mardi 14 juin 2016

Shabo et Bilhorod

Zdrastuyte! C'est MP!

Après notre visite d'Odessa, on avait prévu un daytrip vers un vignoble et une forteresse, à environ deux heures de la ville. Après avoir trouvé l'autobus de façon étonnamment rapide, on a fait la connaissance d'un jeune marin qui travaillait à Odessa et qui revenait chez lui à Bilhorod. Il était vraiment gentil, parlait super bien anglais et, après un certain temps, nous a proposé d'être notre guide pour nous faire visiter Bilhorod! Il nous racontait que le seul endroit où il avait été dans le monde était en Afrique lors d'escales avec un bateau cargo. Il avait l'air plutôt traumatisé de son expérience, et nous disait que ça ne valait pas la peine d'aller là et que c'était vraiment bizarre... Il faut dire que les pays "russia-like" ne sont pas connus pour leur grande ouverture d'esprit par rapport aux autres ethnies (quasi inexistantes ici) ou à l'homosexualité, par exemple... Le fait qu'il ait comme fond d'écran de téléphone un drapeau avec une croix gammée n'aidait probablement pas, détail que François ne m'a révélé que par la suite de peur que je ne veuille plus passer de temps avec lui...! 

On est descendus à Shabo, un village qui vit presque exclusivement de l'entreprise locale, le vignoble Shabo! Fondé en 1822 par des Suisses attirés par la disponibilité des terres agricoles, l'endroit est maintenant géré par des Géorgiens et a été complètement rénové. Tous les panneaux publicitaires de la ville concernent le vignoble, et la rue principale, la seule en asphalte, a fort probablement été financée par le vignoble car elle s'arrête juste après celui-ci. On était un peu d'avance donc on a mangé nos sandwichs maison contenant beaucoup trop de moutarde excessivement piquante et on a marché un peu dans le village. Ce dernier est situé sur le bord d'un genre de lac/baie, créé par une digue naturelle entre le Dniestr et la mer noire. C'est assez particulier comme formation! On a donc regardé un peu la vue, gâchée par des pylônes auquel aucun urbaniste n'a jamais réfléchi. On s'est aussi aventuré un peu plus loin dans le village vers les champs de vignes répartis sur quelques collines avec des arbustes éparpillés! Outre les vielles Ladas et la rue en terre, on aurait probablement pu se croire en Italie ou en Espagne!

Le vignoble en tant que tel est étonnamment moderne! Bien qu'on ait compris à peu près 0.1% du tour donné uniquement en Russe, on pouvait au moins apprécier l'endroit: grands jardins, cuves en stainless, système sophistiqué de tuyaux et d'écraseurs à raisin... On a aussi visité la distillerie, où on a pu sentir un excellent alcool à friction, selon mes goûts de fille qui déteste l'alcool fort! Le tour de la place durait en soi une heure et demie, menée de main de maître par un Ukrainien sans sourire et qui ne semblait pas particulièrement chercher à encourager la participation ou les questions. Le groupe était constitué surtout d'Ukrainiens (dont une fille au décolleté inimaginablement trop intense pour l'occasion) mais aussi d'un Suisse qui était là avec sa femme ukrainienne et qui semblait trouver le tour un peu aride. Le point culminant fut peut-être lorsque tout le groupe s'est assemblé autour d'une fontaine pour regarder un jeu d'eau et de lumière supposé symboliser les vendanges ou je ne sais quoi. Pas si impressionnant selon nous, contrairement aux Ukrainiens qui filmaient tous le moment avec grand bonheur. On se croyait revenus au Japon où tout est pris en photo, même soi-même faisant un peace devant une benne à ordures!

Il y avait aussi un musée, sur l'histoire du vignoble dont un vidéo en ukrainien et un autre traduit en anglais sur les choses à faire à chaque saison pour s'occuper des vignes. Bien intéressant! Il y avait aussi le cellier "royal" ou le roi Carol II de Roumanie est déjà venu (et où il a gravé sa signature sur un mur, le mal élevé).

Après le tour, la dégustation, dans un cellier tout neuf et épuré, très chic avec des lustres au plafond!
  • Vin blanc: super bon!
  • Mousseux: goût de savon Palmolive au citron mais moi j'ai quand même aimé. François pas mal moins par contre.
  • Vin rouge: iiish vraiment pas génial, mi-sucré pour plaire au palais ukrainien
  • Vin blanc sucré: correct
  • Vermouth: on a étonnamment aimé, sachant qu'on ne savait même pas ce qu'était cet alcool avant!
  • Cognac: François a aimé, pas moi parce que c'est trop fort pour mes papilles moumounes
L'ambiance de la dégustation était vraiment bizarre. Dès qu'on commençait à goûter à un vin, les madames commençaient à nous verser le suivant, ce qui faisait qu'on avait environ deux minutes pour boire chaque vin! En plus c'était pas des mini verres! Moi après deux je ne suivais plus la cadence et j'ai accepté le fait de ne pas être capable de suivre ceux dont le foie est plus habitué que le mien. La fille au décolleté plongeant était pompette après 2 verres, la face rouge et riant pour rien. Bon, peut-être que le fait qu'on se soit servis de l'eau qui servait probablement à rincer les verres n'a peut-être pas aidé à ce qu'elle garde son sérieux...! On n'est certainement pas des fins connaisseurs mais je suis prête à parier que ce genre de rush pour que tout le monde cale son vin en si peu de temps est inhabituel!

À la sortie, on a parlé un peu avec une Ukrainienne qui habite à Niagara City depuis 3 ans pour étudier! Elle était super fine, elle aussi! On a pu emprunter son téléphone pour rejoindre notre ami du bus mais finalement, il avait oublié qu'il avait un truc de famille cette journée-là. Après un saut aux toilettes du vignoble tellement neuves et propres qu'elles valent en soi le prix du billet d'entrée, on a flagué un bus vers Bilhorod, 30 minutes plus loin. Ce petit village de banlieue a certes une belle vibe, mais ne serait jamais sur le trajet touristique (déjà que c'est une attraction très secondaire d'Ukraine) si ce n'était de la forteresse Akkerman. Construite par les Moldaves, les Génois et les Turcs aux 13-15ème siècles, l'endroit paraît très bien, située devant la baie! À part quelques magasins de souvenirs, l'intérieur de la forteresse est plutôt vide. Alors qu'on se promenait tranquillement sur une partie des deux kilomètres (!) de murs, un gardien nous a dit de descendre. Quand on lui a fait remarquer qu'on n'était pas les seuls sur les remparts, sa réponse "tourists" fut peu convaincante. On a aussi marché autour de la forteresse en longeant le lac et en observant des gens qui faisaient du kayak en ce début de coucher de soleil!

Le ventre plein d'un bon kebab, on est arrivés juste à temps pour prendre un des bus vers Odessa. On était bien contents de revenir pas trop tard parce qu'on devait se lever à 5:00 le lendemain en vue d'un tour dans le delta du Danube! Malheureusement, le destin en a voulu autrement. En plus de s'être fait littéralement happer par l'Ukrainien collant et le vieil Américain dès notre arrivée à l'hostel, la fille de la réception nous a dit que le réceptionniste qui était là quand on est arrivés ne nous avait fait payer que les deux premières nuits, détail qui nous avait échappé. Et il ne nous restait pas assez d'argent! François est donc parti à la recherche d'un guichet pendant que je préparais nos sacs pour le lendemain. Après un bon 45 minutes, je commençais à être vraiment inquiète et à me faire des scénarios catastrophe, à temps pour voir revenir un Franco tout frustré de n'avoir trouvé que des guichets à l'intérieur des banques, donc fermés à cette heure... On a fait nos recherches avec Street View et la chose fut beaucoup plus rapide cette fois! Décidément, amener un iPad en voyage nous a sauvé bien des soucis!

C'est donc passé minuit qu'on s'est assoupis, redoutant déjà le réveil brutal aux aurores le lendemain!

Spokoynoy nochi!

3 commentaires:

  1. Chouette idée pour la SAQ: vendre du Palmolive dilué et gazéifié 15$ la bouteille! Brut, sec, demi-sec, doux?

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  2. Peut-être devriez-vous mieux rincer votre vaisselle?

    MM

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  3. Le jeune marin aurait-il aperçu un arc-en-ciel dans vos fonds d'écran?

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