lundi 20 juin 2016

Cricova

Bonjour, c'est MP! Je serai votre guide pour la visite d'un des grands vignobles de Moldavie!

Des fois je me dis qu'on devrait proposer nos services au Lonely Planet pour lui trouver des alternatives en transport en commun pour se rendre aux attractions qu'il propose, quand la seule option mise de l'avant est le taxi. Comme dans le cas de Cricova, où un bus public fait la route en 20 minutes pour 30 sous. Ok, le bus était dans un état lamentable, genre que le plancher était recouvert d'une trentaine de plaques de métal rouillé vissées au sol et que tout le tissu qui recouvre les bancs était troué. Mais bon. Ça vaut quand même la peine quand on se dit que la Slovène s'était informée et qu'une agence lui proposait l'aller-retour pour 40 euros...

Bref, après avoir rapidement quitté la ville pour tomber dans ce qui ressemblait à une campagne, on est arrivés dans la banlieue de Cricova! On était finalement d'avance pour le tour et on a marché, dîné et attendu un peu dans le village devant un lac situé au fond d'un canyon! Mis-à-part le fait que le lac avait l'air extrêmement swompeux, c'était bien joli!

Cricova est l'un des vignobles moldaves les plus connus connus, en partie à cause d'un réseau de tunnels, creusés au 15ème siècle dans le but d'extraire du calcaire. Dans les années 50, le propriétaire du vignoble a eu l'idée d'utiliser 60 de ces 120 km pour stocker et faire maturer le vin. À une température entre 12 et 15 degrés à l'année longue ainsi qu'avec une humidité de 97%, paraît-il que ce sont là des conditions idéales pour produire du vin de qualité! On accède aux tunnels en voiturette de golf, et sous terre c'est un vrai labyrinthe! Des tonneaux de vin sont empilés de chaque côté de la voie! Les rues principales sont nommées selon le cépage qui y est entreposé, mais sans guide, bonne chance pour trouver la sortie! 

Notre guide personnel nous a montré l'endroit où sont entreposés les vins mousseux (l'un d'eux ayant gagné deux ans de suite la médaille d'argent à un concours français) et nous a expliqué comment ils étaient faits. Grosso modo, ils sont vieillis à l'envers dans leur bouteille et une madame a comme tâche de les retourner de temps en temps jusqu'à ce que la lie se dépose au goulot. Après, le goulot est trempé dans l'équivalent de l'azote liquide pour que le liquide autour de la lie gèle. Puis la bouteille est retournée dans son sens normal et le bouchon temporaire est retiré. Avec la pression dans la bouteille, le bouchon de glace est projeté en dehors! Puis ils vérifient que le vin est bien devenu translucide et mettent le vrai bouchon de Champagne!

Il y a aussi eu un vidéo sur le vin et le vignoble puis on a fait un tour dans leur cellier de collection, qui comprend des bouteilles réservées à certaines célébrités qui sont venues visiter le vignoble (Iuri Gagarine, Vladimir Putin, John Kerry, Angela Merkel...). Ils ont aussi des bouteilles de la collection privée de Hermann Göring (leader nazi) qui avaient été subtilisées par les soviétiques et remises à Cricova pour être conservées comme pièces de musée... Il ont aussi plein de vieilles bouteilles genre 1902...

Après une visite de 3 salles de dégustation, ce fut notre tour de goûter! On était dans une salle au thème "sous-marin" pour célébrer le fait qu'il y a longtemps, la Moldavie était sous l'océan. C'était légèrement quétaine, avec des hublots sur les côtés et du sable au milieu mais bon... On avait l'air de deux monarques assis au bout d'une grande table! La situation d'être seulement deux à la dégustation, devant notre guide qui restait debout à nous regarder boire, me rendait plutôt mal-à-l'aise. On (j'ai) donc entretenu la conversation pour éviter les froids, elle était bien gentille! Les vins étaient super bons! Beaucoup de coches au-dessus du vin ukrainien! On a eu 1 blanc, 2 rouges et un mousseux, en plus de craquelins et de noix de Grenoble! Et ils ne sont pas radins: c'était probablement un 100 mL de vin par coupe! C'est donc plutôt pompettes (surtout moi) qu'on a terminé le tour, allant se reposer un peu sur un banc de parc avant de reprendre le bus, question d'avoir l'air encore plus alcoolos...! Loin d'être sûre d'aimer l'idée de me transformer en poivrot à une heure de l'après-midi!

Le retour à Chisinau s'est fait sans problème et on est retournés à l'appartement chercher nos valises, rencontrant la charmante femme de ménage au passage! On avait rendez-vous avec Andrei juste à côté où il travaille pour lui remettre les clés. On a finalement bu un café (je vais finir par aimer ça, faut croire!) dans le hall d'entrée! D'ailleurs, la première question qu'il nous a posé après nous avoir demandé comment avait été notre journée était "so, were you drunk?"! J'ai l'impression que la façon dont se finissent les tours des vignobles est connue de tous haha!

On a dit au revoir à notre fantastique hôte (qu'on a invité à venir nous voir au Québec!) et on a quitté vers la gare. Une chance qu'on s'était laissés du jeu parce qu'on en a eu besoin: acheter du pain pour pouvoir déjeuner dans le train, changer l'argent moldave qui nous restait (la changeuse nous a reconnus!), trouver le bon bus qui va vers la gare... Tout ça sous une pluie torrentielle! On est rendus pas pire pour mettre nos manteaux/installer les couvre-sacs/sortir les parapluies en 20 secondes!

On est arrivés un peu d'avance et on a pris place dans notre wagon, qu'on allait avoir à nous seuls durant tout le trajet! Le train partait à 16:45 et arrivait à 6:00 le lendemain. Vers 19:00 on était rendus aux douanes moldaves, où un douanier extrêmement bête nous a longuement observé, nous et notre passeport. Finalement, on était vraiment heureux de ne pas être arrivés en Moldavie via la Transnistrie, auquel cas on n'aurait pas eu de tampon d'entrée en Moldavie! À voir la face du douanier, j'aurais pas voulu avoir à m'obstiner avec lui sur le fait qu'on était entrés "illégalement" dans son pays!! Il y a aussi un médecin qui passait de wagon en wagon pour demander si on avait besoin d'un certificat médical...

Passé les douanes moldaves se produisait quelque chose d'un peu particulier: le changement de roues du train! Au 19ème siècle, la Russie a décidé d'utiliser des rails de largeur différente que dans le reste du monde, pour que s'il prenait à quelqu'un l'idée de les envahir, il ait à changer les roues ou les rails à la frontière pour y parvenir!  Intelligent mais plutôt chiant aux frontières de nos jours. Le train a donc été séparé en plusieurs sections, puis des cheminots se glissent sous les wagons pour dévisser les roues et tout ce qui se trouve sous le train. Puis les wagons sont soulevés par des crics jusqu'à une hauteur de deux mètres environ et les roues sont tirées sous le train par des poulies, laissant le train (et nous) flotter dans les airs! Les nouvelles roues plus distancées glissent alors sous le train et les cheminots les vissent à nouveau! Le tout précédé et suivi par une valse de wagons qui avancent/reculent sur différentes voies de largeurs différentes jusqu'à ce que tout soit conforme et près à continuer la route! 

Après cela, les douaniers roumains sont entrés dans le train, nous demandant de vider nos sacs pour leur montrer le vin qu'on avait acheté. Et puis on commençait à s'impatienter! Ça a été super long avant de retrouver nos passeports et le train a finalement redémarré à 22:15!! Trois heures et quart d'arrêt! Ce qui nous laissait peu de temps pour dormir d'ici à 5:30 le lendemain quand le contrôleur allait nous réveiller avant la gare... Sans compter qu'il faisait chaud comme jamais et qu'on n'avait pas la possibilité d'ouvrir une fenêtre dans notre cabine! Autant vous le dire tout de suite: on a mal dormi et pas assez :)

1 commentaire:

  1. La mesure pour empêcher l'entrée intempestive des non-invités en Russie est devenue une mesure de rétention du touriste jusqu'à ce que cette suspension l'indispose...

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