dimanche 12 juin 2016

Kiev, partie 4

Salut c'est MP qui continue!

Le plan pour notre dernière journée à Kiev était d'abord de visiter le musée de Chernobyl. On aurait pu faire un tour à Chernobyl même, à 110 km de Kiev, mais selon ce qu'on nous a dit, il faut réserver nos places d'avance, c'est cher et de toute façon il n'y avait pas de tour prévu dans les prochains jours. Bien que la zone d'exclusion soit encore contaminée, ce n'est pas vraiment dangereux dans le sens où on est exposés au double des radiations d'un vol transatlantique. Bien sûr, il ne faut pas sortir des sentiers balisés ni boire de l'eau ou manger des petits fruits. Comme on se sentait vraiment limités à l'idée de ne pas pouvoir aller cueillir des champignons dans la forêt, on a décidé d'aller au musée à Kiev à la place...!

Kiev regorge de food-trucks et de machines à café dans des coffres d'auto et on s'est dit qu'il fallait essayer ça sur la route vers le musée! Ce qui est drôle c'est qu'ils servent les cafés avec une paille! Comme à Lviv, où on avait vu que les filles buvaient leur bière à la paille!

Le premier étage du musée de Chernobyl comprenait une exposition sur les animaux qui vivent maintenant dans la zone d'exclusion. Maintenant que tous les humains sont partis, la nature a repris ses droits! Les autorités ont même décidé d'y installer une colonie de chevaux sauvages. L'idée reste étrange de vouloir installer des animaux dans une zone qu'on sait hautement contaminée mais au moins ça permet aux animaux de vivre loin des hommes...

Une autre section portait sur Fukushima, avec de nombreuses photos et témoignages de Japonais évacués. Ceux-ci reprochent au gouvernement de ne pas les avoir avertis assez vite de ce qui se passait et de ne pas leur avoir dit qu'ils ne pourraient pas revenir chez eux. Les gens ont donc laissé tout ce qu'ils avaient derrière eux et les maisons se sont fait par la suite voler... Il faut dire que l'URSS n'a pas beaucoup mieux géré la crise en 1986. Probablement due à un test de sécurité non nécessaire effectué par des employés durant la nuit, la pire catastrophe nucléaire à ce jour a répandu des tonnes de matériel radioactif sur l'Ukraine et la Biélorussie. Malgré le fait qu'ils étaient bien au courant que le réacteur avait fait fondre 500 tonnes de béton, c'est la Suède qui a averti tout le monde de la catastrophe quelques jours plus tard en recevant des particules radioactives à cause du vent. On a pas tout compris de l'exposition parce que peu de texte était traduit en anglais mais c'était malgré tout intéressant de regarder les photos! On a rencontré deux Suisses en escale à Kiev qui nous ont proclamé leur amour pour le Québec! Je sais pas ce qu'on fait pour plaire tant aux européens!

Après un dîner à notre cafétéria fétiche, on a pris le métro vers le Lavra, en repassant par l'obélisque et le monument Holodomor qu'on avait vus la veille avec Iulia. Le Lavra est l'équivalent du Vatican pour les orthodoxes, le lieu étant considéré comme étant le plus saint de Russie, d'Ukraine et de Biélorussie! C'est un complexe de 28 hectares sur des collines surplombant le Dniepr, avec plein d'églises et de cathédrales aux dômes dorés, fondé en 1051! On a commencé par visiter les caves, un labyrinthe de tunnels sous terre où sont conservés des sarcophages avec les corps momifiés des moines. Ils sont encore en bon état, ce qui confirmerait aux croyants que c'était réellement des Saints. Pour y entrer, il y a un code vestimentaire, comme à l'opéra mais contrairement aux autres églises en Ukraine. Les hommes doivent être en pantalons longs et en chandail à manches longues. Les femmes doivent avoir une longue jupe, des manches longues et un foulard. Ils passent donc des espèces de paréos vert forêt pour les impures comme moi qui ont des pantalons! Les caves sont éclairées par quelques chandeliers au mur et par des cierges tenus par les pèlerins. Comme les couloirs sont très étroits, on suit les pèlerins, expérience en soi! Les sarcophages sont dans des petits recoins du couloir et comme ils sont en vitre, on voit la momie. Les gens font un signe de croix, embrassent la vitre au niveau des mains puis embrassent ses pieds et passent ainsi au suivant. L'ambiance est vraiment particulière, lourde, peut-être même un peu suffocante dans les minuscules corridors mal éclairés, avec une file de gens qui marmonnent à eux-mêmes et passent dangereusement proche des autres avec leur chandelle. Quand on ressort à l'air libre, c'est un peu un soulagement et on se rend compte à quel point l'expérience qu'on vient de voir est particulière, même si on ne comprend rien aux règles orthodoxes!

Après d'autres caves semblables un peu plus loin, on est revenus vers le centre du Lavra en passant par d'autres églises orthodoxes et par un escalier couvert interminable où des religieux vendent des icônes, des biscuits bénis (?) et des chandelles. Sur tout le terrain, des babouchkas pieuses et des prêtres barbus en soutanes noires circulent entre les touristes un peu perdus et les visites scolaires. Après être entrés par erreur dans un magasin de soutanes et chapeaux pour prêtres, on est montés au sommet du clocher d'une église, ce qui donnait une belle vue sur tout le Lavra, le fleuve, la ville et la tout-sauf-délicate statue de la Mère-Patrie! Quand on a quitté, une messe dans la cathédrale principale était retransmise par des hauts parleurs sur tout le terrain!

On avait rendez-vous avec Iulia à 18:00 parce qu'elle voulait nous remettre des cadeaux pour Pierre, Michelle et toute la famille! On lui avait spécifié la veille qu'il fallait que ce soit petit et léger vu qu'on était en backpacks mais elle avait acheté 4 bouteilles de vin, 5 sacs de thé géant, 5 barres de chocolat, un gâteau bien dense et 8 gros biscuits mous... Malheureusement, on a dû lui faire comprendre qu'on ne prendrait pas les bouteilles de vin parce que c'est lourd, ça prend de la place, c'est cassant et on ne veut pas s'encombrer de 3L de vin à passer par les douanes moldaves/roumaines/bulgares/roumaines/allemandes sans savoir leurs règles pour l'importation d'alcool... Déjà qu'avec tout le reste, ça alourdissait de beaucoup nos sacs qu'on tente désespérément de maintenir le plus léger possible... Mais bon, ils avaient été si gentils avec nous!

Comme la veille, les plans n'étaient pas du tout clairs avec Iulia et elle nous a fait comprendre qu'elle avait une réunion à 18:30 dans l'université au centre de la ville. Elle était déjà en retard mais ça n'avait pas l'air de déranger: "je lui donnerai une des bouteilles de vin!". En chemin, on s'est arrêtés dans une église qu'elle voulait nous montrer et elle nous a expliqué comment embrasser les pieds et les mains des icônes. On se sentait un peu imposteurs! Elle nous a aussi emmené dans le sous-sol de l'église où il y avait un tombeau. 

On a fini par arriver à l'université et on commençait à stresser par rapport à notre train à 21:00 parce que les plans n'étaient toujours pas clairs et qu'on avait peur que sa réunion dure longtemps! Iulia est vraiment une perle mais elle semble aussi très tête en l'air (à chaque arrêt, elle perdait ses clés d'auto dans sa sacoche)! Finalement, ce fut plutôt rapide et malgré le trafic et le bordel des rues de Kiev, on s'est rendus à l'hostel avec elle. On a dit au revoir aux gens, dont un militaire australien qui venait donner un coup de main aux soldats ukrainiens à Donetsk (!) et l'Américain du Missouri qui était excessivement content qu'on lui laisse du lait dans le frigo...!

Arrivés une demie-heure d'avance à la gare, on a dit au revoir et merci à Iulia, avant de se calmer les nerfs dans un petit resto de la gare. On est peut-être un peu TOC mais s'il y a bien une chose qu'on a apprise en voyage, c'est qu'on trouve angoissant de devoir reposer sur les autres et ne pas savoir à quoi s'en tenir, surtout quand on a des délais! On a pris place dans notre train vers Odessa, avec deux filles qui allaient profiter de la plage pour quelques jours!

2 commentaires:

  1. Prenez des photos et consommez sans remord et au plus vite. K

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  2. Hum...si perdre ses clefs d'auto dans sa sacoche = être tête en l'air...

    J'ai bien peur que le chapeau me fasse, encore faudrait-il que je l'attache avec de la broche...

    MM

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