dimanche 26 juin 2016

Munich et le retour au Québec

Salut! C’est François qui clôturera ce blog en vous décrivant nos dernières heures de voyage!

À Bucarest, on avait choisi de dormir à distance de marche de l’aéroport parce que notre vol décollait à 6h du matin… On était donc péniblement debout vers 3h, une hérésie que seuls les voyages permettent de justifier! On a quitté notre chambre à 3h45, et on a été porter nos clés au gardien de l’hôtel, qui dormait. Enfin, plus quand on est arrivés, car les portes grinçaient tellement qu’elles auraient réveillé même le dormeur le plus insensible au bruit! On a aussi poussé notre luck en demandant « Sandwich? » au gardien… et celui-ci est immédiatement revenu du back store avec nos deux collations haha!

On a traversé l’autoroute et l’entrée de l’aéroport sans problème, malgré le fait qu’il faisait bien noir et qu’il n’y avait personne hormis deux gars bizarres qui attendaient l’autobus… Par contre, l’aéroport était, lui, bien en activité! S’il y a bien un endroit qui demeure actif 24h/24, c’est bien un aéroport, et c’était pratique pour nous dans les circonstances!

Pour gagner du temps et dormir 30 minutes de plus, on avait fait le check-inn au préalable et on avait nos cartes d’embarquement sur le Ipad. On savait que c’était une arme à double tranchant, car ça sortait de l’ordinaire et on risquait donc que ça entraîne toutes sortes de tracasseries administratives. Mais bon, on voulait dormir quelques précieuses minutes de plus. Comme de fait, au moment d’enregistrer nos bagages, la préposée plutôt bitch a tout de même voulu faire le check-in. Quand elle a compris qu’on l’avait déjà fait, elle nous a méprisé en roulant des yeux et en soupirant : « Oh, vous avez DÉJÀ fait le check-in... ». Ben oui, on vient de te le dire! Pas besoin de nous traiter comme si on était de parfaits crétins! Et ce n’était pas fini. Au moment de mettre mon sac sur le convoyeur, la fille m’a demandé de resserrer les ganses. Ce que je fis. Visiblement, ce n’était pas à son goût, parce qu’elle a elle-même fait des noeuds dans les ganses que je venais de resserrer. « See, this IS tied! » qu’elle m’a ensuite dit, baveuse, s’arrogeant ainsi le titre de bitch-of-the-week par acclamation. Franchement, qu’est-ce que ça coûterait d’être un minimum agréable avec les gens quand tu travailles au service à la clientèle d’un aéroport et qu’il est 4h du matin??

On a attendu notre vol en dormant à moitié, après avoir visité un peu le terminal question de se dégourdir les jambes. À noter que l’aéroport de Bucarest possède des fumoirs, où les adeptes de la cigarette peuvent s’encrasser les poumons entre eux. Il faut saluer cette excellente initiative qui permet à tous les non-fumeurs de ne pas augmenter inutilement leurs chances d’attraper un cancer, mais il faut aussi penser à un système efficace d’évacuation de l’air vicié! Ça faisait malheureusement défaut, alors la fumée se répandait pas mal autour du fumoir… En tout cas, ça partait d’une bonne idée… (Mémé: ma fibre santé publique est au contraire totalement contre l'idée des fumoirs de manière générale!)

Le vol Bucarest-Munich s’est fait sans histoire, mis à part le fait qu’on était assis à côté d’une Roumaine d’une soixantaine d’années qui avait mauvaise haleine et qui avait l’air fort peu avenante. Arrivés dans l’étincelant terminal de Munich, ladite madame, qui semblait pas mal perdue, nous a tendu ses billets en nous disant « Where gate Toronto »? Ben, euh, on sait pas nous, c’est la première fois qu’on vient ici nous aussi… Il y avait une télé où les départs étaient indiqués, mais le sien n’apparaissait pas encore car il partait visiblement plus tard cette journée-là. On avait moyen envie de l’aider parce qu’elle était pas mal bête mais on l’a tout de même envoyée vers un employé de l’aéroport, qui s’en est occupée un moment. Avant de passer les douanes allemandes, la madame nous a retrouvés et a à nouveau recommencé son manège pour savoir où était sa porte d’embarquement! Mais on ne le sait pas plus que tout à l’heure, madame! Mémé a néanmoins remarqué qu’il y avait une borne où on pouvait parler en direct - comme par Skype - avec un agent de renseignement de l’aéroport (c’est le type d’invention géniale qui te fait aimer l’efficacité allemande). « No talk English, no talk English » nous a répliqué notre madame avec un air de boeuf, quand on lui a désigné la borne. Mémé a alors gentiment accepté de communiquer avec l’agent pour connaitre le numéro de gate du vol de la madame. Quand on a finalement obtenu l’information, on l’a alors transmis à notre madame fatigante… et elle a alors tourné les talons, sans même dire le moindre petit merci. Rien. Elle est juste partie, elle et son air bête. Wow. Désagréable ET impolie. Way to go, madame.

Après cet épisode, on a passé les douanes en un clin d’oeil (« Welcome to Germany! » avec un grand sourire) et on était donc fin prêts à explorer Munich pendant nos 9h d’escale! Mais d’abord, trouver le train vers le centre. Après un très long arrêt pour acheter des billets (Waouh, 17$ pour 35 minutes de train, ça nous faisait regretter les tarifs ukrainiens!), on a pris le train vers Munich. Évidemment, le train était pile poil à l’heure, question de faire honneur à la précision germanique! Le trajet était bien joli et nous faisait découvrir depuis notre fenêtre les beautés de la campagne bavaroise! Arrivés à destination, on est descendus à Marienplatz pour se trouver nez-à-nez avec le superbe édifice néo-gothique de l’hôtel de ville! 

Avec tout ça, notre déjeuner (à 4h du matin) commençait à être loin, et les viennoiseries des cafés étaient bien tentantes. On s’est donc baladés dans le vieux Munich en grignotant des bretzels au fromage-bacon! Munich est une bien jolie ville: le centre regorge de vieux édifices, d’églises, de places sympathiques et de petites rues tortueuses. Il y a aussi de beaux jardins bien proprets, et un parc immense (Englisher Garten) plein d'arbres où il fait bon se promener. Deux rivières pleines de courant traversent le parc, et c’est en voulant traverser l’une d’elles que l’on est tombés sur quelque chose d’assez inusité: du surf urbain. En effet, l’une des rivières a été recreusée et bétonnée afin qu’une vague perpétuelle s’y forme. Des surfeurs y ont rapidement vu du potentiel, et depuis il est donc possible de surfer en plein coeur de Munich! C’était assez impressionnant de voir la dizaine de surfeurs tenter de combattre la vague, avant d’être inévitablement emportés par les flots! Attention par contre: l’endroit est réservé aux surfeurs expérimentés, et c’est un surfeur à la fois qui peut affronter la vague. On comprend rapidement pourquoi: la rivière doit faire 10m de large environ (ce qui est plutôt étroit et oblige les surfeurs à faire des tournants assez serrés près du bord), les rebords sont en béton (bonjour les blessures si on s’y frotte) et le lit de la rivière (bétonné aussi) remonte brusquement quelques mètres après la vague, de sorte qu’il faut très bien savoir comment tomber pour ne pas se faire mal. Bref, un spectacle étonnant qu’on ne s’attend pas vraiment à trouver en pleine ville!

On a terminé notre balade à la « tour chinoise », un genre de pagode érigée au centre du parc pour une raison obscure, et autour de laquelle les Munichois ont cru bon d’installer plusieurs Biergartens. Les Biergartens (littéralement « parcs de bière ») sont une institution en Allemagne (et notamment en Bavière) et consistent en des tables posées en plein air où, vous l’aurez deviné, on peut s’installer pour boire une choppe de houblon. Inutile de vous rappeler ici que les Allemands sont passés maîtres en ce qui concerne le brassage de la bière, et que cette boisson alcoolisée (déclinée sous sa forme blonde, blanche et brune) est omniprésente partout! Dans les Biergartens, on va se servir des bocks d’un demi-litre (c’est le plus petit format) ou d’un litre dans une genre de cabane, où des employés passent leurs journées à remplir des verres! À noter qu’il faut payer un dépôt pour le verre, qu’on récupère lorsqu’on remet ledit bock, question d’éviter que les verres ne se volatilisent…

Il était encore trop tôt pour s’y arrêter, alors on est revenus vers le centre, où on s’est baladés dans les petites rues médiévales du vieux-Munich. On en a profité pour faire un arrêt à la célèbre brasserie Hofbrauhaus, la plus grande de Munich. C’est un immense complexe/Biergarten où on peut manger et boire sur plusieurs étages: à elle seule, la salle principale peut apparemment accueillir 1000 personnes. Bien qu’assez touristique, c’est aussi assez impressionnant! Sur une note un peu plus sinistre, l’endroit a aussi accueilli la première rencontre officielle du parti national-socialiste allemand - le parti nazi d’Adolf Hitler. Dans les années 1920, c’est en effet à Munich qu’Hitler débute son ascension vers le pouvoir. Il tentera d’ailleurs de renverser le gouvernement local dans une autre brasserie de Munich (dans le cadre de ce qui est désormais appelé « le putsh de la brasserie »), ce qui lui vaudra d’être emprisonné. 

En marchant encore, on s’est retrouvés au marché central, tout près de l’hôtel de ville. Ici, le guide nous disait que les produits qu’on trouvait (vins, fromages, épices, pains, etc.) étaient excellents, mais qu’il fallait y mettre le prix! C’était un peu différent des marchés en plein air ukrainiens, où c’était très abordable! Tout ça nous avait donné faim, et on s’est donc assis dans un Biergarten du marché central pour y manger quelque chose de typiquement allemand: des assiettes de saucisses avec choucroute, accompagnées d’une choppe de bière brune! Comme les tables libres manquaient, on était assis avec un duo de vieux Bavarois, qui ont tenu à nous indiquer que le patois bavarois était bien différent de l’allemand!

Bien rassasiés, on s’est promenés encore un peu avant de revenir à l’aéroport en train. En attendant notre vol pour Montréal, on a pu écouter un vieux couple québécois se chicaner. Ils ont notamment eu cet échange un peu surréaliste:

Madame: On a-tu passé les douanes là?
Monsieur, pas très avenant: Ben non, on sort de l’espace Shengen là, c’est une grosse frontière, on sort de l’Union européenne.
Madame: C’est quoi ça Shengen?
Monsieur, exaspéré: Ben c’est l’espace en Europe où les gens peuvent se déplacer librement.
Madame: Oh OK. Ben on les passe quand les douanes?
Monsieur, assez raide: Ben après!

Euh… Comme ils étaient dans la zone internationale, ils avaient déjà passé les douanes de sortie de l’Allemagne et de l’Union! En tout cas...

On prenait Lufthansa jusqu’à Montréal, et on peut vous dire qu’on leur tire notre chapeau pour la bouffe, c’était super bon! Le petit plus qui fait la différence: on nous servait un digestif (un Bailey’s) à la fin du repas! Franchement, rien à redire!

8h plus tard, on atterrissait à Montréal. Le passage des douanes fut plutôt aisé et on a récupéré nos valises facilement! Cette fois-ci, on n’a pas dû attendre jusqu’à une heure du matin qu’on nous les shippe de Miami, comme ça avait été le cas quand on est revenus d’Argentine cet hiver!

Voilà qui met fin à ce 7e blog de voyage! Merci à tous ceux qui continuent à nous suivre et à commenter, malgré le fait qu’on écrit beaucoup! À la prochaine!


François 

vendredi 24 juin 2016

Ruse

Zdravei! C'est Mémé qui enchaîne!

Ce matin là, on a déjeuné tranquillement sur la terrasse de notre guesthouse avant de se rendre vers la gare en bus, bus qu'on a attendu pendant 20 minutes! Sacré horaire du samedi! Le trajet vers la gare s'est fait excessivement facilement, le bus entrait dans la gare et on ne pouvait pas manquer l'arrêt, contrairement à ce que disait l'info touristique! On a écrit le blog en attendant qu'il soit l'heure d'entrer dans notre autobus rutilant (avec ceintures)! C'est accompagnés de vidéoclips bulgares et de vidéos de skate qu'on a parcouru le deux heures qui nous menait à Ruse (prononcer Roussé).

Le Lonely Planet décrivait Ruse comme étant un essentiel de Bulgarie où on pouvait consacrer plusieurs jours et bla bla bla. Ce n'est pourtant pas le sentiment que ça nous a donné en arrivant au centre-ville, après un trajet en bus public qu'on avait attendu 25 minutes (décidément, côté transferts efficaces, ce n'était pas notre jour)! On a opté pour un resto sur une rue piétonne bien jolie, où le service était incroyablement lent, comme dans tous les restos qu'on a fait en Bulgarie! La table voisine était occupée par un groupe de cinquantenaires d'allure un peu sectaire. Au bout de la table, un monsieur semblait diriger le tout et a débuté un genre de bénédicité avant de verser du vin de chaque côté de lui sur le plancher. Il a répété la chose quelques fois pendant le repas, jusqu'à ce que le plancher soit assez saoul à son goût...?

Puis on a déposé nos choses à l'hostel avant de rassembler nos forces pour explorer la chaleur étouffante! Je ne sais pas si c'est parce qu'on n'a pas pu s'habituer à la chaleur durant ce voyage mais celle-ci nous paraissait insupportable depuis deux jours! D'ailleurs, la ville avait l'air déserte tellement personne n'osait sortir de chez lui! Tous les magasins semblaient fermés... Armés de nos parapluies, on a emprunté la rue piétonnière fraîchement rénovée pour tomber sur la place centrale avec fontaines et grands arbres! Puis un autre parc nous menait à un musée de ruines romaines qu'on n'a pas visité parce qu'on ne trippe pas particulièrement "vieilles pierres tellement vieilles qu'il est à peu près impossible de dire que ce sont des ruines, et encore moins que ce à quoi ça pouvait ressembler". Notre marche nous a mené vers un sentier pas vraiment aménagé le long du Danube, où la gente-masculine-dans-la-cinquantaine-avec-bedaine semble aimer se retrouver pour des bains de soleil! Le Danube est plutôt large à cet endroit et on a vue sur une de ses grandes îles! L'eau est aussi brune que dans le delta, ce qui donne peu envie de se joindre aux enfants qui s'y baignent! Après une crème glacée, on est revenus par le "parc des jeunes", très grand et très vert! On s'est installés sur un banc pour regarder passer une parade de jeunes habillés en vêtements traditionnels, qui semblaient mourir de chaleur avec leurs casques en laine! 

Comme on avait l'impression d'avoir vu l'essentiel de la ville, on les a finalement suivi, prenant au passage deux slush infectes. On s'est retrouvés à la place centrale, super animée en vue du Carnaval de Ruse! Il y avait une scène principale, avec des numéros de danse et de chants ainsi que des scènes secondaires où des jeunes enfants tentaient de faire des chorégraphies! Ma fibre gérontophile nous a fait éventuellement opter pour une scène avec 8 personnes âgées qui chantaient: grave erreur, c'était épouvantable à écouter! Plusieurs personnes étaient déguisées, des vendeurs itinérants vendaient des masques, des machines à bulles, de la barbe à papa et tout plein d'autres gogosses: c'était noir de monde! On a donc passé la soirée à errer dans la place centrale à observer l'animation qui prenait place alors que le mercure peinait à diminuer.

Après une nuit à louanger notre air climatisé, on a profité du déjeuner buffet offert par l'hostel! C'était très bien, sauf pour la télé ouverte sur des vidéoclips, qui m'a arraché quelques tirades féministes! Après avoir échangé ce qui nous restait de lev bulgares, on a quitté vers la gare, à pied cette fois! Une chance qu'on est arrivés un peu d'avance parce que les shawarmas commandés au petit resto de la gare ont pris 30 minutes à être prêts! Notre minivan roulait à toute allure vers la Roumanie, même les douanes ont été super efficaces! Ouin, faut dire que les Bulgares n'ont jamais étampé notre passeport finalement mais bon...

On est arrivés au centre de Bucharest en début d'après-midi, ne sachant pas trop quoi faire du temps qu'il nous restait! Avec le recul, on s'est dit que Bucharest n'était pas si mal entretenue que ce qu'on avait eu comme impression à notre arrivée six semaines plus tôt! On a fait un tour à notre supermarché roumain préféré avec le nom extrêmement logique de "Mega image" pour y acheter quelques souvenirs et se patenter un souper puis on s'est rendus dans le vieux pour se poser dans un café pour quelques heures. Disons que notre limonade à 5$ nous a fait un choc comparé aux prix ukrainiens!

Puis on a pris le bus vers l'aéroport, parce qu'un charmant motel nous y attendait! On avait opté pour cette option vu qu'il fallait être à l'aéroport pour 4h AM maximum. L'endroit avait des commentaires mitigés sur internet mais avait le net avantage d'être à 10 minutes à pied de l'aéroport! Une fois sur place, on a été étonnamment surpris! Le proprio était cute malgré lui et tenait à nous remettre un sandwich le lendemain en guise de déjeuner (parce que c'était inclus de toute façon) grâce à l'échange suivant : tomorrow, reception, give key, get sandwich!

On a soupé tranquillos devant notre chambre et on s'est couchés relativement tôt en vue de notre lever précoce du lendemain!

jeudi 23 juin 2016

Veliko Tarnovo

Salut, c’est François ! Je vous saluerais bien en bulgare, mais on ne sait pas comment !

En se levant ce matin-là, il n’y avait plus d’électricité (et donc plus d’air climatisé !), pour une raison inconnue… « Ça va revenir à 16h ! » nous a dit la madame de la guesthouse, avant de m’offrir un café ! On a déjeuné en regardant la vieille forteresse à partir du balcon de l’établissement. Franchement, nous avions probablement l’une des plus belles vues de la ville ! Sis au sommet de la colline qui fait face à la forteresse, ce bed and breakfast ne pourrait être mieux situé !

Il faisait déjà très chaud quand on est redescendus en ville via les ruelles en pierre du pittoresque vieux quartier de Varusha, où nous logions. Chaud dans le genre « tu sues constamment et tu n’arrives pas à sécher, ton chandail est trempé en avant et en arrière et tu bois de l’eau goulûment à chaque 10 minutes » Ça promettait pour la journée ! On a d’abord fait un petit arrêt à l’église St-Cyrille et St-Méthode, les moines à l’origine de l’alphabet cyrillique (vous saviez que le cyrillique était une invention bulgare ? Pas nous ! Apparemment que le yogourt serait aussi d’origine bulgare, eh oui !) Puis, on est partis à la recherche d’un guichet automatique question de retirer les leva qui nous permettraient de vivre pour les prochains jours ! L’info touristique étant sur notre chemin, on y a fait un arrêt pour s’informer de l’horaire des bus pour notre prochaine destination, la ville de Ruse. Là, wow : le gars nous a remis un papier qui contenait l’horaire des bus et des trains pour Ruse ! Note aux infos touristiques : voilà exactement le type d’information que vous devriez tous avoir à portée de main !! Par contre, quand on lui a demandé comment on pouvait se rendre à la gare, le gars nous a répondu « oh, c’est mieux de prendre un taxi, parce que c’est compliqué pour vous de prendre les transports en commun » OK, et mettons qu’on voulait prendre le bus public ? « C’est le 10, il passe sur la rue principale juste à côté et il vous dépose directement à la gare. » Ah. Et c’est compliqué, ça ? Pffff… Autre note aux infos touristiques : ce ne sont pas tous les voyageurs qui veulent se déplacer en taxi ! Tsé, dude, si on te demande comment se rendre à la gare, c’est généralement qu’on ne veut pas y aller en taxi, parce qu’autrement on ne te l’aurait pas demandé et on aurait dit directement au chauffeur de taxi de nous y déposer !

On est brièvement revenus à la guesthouse pour payer nos nuitées et déposer notre surplus de leva, puis on est redescendus de la colline pour aller manger. Il était autour de midi et le soleil était à son zénith : il faisait 36 degrés à l’ombre ! On est donc allés se réfugier au resto Ego, supposément l’un des meilleurs en ville côté qualité/prix. La vue qu’on avait était en tout cas superbe : on pouvait y admirer la rivière, les collines boisées et les maisons du vieux centre accrochées aux falaises ! Avec ses vieilles demeures blanches percées de fenêtres et ses toits de bois foncé, Veliko Tarnovo avait définitivement un petit air albanais ! Plus précisément, on aurait dit un joli mélange entre Berat et Gjirokastra ! La bouffe était bonne mais un peu grasse (un truisme dans ce voyage à date), sauf en ce qui a trait à la super salade commandée par Mémé ! En fait, la salade « shopska » est le plat national de Bulgarie : c’est un genre de salade grecque, mais avec du feta râpé, et c’est très bon ! Cet arrêt au resto nous a aussi permis d’expérimenter une particularité de Bulgarie qui a le don de mélanger les étrangers : la gestuelle pour dire « oui » et « non ». En effet, au moment de prendre notre commande, la serveuse avait légèrement tourné la tête de gauche à droite, ce qui serait universellement interprété en Occident comme signifiant « non ». Or, en Bulgarie, ça veut dire « oui », alors que hocher de la tête de haut en bas veut plutôt dire « non » ! Ça surprend un peu en tout cas !

Après s’être baladés un peu dans la rue principale de la vieille ville (là où tous les locaux disponibles sont apparemment réquisitionnés pour devenir des stands de souvenirs) et avoir fait un arrêt pour visiter la cathédrale, on s’est dirigés vers l’attraction principale de Veliko Tarnovo : sa forteresse ! Comme à Kamianets-Podilsky, celle-ci est érigée sur une colline ceinturée par les méandres d’une rivière, formant ainsi un espace stratégique naturel. De fait, l’endroit a été habité et fortifié depuis des temps immémoriaux, mais c’est la décision, au Moyen-Âge, d’y établir la capitale de l’empire bulgare qui a vraiment donné le coup d’envoi de la construction de hautes murailles, de palais et de nombreuses habitations. Malheureusement, quelques siècles plus tard, les Turcs ont tout ravagé. Les communistes ont cependant entrepris de restaurer le tout (des points pour eux, pour une fois), et on peut maintenant explorer librement les ruines remises en état. Le plus impressionnant demeure les épais murs défensifs, de même que les différentes tours de garde. L’une d’entre elle contenait d’ailleurs tout le nécessaire pour faire un beau photo-op de décapitation : hache (en plastique), bûche « ensanglantée » (avec traces de peinture rouge), et panier pour recueillir la tête par après ! Hé toi, le jeune ! Viens t’amuser à faire sembler de couper la tête de tes amis !

Dans la même thématique un peu trash, on trouvait un peu plus loin le bien-nommé « rocher de l’exécution ». En fait, c’est une roche qui surplombe la falaise et la rivière en contrebas. Vous l’aurez deviné : les traîtres étaient invités à venir y effectuer un dernier plongeon vers l’abîme ! Charmante coutume !

On a visité ensuite les ruines de l’ancien palais avant d’entrer dans l’îlot de fraîcheur que représentait la petite église qui surplombe le site ! Sérieusement, la chaleur était accablante, et on est restés un bon 10 minutes au frais pour tâcher de sécher un peu ! En sortant de la forteresse, on s’est d’ailleurs rués sur le premier dépanneur pour y acheter une bouteille d’eau bien froide et des popsicles !

Veliko Tarnovo n’est pas une bien grosse ville, et une fois la vieille ville et la forteresse visitées, disons qu’on a pas mal bien vu ce qu’elle a à nous offrir. En plus, la température caniculaire ne nous donnait pas tellement envie de pousser bien davantage notre exploration. Par contre, elle constituait un puissant incitatif à profiter de la piscine de notre guesthouse ! On a donc barboté pendant deux bonnes heures, puis on s’est prélassés sur les chaises longues en lisant un peu… La belle vie !

Cette fin d’après-midi fort active (!) a fini par nous donner faim, et on est allés essayer l’un des autres restos classiques de Veliko, au nom imprononçable. Le mobilier rappelait étrangement celui de ma grand-mère, mais les plats étaient bien bons, tout comme la bière noire bulgare qui accompagnait le tout ! Le crépuscule ayant un peu chassé la chaleur, on en a profité pour se balader dans un parc près de la rivière. Naturellement, l’endroit était maintenant noir de monde, alors qu’il avait été désert toute la journée ! En quittant, on a été surpris par de fortes explosions, semblables à des coups de feu… Au début on ne savait vraiment pas à quoi on avait affaire… avant de réaliser que c’était des feux d’artifice que l’on tirait tout près de nous haha ! Côté spectacle nocturne, Veliko ne donne pas sa place !

On est revenus à la guesthouse par les petites ruelles, en croisant au passage des gangs de jeunes Bulgares à l’air patibulaire… de même que – ô joie – des chiens errants, heureusement pas trop méchants. Plus qu’ailleurs en ville, Varusha est le paradis des animaux errants ! Il y a notamment un escalier qui est envahi par les chats, et vous êtes pratiquement assurés de vous faire japper après lorsque vous vous baladez dans le coin !


À bientôt !

mardi 21 juin 2016

De Bucharest à Veliko Tarnovo

Salut c'est MP!

Comme il nous restait quelques jours avant la fin du voyage, on s'était dit qu'on irait faire un tour en Bulgarie près de la frontière avec la Roumanie! Par contre, les transferts pour s'y rendre étaient vraiment poches. Arrivés à Bucharest au petit matin, on a donc analysé nos options et décidé d'y aller finalement en train à l'heure du dîner. Même si le trajet allait nous prendre 7h, c'était beaucoup plus simple que d'y aller en bus et faire 4 changements... 

Dans l'intervalle, après avoir déjeuné et réservé une place pour dormir le soir-même vu qu'on arrivait tard, on est allés visiter le "national village museum", que nous avait recommandé Andrei! On s'est rendus dans un quartier cossu de Bucharest, d'où on a marché dans un parc bien joli jusqu'à ce qu'on arrive devant ce qu'on croyait être l'entrée du musée. Il n'était pas encore ouvert donc on a patienté sur un banc à jouer à "devine ce que les passants font dans la vie"! Après qu'on ait épuisé toutes nos idées, on s'est dit qu'on ne devait visiblement pas être à la bonne place et on a marché plus loin. 

On a recroisé l'arc de triomphe en rénovation qu'on avait vu en arrivant à Bucharest et on a pu observer une configuration de route bizarre (et dangereuse?). Le gros boulevard était séparé par un terre-plein, mais sur un des deux cotés, une voie était laissée vide pour que les autos qui viennent en sens inverse puissent aussi l'utiliser... Mettons qu'il faut le savoir! Ah et une fois une ambulance a roulé à toute vitesse dans cette voie réservée, allant donc en sens inverse du sens inverse. Pourquoi pas?

Le musée extérieur que nous allions visiter a été créé en 1936 par décret royal. Les royaux sujets ont donc démonté et remonté des maisons traditionnelles de tout le pays! Ce qui donne l'impression de se promener dans un village! Chaque petite maison a une description de la région d'où elle vient, de l'utilité de chacune des pièces (souvent une seule sinon deux) et de la décoration intérieure. C'était intéressant mais après quelques unes, ça devient un peu redondant... C'est pas comme si la Roumanie était un pays immense et très varié donc ça finissait un peu par se ressembler, selon nos yeux de non-initiés! Il y avait aussi des moulins à vent et à eau, ainsi qu'un lac où des affiches nous proposaient de faire un tour dans la chaloupe traditionnelle, complètement inondée à quai! Une église en bois de la région de Maramures (où on n'est pas allés finalement) y était aussi, avec son toit à plusieurs niveaux super pointu!  Le musée avait l'air d'un lieu prisé pour les tours organisés, chose qu'on a observée en grignotant une collation. Il faut dire que ça faisait 3 semaines qu'on n'avait pas vu beaucoup de touristes!

Puis on est revenus tranquillement vers la gare, où on a remarqué à quel point il y avait plus de touristes qu'au début du voyage! C'était vraiment frappant, surtout après l'Ukraine et la Moldavie: on était revenus sur le sentier touristique européen, même si la Roumanie ne doit pas être un des pays les plus populaires! On a mangé dans un petit resto à la gare et on est montés dans le train, où le gentil contrôleur a tenu à nous rassurer qu'il faisait frais dans le train! C'est qu'il commençait à faire chaud dans ce coin de pays! 

Le train était pleeein de backpackers, et constituait donc un endroit idéal pour qui chercherait à arrondir ses fins de mois. Dès qu'on entrait, on se faisait en effet accoster par un monsieur qui nous aidait à trouver notre siège et à installer les valises, juste avant de mentionner qu'il ramassait de l'argent pour " les enfants malades", en étant très insistant pour recevoir des piécettes... François l'avait trouvé louche en partant et on avait été tout de même autonomes pour trouver nos places donc on ne se sentait pas trop redevables mais la majorité des passagers finissaient par lui donner du change... Intelligent stratagème quand même! 

On était assis face à une Roumaine qui étudiait en Bulgarie et trois gars de Singapour qui venaient de finir leur service militaire et parcourraient maintenant l'Europe (ça dure 2 ans l'armée là-bas apparemment ). On leur a jasé et écrit le blog pendant un bon bout de temps, en regardant le paysage on ne peut plus plat de la Wallachie rurale! On a aussi vu un champ avec plein de puits de pétrole. L'arrêt aux douanes roumaines n'a pas été trop pire (un 45 minutes?) mais on s'est fait rattraper du côté bulgare... On a dû y rester un bon deux heures, où on se liquéfiait littéralement dans le train en plein soleil. En plus, ils ne fouillaient même pas nos valises... Finalement, le douanier est rentré à nouveau dans le wagon, accompagné de quatre agents de police qui ont gentiment demandé à un des passagers d'allure maghrébine de les accompagner, avant de le sortir du wagon avec une bonne clé de bras...! Tous les passagers étaient silencieux et se demandaient bien ce qu'il avait pu faire de mal. Ça a été encore super long jusqu'à ce qu'il remonte (ce qui nous rassurait peut-être encore moins?) et qu'on parte avec des policiers à bord...

Avec tout ça, on avait raté notre connexion de train dans un petit village de Bulgarie, mais le contrôleur semblait confiant qu'on allait pouvoir attraper celui d'après! Son optimisme a triomphé et on est embarqués 1 minute avant le départ! À partir de là, le paysage est passé de plaines fertiles à paysage montagneux et forestier: vraiment beau! Après quelques ponts et tunnels nous étions rendus à Veliko Tarnovo, notre première destination de Bulgarie!

On voulait profiter de notre passage à la gare pour noter l'horaire des trains et pour sortir de l'argent. Échec lamentable dans les deux cas, la gare étant grosse comme un 1 et demi. On ne pouvait donc pas prendre de bus pour se rendre au centre-ville... Heureusement, il n'était pas top loin et on s'est dit qu'on allait marcher... On s'est rapidement ramassés sur une semi-bretelle d'autoroute, à marcher derrière les garde-fous. Pour aller directement au centre-ville, il fallait visiblement prendre l'autoroute à partir de là donc on s'est dit qu'on allait quitter le coin des autoroutes pour trouver des plus petites rues pour s'y rendre. Contrairement à son habitude, François n'avait strictement aucune idée de où on se trouvait, et on se demandait même si les rues qu'on empruntait n'étaient pas trop neuves pour figurer dans le guide... On était visiblement rendus en banlieue et ça faisait une bonne heure qu'on marchait. Au premier abord, les Bulgares nous semblaient un peu menaçants car ils nous regardaient intensément, donc on ne savait pas trop à qui demander conseil... Finalement, un monsieur avec sa fille nous ont indiqué qu'on était hors carte mais qu'on était dans le bonne direction quand même. On a fini par retrouver le centre, après presque deux heures de marche dans cette ville en pente! De loin, on voyait d'où on était partis et le chemin qu'on avait fait et c'était un immense détour haha!

Restait à se rendre à la guesthouse dans le vieux quartier, dans les hauteurs de la ville! Je laisse François vous décrire la vieille-ville, tout ce que je dis c'est qu'on est arrivés complètement morts! L'endroit était incroyablement mignon, avec la plus belle vue possible sur la ville et la forteresse! Après qu'on ait un peu séché, la madame nous a averti que le spectacle "sons et lumières" commençait! Assis sur sa terrasse en mangeant des arachides en guise de souper, on avait une place de choix! Plusieurs soirs par semaine, une chorégraphie toute en couleurs illumine la forteresse et le château de la ville! En théorie, ça raconte l'histoire des splendeurs et misères du second empire bulgare. En pratique, c'est un 20 minutes de lumières qui animent les longs murs fortifiés et les ruines à l'intérieur! Vraiment très beau!

On a fait un tour à la piscine (!) de la guesthouse avant de s'effondrer de sommeil!

lundi 20 juin 2016

Cricova

Bonjour, c'est MP! Je serai votre guide pour la visite d'un des grands vignobles de Moldavie!

Des fois je me dis qu'on devrait proposer nos services au Lonely Planet pour lui trouver des alternatives en transport en commun pour se rendre aux attractions qu'il propose, quand la seule option mise de l'avant est le taxi. Comme dans le cas de Cricova, où un bus public fait la route en 20 minutes pour 30 sous. Ok, le bus était dans un état lamentable, genre que le plancher était recouvert d'une trentaine de plaques de métal rouillé vissées au sol et que tout le tissu qui recouvre les bancs était troué. Mais bon. Ça vaut quand même la peine quand on se dit que la Slovène s'était informée et qu'une agence lui proposait l'aller-retour pour 40 euros...

Bref, après avoir rapidement quitté la ville pour tomber dans ce qui ressemblait à une campagne, on est arrivés dans la banlieue de Cricova! On était finalement d'avance pour le tour et on a marché, dîné et attendu un peu dans le village devant un lac situé au fond d'un canyon! Mis-à-part le fait que le lac avait l'air extrêmement swompeux, c'était bien joli!

Cricova est l'un des vignobles moldaves les plus connus connus, en partie à cause d'un réseau de tunnels, creusés au 15ème siècle dans le but d'extraire du calcaire. Dans les années 50, le propriétaire du vignoble a eu l'idée d'utiliser 60 de ces 120 km pour stocker et faire maturer le vin. À une température entre 12 et 15 degrés à l'année longue ainsi qu'avec une humidité de 97%, paraît-il que ce sont là des conditions idéales pour produire du vin de qualité! On accède aux tunnels en voiturette de golf, et sous terre c'est un vrai labyrinthe! Des tonneaux de vin sont empilés de chaque côté de la voie! Les rues principales sont nommées selon le cépage qui y est entreposé, mais sans guide, bonne chance pour trouver la sortie! 

Notre guide personnel nous a montré l'endroit où sont entreposés les vins mousseux (l'un d'eux ayant gagné deux ans de suite la médaille d'argent à un concours français) et nous a expliqué comment ils étaient faits. Grosso modo, ils sont vieillis à l'envers dans leur bouteille et une madame a comme tâche de les retourner de temps en temps jusqu'à ce que la lie se dépose au goulot. Après, le goulot est trempé dans l'équivalent de l'azote liquide pour que le liquide autour de la lie gèle. Puis la bouteille est retournée dans son sens normal et le bouchon temporaire est retiré. Avec la pression dans la bouteille, le bouchon de glace est projeté en dehors! Puis ils vérifient que le vin est bien devenu translucide et mettent le vrai bouchon de Champagne!

Il y a aussi eu un vidéo sur le vin et le vignoble puis on a fait un tour dans leur cellier de collection, qui comprend des bouteilles réservées à certaines célébrités qui sont venues visiter le vignoble (Iuri Gagarine, Vladimir Putin, John Kerry, Angela Merkel...). Ils ont aussi des bouteilles de la collection privée de Hermann Göring (leader nazi) qui avaient été subtilisées par les soviétiques et remises à Cricova pour être conservées comme pièces de musée... Il ont aussi plein de vieilles bouteilles genre 1902...

Après une visite de 3 salles de dégustation, ce fut notre tour de goûter! On était dans une salle au thème "sous-marin" pour célébrer le fait qu'il y a longtemps, la Moldavie était sous l'océan. C'était légèrement quétaine, avec des hublots sur les côtés et du sable au milieu mais bon... On avait l'air de deux monarques assis au bout d'une grande table! La situation d'être seulement deux à la dégustation, devant notre guide qui restait debout à nous regarder boire, me rendait plutôt mal-à-l'aise. On (j'ai) donc entretenu la conversation pour éviter les froids, elle était bien gentille! Les vins étaient super bons! Beaucoup de coches au-dessus du vin ukrainien! On a eu 1 blanc, 2 rouges et un mousseux, en plus de craquelins et de noix de Grenoble! Et ils ne sont pas radins: c'était probablement un 100 mL de vin par coupe! C'est donc plutôt pompettes (surtout moi) qu'on a terminé le tour, allant se reposer un peu sur un banc de parc avant de reprendre le bus, question d'avoir l'air encore plus alcoolos...! Loin d'être sûre d'aimer l'idée de me transformer en poivrot à une heure de l'après-midi!

Le retour à Chisinau s'est fait sans problème et on est retournés à l'appartement chercher nos valises, rencontrant la charmante femme de ménage au passage! On avait rendez-vous avec Andrei juste à côté où il travaille pour lui remettre les clés. On a finalement bu un café (je vais finir par aimer ça, faut croire!) dans le hall d'entrée! D'ailleurs, la première question qu'il nous a posé après nous avoir demandé comment avait été notre journée était "so, were you drunk?"! J'ai l'impression que la façon dont se finissent les tours des vignobles est connue de tous haha!

On a dit au revoir à notre fantastique hôte (qu'on a invité à venir nous voir au Québec!) et on a quitté vers la gare. Une chance qu'on s'était laissés du jeu parce qu'on en a eu besoin: acheter du pain pour pouvoir déjeuner dans le train, changer l'argent moldave qui nous restait (la changeuse nous a reconnus!), trouver le bon bus qui va vers la gare... Tout ça sous une pluie torrentielle! On est rendus pas pire pour mettre nos manteaux/installer les couvre-sacs/sortir les parapluies en 20 secondes!

On est arrivés un peu d'avance et on a pris place dans notre wagon, qu'on allait avoir à nous seuls durant tout le trajet! Le train partait à 16:45 et arrivait à 6:00 le lendemain. Vers 19:00 on était rendus aux douanes moldaves, où un douanier extrêmement bête nous a longuement observé, nous et notre passeport. Finalement, on était vraiment heureux de ne pas être arrivés en Moldavie via la Transnistrie, auquel cas on n'aurait pas eu de tampon d'entrée en Moldavie! À voir la face du douanier, j'aurais pas voulu avoir à m'obstiner avec lui sur le fait qu'on était entrés "illégalement" dans son pays!! Il y a aussi un médecin qui passait de wagon en wagon pour demander si on avait besoin d'un certificat médical...

Passé les douanes moldaves se produisait quelque chose d'un peu particulier: le changement de roues du train! Au 19ème siècle, la Russie a décidé d'utiliser des rails de largeur différente que dans le reste du monde, pour que s'il prenait à quelqu'un l'idée de les envahir, il ait à changer les roues ou les rails à la frontière pour y parvenir!  Intelligent mais plutôt chiant aux frontières de nos jours. Le train a donc été séparé en plusieurs sections, puis des cheminots se glissent sous les wagons pour dévisser les roues et tout ce qui se trouve sous le train. Puis les wagons sont soulevés par des crics jusqu'à une hauteur de deux mètres environ et les roues sont tirées sous le train par des poulies, laissant le train (et nous) flotter dans les airs! Les nouvelles roues plus distancées glissent alors sous le train et les cheminots les vissent à nouveau! Le tout précédé et suivi par une valse de wagons qui avancent/reculent sur différentes voies de largeurs différentes jusqu'à ce que tout soit conforme et près à continuer la route! 

Après cela, les douaniers roumains sont entrés dans le train, nous demandant de vider nos sacs pour leur montrer le vin qu'on avait acheté. Et puis on commençait à s'impatienter! Ça a été super long avant de retrouver nos passeports et le train a finalement redémarré à 22:15!! Trois heures et quart d'arrêt! Ce qui nous laissait peu de temps pour dormir d'ici à 5:30 le lendemain quand le contrôleur allait nous réveiller avant la gare... Sans compter qu'il faisait chaud comme jamais et qu'on n'avait pas la possibilité d'ouvrir une fenêtre dans notre cabine! Autant vous le dire tout de suite: on a mal dormi et pas assez :)

dimanche 19 juin 2016

Orheiul Vechi

Rebonjour! C'est encore François!

Ce matin-là, notre objectif était d'atteindre le petit village de Trebujeni, à 60 km au nord de Chisinau. Et pour s'y rendre, on devait y aller en bus. Pour une si petite ville, Chisinau a beaucoup de gares routières: 5, je pense. Il faut donc vraiment savoir d'où part le bus que tu espères prendre! En plus, les gares n'obéissent à aucune logique géographique! Par exemple, quand nous sommes arrivés d'Odessa, nous sommes descendus à la Gare du Nord, alors qu'Odessa est située au sud! Là, on s'en allait au nord, mais on partait de la station des bus de banlieues, qui jouxte la gare centrale! Centraliser tous les bus à un seul endroit serait tellement plus logique, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Bref, une fois arrivés à la station de bus de banlieues, c'était évidemment la cohue! Il y avait des dizaines de minibus garés partout, sans aucune autre indication que le petit carton dans la ville indiquant leur destination!  Comment trouver le nôtre? Ce fut étonnamment facile malgré tout: la madame des billets a avisé un dude qui nous a indiqué le bon bus... qui était juste derrière nous! Merci! Arrivés un peu d'avance (on avait prévu du temps pour trouver le bus - toujours prévoir du temps pour ce type de gossage en voyage!), on a jasé un moment avec la seule autre touriste du bus, une Slovène qui avait décidé de passer une longue fin de semaine en Moldavie!

On est finalement partis en tâchant de n'écraser personne... Parce que la station de bus est située en plein milieu du marché en plein air, qui est naturellement toujours bondé et animé! Vraiment, côté efficacité logistique des terminaux de transport en commun, on a vu mieux! Une fois passé la grisaille des environs immédiats de Chisinau, on est embarqué sur - tenez-vous bien - une autoroute, et en bon état à part ça! Décidément, la Moldavie bat étonnement l'Ukraine en matière d'infrastructures routières, même si je n'aurais jamais été prêt à dire ça il y a quelques jours! La ville a rapidement fait place à de jolis paysages de collines et d'étangs , puis on a quitté l'autoroute pour s'enfoncer en rase campagne. Après un arrêt dans une prison/base militaire (?), le bus a effectué une descente dans un canyon creusé par une petite rivière. Perchée sur une falaise dans ce magnifique panorama se trouvait notre destination du jour: le monastère d'Orheiul Vechi!

Le minibus nous a laissé au stationnement désert, en nous indiquant qu'il revenait à 15h. Mis à part nous, il n'y avait personne! On a marché vers le monastère avec la Slovène. Celui-ci était bien joli, mais c'est surtout la propagande anti-avortement qui figurait dans un coin plus discret qui nous a étonné! On y voyait Jésus pleurant la mort de fétus ensanglantés, alors qu'au loin les femmes pécheresses étaient tourmentées dans les flammes de l'enfer par d'hideux oiseaux noirs qui les griffaient! On ne comprend toujours pas pourquoi la religion doit se mêler de ça... En tout cas...

On a ensuite marché le long de la crête de la falaise, avant de s'arrêter pour pique-niquer ! On avait une vue extraordinaire sur le monastère et ses dômes dorés, sur la rivière en contrebas et sur les parois rocheuses tout autour! Après avoir mangé, on a marché un peu dans les sentiers tout autour, en voyant détaler de temps à autre d'énormes lièvres, gros comme des petits chiens!

De retour sur nos pas, on a visité ce qui fait la (relative) célébrité d'Orheiul Vechi: le monastère souterrain! En effet, depuis le Moyen-Âge, des moines ont creusé des galeries sous la falaise. Depuis 1996, quelques moines ont redonné vie à ces monastères désertés sous la période communiste. En entrant par l'escalier principal, on aboutit à une genre d'église sous terre, où un très vieux moine barbu était assis en silence. On pouvait accéder à une corniche rocheuse qui surplombait la rivière, de même qu'à une série de petites chambres creusées à même le roc. Cela dit, l'ensemble était pas mal plus petit qu'on croyait! Disons que c'est l'emplacement qui valait le déplacement, plus que le monastère en soi! On s'est ensuite promenés le long de la rivière, mais on a dû rebrousser chemin après un moment à cause d'un taureau qui nous bloquait le chemin!

De retour au stationnement, on a attendu le bus en grignotant des chips, puis on est repartis vers Chisinau. Le temps était maussade depuis un moment, mais ça a empiré d'un coup quand une averse apocalyptique s'est abattue sur la route! Rapidement, de véritables rivières se sont formées sur la route, et le mauvais temps a causé un accident impressionnant un peu plus loin, à voir l'état de la voiture renversée qui était dans le fossé! En passant, en Moldavie les gens conduisent aussi rapidement et mal qu'ailleurs en ex-URSS... Le seul endroit où ils vont à la vitesse permise sont les lieux où on trouve des radars photos haha!

On est revenus à Chisinau toujours sous la pluie (heureusement moins forte), et on a re-tenté d'aller visiter le musée d'histoire, qu'Andrei nous avait chaudement recommandé pour son diorama sur la 2e guerre mondiale. Malheureusement, le diorama était fermé pour rénovations, mais on s'est dits qu'on allait aller voir les autres salles d'exposition. Il y avait beaucoup d'artéfacts, mais le musée n'arrivait pas à les faire réellement parler. À quoi bon exposer plusieurs fragments de poterie et expliquer longuement leur provenance, leur époque et leur composition, s'il n'y a pas d'interaction avec le visiteur, si l'exposition n'est pas dynamique? Les grandes salles du vieux bâtiment étaient néanmoins magnifiques, et, détail amusant, il y avait beaucoup trop de staff dans les salles pour le nombre de visiteurs (i.e. nous 2)!

Pour souper, on est allés manger au Propaganda Café, un endroit cosy avec de gros fauteuils, des livres jusque dans les toilettes et plein de vieilles photos sur les murs. Mon risotto avait un aspect étrange car trop liquide, mais au final c'était délicieux! Au AirBnB, on a jasé un moment avec Andrei afin de fignoler les détails pour se rendre à notre destination du lendemain, avant de finir la soirée en faisant du lavage (faut en profiter quand on a une laveuse-sécheuse!), en écrivant le blog et en terminant ce qui nous restait de la bouteille de vin moldave achetée la veille! Pas facile! :)

vendredi 17 juin 2016

Chisinau

Buna ziwa/zdrastuyte (salutations bilingues de Moldavie, où on parle russe et roumain)! C'est François qui continue pour ce premier aperçu de Moldavie!

On a quitté relativement tôt notre hostel ce matin-là, car on voulait se rendre à la gare pour prendre le bus de 9h vers Chisinau, la capitale de la Moldavie. Comme le trajet était long (4-5h de route), le plus tôt on était rendu, le mieux ce serait.  "Il y a des bus toutes les heures à compter de 7h" nous avait dit le réceptionniste de l'hostel, après avoir appelé la gare pour s'en assurer. Eh bien, figurez-vous qu'il n'y avait pas de bus à 9h, et qu'on devait attendre pendant 1h30 encore pour le prochain! "Tous les bus passent par la Transnistrie!" nous avait aussi dit le réceptionniste, après son appel à la gare. Première chose qu'on sait: le bus qu'on s'apprête à prendre ne passe pas par là... C'est à n'y rien comprendre: même après avoir appelé à la gare, on nous avait transmis de mauvaises informations!!

Parenthèse: la Transnistrie est un région un peu particulière de Moldavie. C'est une petite bande de terre située entre l'Ukraine et le fleuve Dniestr peuplée majoritairement de Russes, qui s'est auto-proclamée indépendante après une brève guerre civile contre la Moldavie en 1992. Aujourd'hui, c'est une "république" qui a ses institutions, sa monnaie, son gouvernement et son armée, mais qui n'est reconnue par aucun autre pays. C'est une place un peu bizarre, qui a conservé le drapeau faucille et marteau de l'URSS et où la police secrète est encore le KGB (c'est d'ailleurs cet aspect "back in the USSR" qui est la principale attraction de l'endroit)... Ce statut flou en a fait une espèce de zone de non-droit que la plupart de États occidentaux (incluant le Canada) classent dans la catégorie "éviter tout voyage". Dans les faits, il parait que c'est OK, surtout si on est juste en transit. On a longtemps hésité à aller y faire un tour, mais on s'est finalement rangés à la prudence, question de ne pas courir de risques non nécessaires... On se disait qu'un transit par là à partir de l'Ukraine serait un bon compromis, même si on était un peu nerveux à l'idée de passer dans cette zone un peu spéciale... Finalement, le destin en aura voulu autrement!

Bref, on a donc bu un café en attendant que notre bus pour Chisinau arrive. Ça nous a néanmoins permis de jaser un bon bout avec un jeune instructeur de yoga ukrainien bien sympathique!

Une fois dans le minibus, on a parlé un bout à un Moldave bien gentil qui revenait d'un mariage à Odessa! Ce premier vrai contact avec la Moldavie était bien meilleur que celui que nous avions eu à notre hostel d'Odessa, où logeait un Moldave vraiment weird qui louchait intensément et qui regardait Mémé avec des airs de violeurs (dans les mots exacts de la principale intéressée)! Et c'était parti pour 4h30 de route! Après un bon moment sur une route à l'état lamentable, on est parvenus aux douanes. Ça a été super long côté ukrainien pour une raison qu'on n'arrive toujours pas à expliquer... Par contre, on semblait bien les intéresser car tant du côté ukrainien que moldave on nous a demandé d'ouvrir nos sacs pour voir ce qu'ils contenaient!

Le temps de dire au revoir à l'Ukraine, un pays fantastique, on était déjà rendus en Moldavie. Premier élément qui nous a tout de suite frappé: la route était parfaite! En tout cas, elle l'a été pour un bout, avant de devenir un peu plus mauvaise... mais bon, rien en comparaison de l'Ukraine et ses omniprésents nids-de-poule! C'est le relief qui a ensuite attiré notre attention. Alors que l'Ukraine est un pays plat, la Moldavie est de son côté un joli pays de collines verdoyantes, entrecoupées de champs de blé, de petits villages et d'étangs. Il y a aussi des champs plein de coquelicots! Bref, c'est un territoire essentiellement rural, qui compte une grosse ville: Chisinau.

On n'avait pas beaucoup d'attentes pour Chisinau, ville complètement rebâtie après la guerre et qu'on imaginait donc soviétique à souhait. Le premier coup d'oeil qu'on en a eu en arrivant en bus allait en effet en ce sens, le temps gris n'aidant pas. À la gare, le gars qui revenait d'un mariage nous a proposé de prendre le lift que son ami lui faisait pour aller au centre de la ville. Comme on avait confiance, on a accepté! Ils nous ont d'abord laissé à un bureau de change où on a changé quelques $ US pour des lei moldaves, la monnaie locale.
"You don't know us, you shouldn't leave us your luggage!" nous ont-ils reproché en semi-riant une fois ressortis du bureau de change! Et ils avaient raison: même si on se sentait tout à fait à l'aise avec eux, ils auraient très bien pu partir avec nos sacs! L'un d'entre nous aurait donc dû rester à l'auto, chose à laquelle on a pensé chacun de notre côté mais qu'on a finalement pas fait par peur d'avoir l'air de ne pas leur faire confiance... Petit rappel qu'il ne faut pas laisser tomber nos gardes!

Les gars étaient beaucoup trop serviables et nous ont ensuite proposé d'aller nous déposer à l'AirBnB qu'on avait réservé pour les deux prochaines nuits. Comme on était d'avance, ils ont même appelé le gars pour lui dire qu'on était déjà là! Vraiment trop gentils! Par contre, le gars du AirBnB ne pouvait pas être là avant une heure, alors on s'est baladés un peu. Autant de l'extérieur la ville était moche qu'une fois dans le centre, elle était surprennement agréable! Les responsables: les grands arbres matures sur toutes les rues, et les nombreux grands parcs! On est aussi passés devant des bâtiments gouvernementaux, où des gens avaient établi un campement avec des affiches visiblement hostiles au pouvoir en place. Les gars qui nous avaient fait un lift nous avaient expliqué qu'il y a un an, un vol d'un milliard de dollars US par des politiciens corrompus avait été rendu public. L'argent avait été pris à même les réserves de la banque nationale: autant dire, donc, directement de la poche des citoyens. La nouvelle avait entraîné de nombreuses manifestations, sans réel impact apparemment. Depuis, des gens campent devant le Parlement pour protester contre cet acte de corruption d'une ampleur inconcevable de la part de ceux qui sont censés gérer l'argent public, et on peut les comprendre de le faire!

De retour au Air BnB, on a rencontré notre hôte, Andrei, sa femme Natasha ainsi que sa mignonne petite fille qui a tenu à nous donner des bananes! Honnêtement, c'est probablement le meilleur Air BnB qu'on ait fait à date! Andrei et Natasha ont vraiment été charmants! On a longuement jasé de tout et de rien devant un café, en grignotant le fromage et la placinta au fromage (une genre de pâtisserie typiquement moldave ou roumaine) qu'ils nous ont offert! Ils nous ont aussi grandement aidé à organiser nos plans pour les prochains jours. Bref, des hôtes formidables, et un super bel appartement avec un beau balcon! Une option chaudement recommandée pour un séjour réussi à Chisinau!

On a profité de notre nouveau chez nous en relaxant un peu tout en décidant ce qu'on allait faire dans les prochains jours. Quand on a eu faim, on s'est dirigés vers le resto que tous nous avaient recommandé à Chisinau: La Placinte! L'endroit ressemblait en fait à un genre de Normandin moldave. Mes saucisses aux bines et tomates étaient bien bonnes en tout cas, tout comme le verre de vin rouge moldave qu'on a pris avec! En sortant dans les rues vides, c'est là qu'on voit que cette grosse ville provinciale assez tranquille est devenue une capitale par un hasard de l'histoire! En cette fin de soirée, l'action était néanmoins concentrée près du théâtre national, où un immense écran et des sièges avaient été installés en prévision de l'Euro 2016! On s'est joints à la foule et on a donc écouté la retransmission de la partie de soccer en plein air Allemagne-Ukraine... Détail amusant: l'allégeance de la foule est divisée en 2! On aurait pourtant cru que les Moldaves allaient d'emblée prendre pour leurs voisins ukrainiens!

On a pris ça relax le lendemain: on s'est levés tard et on est partis vers midi! Notre premier arrêt fut une pause-repas dans un resto de pizza appartenant aux mêmes proprios que La Placinte. Cette fois, l'ambiance faisait qu'on se serait crus au Paccini: il ne manquait que le bar à pain!

On avait quelques tramites à faire ce jour-là, en premier lieu acheter des billets de train pour Bucarest. Du centre de Chisinau, on avait compris qu'on pouvait se rendre à la gare en bus de ville. C'est ce qu'on a donc tenté de faire en embarquant dans un bus nommé par le Lonely planet en demandant aux gens "gara-vakzal"? Soit le mot "gare" dans les deux langues - roumain et russe - parlées couramment par tout le monde ici. On ignore pourquoi, mais à Chisinau les gens étaient super slow-mo dans les bus et ne semblaient pas comprendre ces mots archi-simples qui fonctionnaient pourtant très bien en Roumanie et en Ukraine! Le temps que la personne finisse par réagir au mot "GA-RA", le bus était déjà parti et on nous signifiait enfin (et trop tard) que le bus n'allait pas là, quand on ne nous ignorait pas totalement! Ça fâchait beaucoup Mémé en tout cas, qui a beaucoup de misère avec les gens qui ne sont pas quick, quick! Tout ça pour dire qu'on s'est trompés de direction et de bus 2 fois avant de prendre finalement le bon bus. Cette fois, on était tombés sur une madame qui collecte les billets qui avait bien compris où on voulait aller et qui voulait vraiment s'assurer qu'on descende au bon arrêt! "She worries about you!" nous a dit une fille qui parlait un peu anglais à côté de nous haha!

La gare de train était à l'image de Chisinau: plus jolie qu'on l'aurait dit, mais plutôt déserte! Il faut dire qu'avec 4 trains par jour, disons que ce n'est pas un noeud ferroviaire! En fait, c'est la Moldavie entière qui donne l'impression d'être sur une voie de garage, petit pays oublié aux marges de l'Union européenne! Après la gare, on a fait un arrêt à la poste pour l'envoi des cartes postales. Le staff s'est plié en quatre pour nous aider à choisir entre plusieurs cartes un peu moches, mais bon!

De retour au centre, on a continué notre exploration de Chisinau. On vous le dit tout de suite: il n'y a pas grand-chose à faire dans cette petite capitale bien tranquille! On a d'abord visité la place centrale avec son méga drapeau moldave, en face de laquelle se trouve le petit Arc de Triomphe avec un drapeau en dessous qui est LE landmark de la ville. En face, on a admiré la cathédrale et le parc l'entourant, en écoutant le gars qui se prenait pour le bossu de Notre-Dame en jouant des cloches sans interruption dans le clocher! Une courte promenade nous a amené vers la rue piétonnière, d'où on a poussé vers le monument aux jeunesses communistes, rare statue de l'époque communiste à être encore debout en ville. Puis, on est revenus vers le musée d'histoire qu'Andrei nous avait conseillé de visiter, mais il était fermé.

Après quoi la journée se terminait, et on avait envie de faire ce qu'on n'avait pas fait depuis plusieurs semaines: se cuisiner un bon repas! Un petit tour à l'épicerie, et on a pu déguster des pâtes aux légumes accompagnées d'une excellente bouteille de vin moldave! On a terminé cette journée bien tranquilles, à siroter notre vin en écrivant le blog sur le balcon! 

Le côté nature de la Moldavie et encore plus de vin dans les prochaines entrées! :)