à l'opéra/théâtre en voyage, ça ne marche jamais!
On a donc mangé nos émotions en se prenant une bonne crème glacée pour célébrer cette chaude journée! Mouin, peut-être pas si bonne dans mon cas, j'ai choisi saveur melon d'eau-curaçao et c'était infect. Ça m'apprendra à être ouverte d'esprit. On a mangé nos cornets sur la place centrale, une immense place digne des villes européennes comme on s'en attend! Des grands édifices coloniaux rénovés, des fontaines, plein de gens... on se serait vraiment cru en Italie (même si on est jamais allés...)!
On a fait un peu de people watching puis on a visité l'église (catholique pour une rare fois), avec des vitraux, contrairement aux autres églises qu'on a vu en Roumanie. On a traversé un petit pont menant à une autre place, où on a visité une autre église puis on a abouti dans une église luthérienne de style gothique où se déroulait un concert d'orgue! L'orgue était vraiment vieux et délicatement décoré mais le son ne semblait pas parfaitement "pur", selon nos fines oreilles musicales. L'organiste était bonne mais "s'enfargeait" un peu dans ses doigts. Diane: on aurait bien voulu t'entendre jouer, on se disait que ça aurait été encore plus beau!
On a soupé dans le type de restos qu'il y avait tout autour des places centrales: des pizzérias! Puis on a fait une petite épicerie et on est revenus à l'appart où on a profité de la machine à laver (quoique extrêmement minuscule, lente et bruyante). Mais à laveuse prêtée on ne regarde pas les décibels, comme qui dirait!
Le lendemain a été une journée "fail". On voulait aller visiter des petits villages dans les environs, mais c'était dimanche! Ce jour de la semaine qui revient trop souvent à notre goût! On a commencé par une visite à l'info touristique:
- On a appris qu'il n'y avait qu'un seul bus aller et un seul retour pour le village qu'on trouvait le plus intéressant, sans temps entre les deux pour pouvoir visiter. Il était trop tard pour prendre un bus vers un autre village. Le tramway dont parlait le guide pour se rendre dans un troisième village n'est plus en fonction. Louer des vélos pour se rendre par nos propres moyens coûte 30 euros chaque pour la journée, une somme aberrante pour ce genre d'expédition...
- On appelle le gars de l'appartement pour lui demander si on peut rester une seule nuit finalement et se faire rembourser en partie: impossible.
- On cherche un plan B assis sur la grande place.
- On marche vers la gare pour s'inspirer d'un plan B. On trouve un plan B qui nous semble intéressant pour les prochains jours de voyage.
- On revient à l'appart pour chercher les horaires de trains à partir d'une autre ville.
- On cherche une "agence de train" qui vend des billets sans avoir à retourner à la gare. L'agence n'existe plus.
- On mange dans un self-service bien bon, où je remplis beaucoup trop mon assiette!
- On retourne à la gare pour acheter nos billets de train de nuit pour le lendemain. Il restait deux places libres pour les couchettes!
- On revient à l'appart pour déposer nos précieux billets.
Tout ça pour quand même partir le lendemain matin de Sibiu, mais ça nous aura permis de planifier nos prochains arrêts de manière probablement plus intelligente que ce à quoi on avait pensé au début!
On a donc passé quelques heures sur une terrasse sur une place centrale, à réorganiser notre itinéraire et à écrire le blog devant une bière Ursus brune, la bière roumaine locale! On expérimentait quelque chose qui pouvait peut-être ressembler plus, à notre avis, à ce que peut être un après-midi de voyage en Europe de l'Ouest: se prélasser sur une terrasse sur la place centrale d'une jolie vieille ville!
mardi 24 mai 2016
Escapade dans le pays saxon
Hallo! C'est François qui continue!
Après avoir déjeuné ce matin-là à la pension de Sisghisoara, on est descendus en basse-ville pour aller récupérer notre voiture pour la journée! Soit dit en passant, Sighisoara a un certain air de parenté avec Québec: il y a une vieille ville fortifiée située au sommet d'un promontoire, et une basse-ville située juste en contrebas. Et la vieille ville est autant envahie de touristes dans les deux cas!
Au stationnement nous attendaient le sympathique Dan (le gars qui nous louait l'auto) de même que notre rutilant bolide! J'étais tout excité à l'idée de conduire une Dacia! Quoi de plus roumain que de conduire une voiture Made in Romania?
Et c'est un départ! C'était ma première expérience de conduite à l'étranger (si on exclut les motobikes au Vietnam), et ça s'est plutôt bien passé!
C'est comment, conduire en Roumanie? C'est assez semblable à chez nous, mais ça pose aussi quelques défis particuliers:
- Peu d'autoroutes = routes à deux voies (voire à une seule en campagne), et donc dépassements téméraires!
- Hormis les routes nationales, les routes ne sont pas toujours dans le meilleur état! Les nids de poule sont légion!
- Il faut penser à s'arrêter aux passages à piéton, ce qui n'est vraiment pas naturel pour nous!
- Les débuts et fin de limites de vitesse ne sont pas toujours indiqués: à défaut, il faut se souvenir que c'est 50 dans les villages et 90 en dehors, sauf indication contraire! Et, selon ce qu'on nous a dit, la police va se faire un plaisir de nous coller une amende si on dépasse ne serait-ce qu'à peine la vitesse permise!
- En campagne, il faut faire attention aux véhicules lents qui encombrent les routes (tracteurs, carrioles à cheval (il y en a encore beaucoup ici))... et aux voitures et camions qui te poussent dans le derrière alors que tu roules déjà à 90kmh, et qui ont le klaxon facile!
- Moutons, chevaux, chèvres, chiens, chats, oiseaux et autres animaux peuvent surgir à tout moment au tournant! Et dans les villages, les paysans, papys et enfants à vélo sont partout dans les rues!
Bref, il faut donc rester concentré!
Cette journée-là, on faisait une balade dans la campagne entourant Sighisoara, une région de Roumanie appelée "le pays saxon". Comme vous avez sans doute pu le constater en lisant nos dernières entrées de blog, il y a une forte influence allemande en Transylvanie. On est pourtant ici à plus de 1000km des terres germaniques. C'est qu'au Moyen-Âge, un prince de Roumanie a invité l'ordre des chevaliers teutoniques à coloniser la région afin d'y construire des places fortes, dans le but de protéger le pays des Ottomans. De nombreux Saxons ont répondu à l'appel, transformant la Transylvanie médiévale en une espèce de mini-Allemagne! Beaucoup étaient d'ailleurs originaires de la région du Luxembourg, et ont amené leur dialecte avec eux en Roumanie. Ainsi, la Transylvanie est l'une des rares régions au monde où on parle aussi luxembourgeois! Ici, toutes les villes et villages ont un nom roumain et un nom allemand. Les descendants de ces colons sont retournés en grand nombre en Allemagne après la chute du communisme, mais d'autres sont restés. Chose certaine, l'héritage germanique de la région demeure bien vivant.
Les Teutons avait été invités en Transylvanie pour la défendre contre les Turcs, qui étaient une menace constante dans cette zone située aux franges de l'empire de ces derniers. La construction de châteaux et forteresses à quelques endroits stratégiques ne protégeait néanmoins pas toutes les localités. Dans les villages, des paysans ingénieux ont eu l'idée de renforcer la structure centrale la plus solide de leur communauté - l'église - et d'en faire de véritables mini-châteaux. Le clocher servait généralement de tour fortifiée, et l'église pouvait même être entourée de hautes murailles! Ce concept d'églises fortifiées a fait fureur, et bientôt pratiquement chaque village de la région en avait une version plus ou moins raffinée. Plusieurs d'entre elles sont maintenant inscrites sur la liste de l'UNESCO. C'est ce qu'on allait visiter aujourd'hui!
Premier arrêt: un petit village à quelques kilomètres de Sighisoara, où on a pu voir et visiter notre première église fortifiée. À l'intérieur, il n'y a pas vraiment de différence avec une église normale, c'est vraiment à l'aspect général, à la présence de meurtrières et à l'épaisseur des murs qu'on constate que l'église jouait aussi un rôle militaire!
On est ensuite repartis pour s'arrêter dans un village poussiéreux un peu en dehors de la grande route. Là, l'église avait été reconstruite (car apparemment rasée par les Ottomans), mais les murailles demeuraient. Alors qu'on entrait dans l'enceinte, une vieille dame nous a apostrophé. Gardienne des lieux, c'était une Saxone originaire du village, retournée en Allemagne depuis 1989 mais qui revenait chaque été prendre soin de son église dans ce village perdu de Roumanie. Elle ne parlait qu'Allemand et quand je lui ai répondu que je parlais un peu cette langue, son visage s'est éclairé et elle s'est fait un plaisir de nous faire un tour guidé en allemand! J'ai pu comprendre l'essentiel, je pense, et je traduisais en français à Mémé pour le plus grand bonheur de la vieille femme! En tout cas, elle était vraiment gentille et dévouée à son coin de pays!
On est repartis ensuite vers notre prochain arrêt, le village de Viscri. On a quitté la grande route pour pénétrer dans les terres par les petits chemins ruraux qui traversent la région. Vous dire que le paysage était pastoral est un euphémisme. Imaginez-vous des collines verdoyantes, entourées de champs, avec par-ci par-là une forêt, une petit village, un troupeau de moutons... On a pique-niqué près d'une rivière dans ce théâtre champêtre, puis on est arrivés à Viscri après un bon moment sur une route de gravier.
Viscri est l'une des deux églises fortifiées les plus impressionnantes de la région. Malheureusement, on est arrivés en plein durant la pause-diner et l'édifice était fermé. Pour passer le temps avant l'ouverture, on s'est rendus avec notre Dacia au prochain village, Dacia (difficile de faire plus roumain), où on a marché un peu en saluant les enfants roms qui nous disaient bonjour. En revenant vers Viscri, on a dû s'arrêter le temps que le berger chasse les troupeaux de moutons qui avaient envahi la route! Au prochain tournant, on a aussi dû ralentir parce qu'un âne se prélassait au milieu du chemin!
À notre retour à Viscri, c'était finalement ouvert et on a pu bien visiter l'endroit! On a pu voir l'intérieur des hautes murailles avec ses tours de guet, la (très vieille) église et je suis monté admirer la vue du haut du clocher fortifié. Il y avait aussi un petit musée qui portait sur les traditions des villages d'antan. Ça valait bien l'attente!
On a ensuite repris la route vers le sud, en traversant plusieurs villages à travers des paysages toujours aussi bucoliques. Au bout d'un moment, on a fait une pause au village de Soars, un endroit absolument pas touristique mais qui nous apparaissait mignon avec son église (fortifiée, elle aussi) et sa petite rivière. Après avoir marché un moment entre les chèvres et les oies un monsieur nous a arrêté pour nous serrer la main et nous jaser ça en roumain! On a ensuite continué notre tour en se faisant suivre par des enfants. Il y avait l'air d'avoir des funérailles dans le village car une bonne partie de la population était rassemblée, en noir, près de ce qui nous semblait être un genre de centre communautaire. Avant de partir, un vieux monsieur assis sur un banc et ses amis nous ont envoyé la main en nous parlant en roumain! Expérience rurale non-touristique en Roumanie? You bet! Avec en prime les vieux assis qui te fixent quand tu passes en auto dans leur village, c'est sûr qu'on ne passe pas inaperçus!
Quand on est repartis, le ciel était déjà plus sombre (alors qu'il faisait plein soleil à Viscri), et la route, elle, de plus en plus mauvaise. Passé le mal nommé village de Rodbav (bonjour les blagues immatures), les nids de poules devenaient tellement géants et fréquents que j'étais heureux de faire 10m sans devoir faire des acrobaties au volant pour les éviter! Cela dit, ce n'était rien à comparer de la petite route de terre qui nous attendait pour se rendre au village de Cincu. Ce qui paraissait un raccourci sur la carte était en fait un chemin de terre à une voie, avec des cratères immenses! Pour couronner le tout, il s'est mis à pleuvoir violemment, mais on a quand même pu atteindre une meilleure route avant que notre piste ne se transforme en boue!
Le soleil est revenu aussi rapidement qu'il avait disparu, et on s'est arrêtés un moment au village de Dealu Frumos pour admirer la vieille église. On a aussi remarqué que, dans le coin, les femmes s'habillaient encore en costume traditionnel, alors que les hommes portaient tous le chapeau! En ajoutant ce détail à tous pleins d'autres qui caractérisent la vie rurale en Roumanie (utilisation de faux, berger qui mènent les troupeaux, etc.), c'est à se demander si on n'a pas remonté 100 ans en arrière par inadvertance! Et on se rappelle que nous sommes ici dans un État membre de l'Union européenne, pas au Tiers-Monde! C'est fou!
Passé la petite ville d'Agnita, on a coupé à travers champs et forêts pour aboutir finalement à Biertan, l'autre must de la région. Ici, l'église est tellement surdimensionnée pour la taille du village et tellement fortifiée qu'on jurerait qu'il s'agit d'un château, muraille comprise! Malheureusement, on était arrivés trop tard pour visiter l'intérieur (il était presque 18h) mais le coup d'oeil extérieur était déjà bien parlant!
De là, on est retournés vers Sighisoara sur la grande route. Peu avant d'entrer en ville, on a été pris dans un méga embouteillage: deux camions étaient tombés en panne dans un côte, bloquant toute la circulation des deux côtés! Un policier tentait tant bien que mal de gérer la situation, en indiquant aux automobilistes de se faufiler à tour de rôle dans le passage étroit entre les deux camions immobilisés. Quand ce fut mon tour, le policier m'a fait signe d'avancer, puis a immédiatement fait un geste que Mémé et moi avons interprété comme signifiant que nous devions nous arrêter. Quand je me suis immobilisé, le policier s'est mis à me crier après pour que j'avance! Je ne sais pas ce qu'il m'a dit, mais on en déduit qu'il devait m'engueuler solidement! Ben là! Ça aurait demandé quoi, d'être plus clair?
Après cet épisode, on a mis de l'essence. Au moment de payer, la madame m'a proposé plein de sent-bons pour l'auto! Était-ce un article promotionnel gratuit, ou devais-je payer pour les obtenir? On ne le saura jamais car ni elle ni moi n'arrivions à nous comprendre! Dommage pour ceux qui espéraient avoir un sent-bon roumain comme souvenir!
On a ensuite rendu l'auto, puis on est retournés manger au même resto que la veille parce que c'était trop bon (et pas cher)! Pour ceux que ça intéresse: ça s'appelle Alte Post, et on vous le recommande chaudement! On a repris de la goulasch de même qu'un super plat de porc et saucisses avec patates. Le serveur n'était pas trop sûr de lui car il commençait à peine et ses tentatives de parler anglais n'étaient pas toujours concluantes, mais ça le rendait d'autant plus sweet pour ses efforts!
On a regardé le coucher de soleil avant de retourner dormir à l'auberge, après cette grosse journée de route! Verdict de l'auto en voyage: mitigé! Positif: ça nous permet d'aller explorer des coins qu'on ne peut accéder autrement, et ça permet de faire beaucoup en une journée. Négatif: une auto, c'est encombrant (notamment quand il faut trouver un stationnement), c'est plus stressant, il faut toujours être alerte (on regarde donc moins le paysage), ça coûte pas mal plus cher que le bus ou le train.. et surtout, ça nous "ramollit", dans la mesure où on hésite presque à quitter le confort de l'auto pour aller explorer à pied!
À bientôt pour la suite de notre exploration de la Transylvanie!
Après avoir déjeuné ce matin-là à la pension de Sisghisoara, on est descendus en basse-ville pour aller récupérer notre voiture pour la journée! Soit dit en passant, Sighisoara a un certain air de parenté avec Québec: il y a une vieille ville fortifiée située au sommet d'un promontoire, et une basse-ville située juste en contrebas. Et la vieille ville est autant envahie de touristes dans les deux cas!
Au stationnement nous attendaient le sympathique Dan (le gars qui nous louait l'auto) de même que notre rutilant bolide! J'étais tout excité à l'idée de conduire une Dacia! Quoi de plus roumain que de conduire une voiture Made in Romania?
Et c'est un départ! C'était ma première expérience de conduite à l'étranger (si on exclut les motobikes au Vietnam), et ça s'est plutôt bien passé!
C'est comment, conduire en Roumanie? C'est assez semblable à chez nous, mais ça pose aussi quelques défis particuliers:
- Peu d'autoroutes = routes à deux voies (voire à une seule en campagne), et donc dépassements téméraires!
- Hormis les routes nationales, les routes ne sont pas toujours dans le meilleur état! Les nids de poule sont légion!
- Il faut penser à s'arrêter aux passages à piéton, ce qui n'est vraiment pas naturel pour nous!
- Les débuts et fin de limites de vitesse ne sont pas toujours indiqués: à défaut, il faut se souvenir que c'est 50 dans les villages et 90 en dehors, sauf indication contraire! Et, selon ce qu'on nous a dit, la police va se faire un plaisir de nous coller une amende si on dépasse ne serait-ce qu'à peine la vitesse permise!
- En campagne, il faut faire attention aux véhicules lents qui encombrent les routes (tracteurs, carrioles à cheval (il y en a encore beaucoup ici))... et aux voitures et camions qui te poussent dans le derrière alors que tu roules déjà à 90kmh, et qui ont le klaxon facile!
- Moutons, chevaux, chèvres, chiens, chats, oiseaux et autres animaux peuvent surgir à tout moment au tournant! Et dans les villages, les paysans, papys et enfants à vélo sont partout dans les rues!
Bref, il faut donc rester concentré!
Cette journée-là, on faisait une balade dans la campagne entourant Sighisoara, une région de Roumanie appelée "le pays saxon". Comme vous avez sans doute pu le constater en lisant nos dernières entrées de blog, il y a une forte influence allemande en Transylvanie. On est pourtant ici à plus de 1000km des terres germaniques. C'est qu'au Moyen-Âge, un prince de Roumanie a invité l'ordre des chevaliers teutoniques à coloniser la région afin d'y construire des places fortes, dans le but de protéger le pays des Ottomans. De nombreux Saxons ont répondu à l'appel, transformant la Transylvanie médiévale en une espèce de mini-Allemagne! Beaucoup étaient d'ailleurs originaires de la région du Luxembourg, et ont amené leur dialecte avec eux en Roumanie. Ainsi, la Transylvanie est l'une des rares régions au monde où on parle aussi luxembourgeois! Ici, toutes les villes et villages ont un nom roumain et un nom allemand. Les descendants de ces colons sont retournés en grand nombre en Allemagne après la chute du communisme, mais d'autres sont restés. Chose certaine, l'héritage germanique de la région demeure bien vivant.
Les Teutons avait été invités en Transylvanie pour la défendre contre les Turcs, qui étaient une menace constante dans cette zone située aux franges de l'empire de ces derniers. La construction de châteaux et forteresses à quelques endroits stratégiques ne protégeait néanmoins pas toutes les localités. Dans les villages, des paysans ingénieux ont eu l'idée de renforcer la structure centrale la plus solide de leur communauté - l'église - et d'en faire de véritables mini-châteaux. Le clocher servait généralement de tour fortifiée, et l'église pouvait même être entourée de hautes murailles! Ce concept d'églises fortifiées a fait fureur, et bientôt pratiquement chaque village de la région en avait une version plus ou moins raffinée. Plusieurs d'entre elles sont maintenant inscrites sur la liste de l'UNESCO. C'est ce qu'on allait visiter aujourd'hui!
Premier arrêt: un petit village à quelques kilomètres de Sighisoara, où on a pu voir et visiter notre première église fortifiée. À l'intérieur, il n'y a pas vraiment de différence avec une église normale, c'est vraiment à l'aspect général, à la présence de meurtrières et à l'épaisseur des murs qu'on constate que l'église jouait aussi un rôle militaire!
On est ensuite repartis pour s'arrêter dans un village poussiéreux un peu en dehors de la grande route. Là, l'église avait été reconstruite (car apparemment rasée par les Ottomans), mais les murailles demeuraient. Alors qu'on entrait dans l'enceinte, une vieille dame nous a apostrophé. Gardienne des lieux, c'était une Saxone originaire du village, retournée en Allemagne depuis 1989 mais qui revenait chaque été prendre soin de son église dans ce village perdu de Roumanie. Elle ne parlait qu'Allemand et quand je lui ai répondu que je parlais un peu cette langue, son visage s'est éclairé et elle s'est fait un plaisir de nous faire un tour guidé en allemand! J'ai pu comprendre l'essentiel, je pense, et je traduisais en français à Mémé pour le plus grand bonheur de la vieille femme! En tout cas, elle était vraiment gentille et dévouée à son coin de pays!
On est repartis ensuite vers notre prochain arrêt, le village de Viscri. On a quitté la grande route pour pénétrer dans les terres par les petits chemins ruraux qui traversent la région. Vous dire que le paysage était pastoral est un euphémisme. Imaginez-vous des collines verdoyantes, entourées de champs, avec par-ci par-là une forêt, une petit village, un troupeau de moutons... On a pique-niqué près d'une rivière dans ce théâtre champêtre, puis on est arrivés à Viscri après un bon moment sur une route de gravier.
Viscri est l'une des deux églises fortifiées les plus impressionnantes de la région. Malheureusement, on est arrivés en plein durant la pause-diner et l'édifice était fermé. Pour passer le temps avant l'ouverture, on s'est rendus avec notre Dacia au prochain village, Dacia (difficile de faire plus roumain), où on a marché un peu en saluant les enfants roms qui nous disaient bonjour. En revenant vers Viscri, on a dû s'arrêter le temps que le berger chasse les troupeaux de moutons qui avaient envahi la route! Au prochain tournant, on a aussi dû ralentir parce qu'un âne se prélassait au milieu du chemin!
À notre retour à Viscri, c'était finalement ouvert et on a pu bien visiter l'endroit! On a pu voir l'intérieur des hautes murailles avec ses tours de guet, la (très vieille) église et je suis monté admirer la vue du haut du clocher fortifié. Il y avait aussi un petit musée qui portait sur les traditions des villages d'antan. Ça valait bien l'attente!
On a ensuite repris la route vers le sud, en traversant plusieurs villages à travers des paysages toujours aussi bucoliques. Au bout d'un moment, on a fait une pause au village de Soars, un endroit absolument pas touristique mais qui nous apparaissait mignon avec son église (fortifiée, elle aussi) et sa petite rivière. Après avoir marché un moment entre les chèvres et les oies un monsieur nous a arrêté pour nous serrer la main et nous jaser ça en roumain! On a ensuite continué notre tour en se faisant suivre par des enfants. Il y avait l'air d'avoir des funérailles dans le village car une bonne partie de la population était rassemblée, en noir, près de ce qui nous semblait être un genre de centre communautaire. Avant de partir, un vieux monsieur assis sur un banc et ses amis nous ont envoyé la main en nous parlant en roumain! Expérience rurale non-touristique en Roumanie? You bet! Avec en prime les vieux assis qui te fixent quand tu passes en auto dans leur village, c'est sûr qu'on ne passe pas inaperçus!
Quand on est repartis, le ciel était déjà plus sombre (alors qu'il faisait plein soleil à Viscri), et la route, elle, de plus en plus mauvaise. Passé le mal nommé village de Rodbav (bonjour les blagues immatures), les nids de poules devenaient tellement géants et fréquents que j'étais heureux de faire 10m sans devoir faire des acrobaties au volant pour les éviter! Cela dit, ce n'était rien à comparer de la petite route de terre qui nous attendait pour se rendre au village de Cincu. Ce qui paraissait un raccourci sur la carte était en fait un chemin de terre à une voie, avec des cratères immenses! Pour couronner le tout, il s'est mis à pleuvoir violemment, mais on a quand même pu atteindre une meilleure route avant que notre piste ne se transforme en boue!
Le soleil est revenu aussi rapidement qu'il avait disparu, et on s'est arrêtés un moment au village de Dealu Frumos pour admirer la vieille église. On a aussi remarqué que, dans le coin, les femmes s'habillaient encore en costume traditionnel, alors que les hommes portaient tous le chapeau! En ajoutant ce détail à tous pleins d'autres qui caractérisent la vie rurale en Roumanie (utilisation de faux, berger qui mènent les troupeaux, etc.), c'est à se demander si on n'a pas remonté 100 ans en arrière par inadvertance! Et on se rappelle que nous sommes ici dans un État membre de l'Union européenne, pas au Tiers-Monde! C'est fou!
Passé la petite ville d'Agnita, on a coupé à travers champs et forêts pour aboutir finalement à Biertan, l'autre must de la région. Ici, l'église est tellement surdimensionnée pour la taille du village et tellement fortifiée qu'on jurerait qu'il s'agit d'un château, muraille comprise! Malheureusement, on était arrivés trop tard pour visiter l'intérieur (il était presque 18h) mais le coup d'oeil extérieur était déjà bien parlant!
De là, on est retournés vers Sighisoara sur la grande route. Peu avant d'entrer en ville, on a été pris dans un méga embouteillage: deux camions étaient tombés en panne dans un côte, bloquant toute la circulation des deux côtés! Un policier tentait tant bien que mal de gérer la situation, en indiquant aux automobilistes de se faufiler à tour de rôle dans le passage étroit entre les deux camions immobilisés. Quand ce fut mon tour, le policier m'a fait signe d'avancer, puis a immédiatement fait un geste que Mémé et moi avons interprété comme signifiant que nous devions nous arrêter. Quand je me suis immobilisé, le policier s'est mis à me crier après pour que j'avance! Je ne sais pas ce qu'il m'a dit, mais on en déduit qu'il devait m'engueuler solidement! Ben là! Ça aurait demandé quoi, d'être plus clair?
Après cet épisode, on a mis de l'essence. Au moment de payer, la madame m'a proposé plein de sent-bons pour l'auto! Était-ce un article promotionnel gratuit, ou devais-je payer pour les obtenir? On ne le saura jamais car ni elle ni moi n'arrivions à nous comprendre! Dommage pour ceux qui espéraient avoir un sent-bon roumain comme souvenir!
On a ensuite rendu l'auto, puis on est retournés manger au même resto que la veille parce que c'était trop bon (et pas cher)! Pour ceux que ça intéresse: ça s'appelle Alte Post, et on vous le recommande chaudement! On a repris de la goulasch de même qu'un super plat de porc et saucisses avec patates. Le serveur n'était pas trop sûr de lui car il commençait à peine et ses tentatives de parler anglais n'étaient pas toujours concluantes, mais ça le rendait d'autant plus sweet pour ses efforts!
On a regardé le coucher de soleil avant de retourner dormir à l'auberge, après cette grosse journée de route! Verdict de l'auto en voyage: mitigé! Positif: ça nous permet d'aller explorer des coins qu'on ne peut accéder autrement, et ça permet de faire beaucoup en une journée. Négatif: une auto, c'est encombrant (notamment quand il faut trouver un stationnement), c'est plus stressant, il faut toujours être alerte (on regarde donc moins le paysage), ça coûte pas mal plus cher que le bus ou le train.. et surtout, ça nous "ramollit", dans la mesure où on hésite presque à quitter le confort de l'auto pour aller explorer à pied!
À bientôt pour la suite de notre exploration de la Transylvanie!
dimanche 22 mai 2016
Sighisoara
Salut, c'est MP!
On a quitté notre hôte et notre bel AirBnB de bon matin, arrivant finalement beaucoup trop tôt à la gare. Dans l'autobus pour s'y rendre, un roumain qui vit maintenant en Allemagne nous a jasé ça d'un français impeccable! Comme François vous disait, les Roumains peuvent aborder sans gêne des sujets dont on parle souvent moins en public. Le monsieur a en quelques minutes donné son opinion sur l'immigration en Europe, parlé de sexe deux fois et fait une "blague" sur le profil aryen (blond aux yeux bleus) en Allemagne!
Nos sièges dans le train étaient dans la même cabine que deux Roumains, l'un était un ancien chauffeur de camion et l'autre gestionnaire dans une entreprise. Malgré son look de légère misère sociale avec une dentition peu enviable, ce dernier était super cultivé et nous a sorti son français appris à l'époque communiste! On a parlé de la Roumanie, des auteurs qu'il aimait lire, du Canada... D'ailleurs le chauffeur de camion a appris que le Canada était en Amérique du Nord, au grand dam de son compagnon qui avait l'air de le trouver un peu niaiseux.
On est finalement arrivés à Sighisoara, où on est d'abord allés dîner. On a pris les deux plats du jour, un schnitzel de porc et des viscères de poulet dans une sauce crémeuse... Malgré le fait que ce soit moi qui avait commandé le poulet, c'est François qui s'est porté volontaire pour manger mon plat et éviter ainsi que je jeûne!
Puis on a cherché notre pension, un endroit qui paraissait bien sympa! Le propriétaire était vraiment gentil, peut-être un peu trop même parce que ça en devenait un peu lourd, et son français à couper au couteau nous rendait mentalement difficile la tâche de le comprendre.
Après, on est partis visiter la citadelle, un endroit magnifique avec ses rues en pierres et ses maisonnettes bien entretenues! La place centrale est dominée par la tour de l'horloge, au toit en bardeaux multicolores et entourée de sculptures! La citadelle est en hauteur (logique), donc plein de vieux escaliers y mènent, dont certains longent les murs et les tourelles. Un long escalier couvert (qui ressemble en fait à un pont couvert) monte jusqu'à l'école, à une ancienne église et à un vieux cimetière allemand vraiment joli car la nature reprend tranquillement ses droits avec de grands arbres et des fleurs partout!
On avait aussi comme objectif de louer une auto pour le lendemain, car c'est le seul moyen de visiter une attraction de la région: des petits villages avec des églises fortifiées. On a finalement choisi l'entreprise qui ne nous avait pas fait de vente à pression et qui avait essayé de traduire le contrat en roumain avec Google Translate pour qu'on comprenne quelque chose!
On a soupé dans un resto conseillé par le monsieur de la pension, une place vraiment bien, qui a l'air chic mais avec des prix très acceptables! François a eu droit à une goulasch vraaaaaaaaiment bonne!
En revenant, on est passés devant une terrasse où le serveur est venu botter les fesses d'un enfant rom qui mendiait aux tables! C'est le genre de chose qui choque, car ça serait strictement impensable chez nous!
Puis on a bu un thé en préparant notre journée du lendemain: le fait d'être la copilote officielle me stressait un peu vu mon sens de l'orientation légèrement déficient alors j'ai pris le temps de télécharger des cartes sur le iPad et d'étudier un peu le trajet!
Notre première journée de conduite à l'étranger la prochaine fois!
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