jeudi 19 mai 2016

Bran et Rasnov

C'est MP qui continue pour notre deuxième journée à Brasov (à prononcer Brashov)!

Notre journée à thème "médiéval" a joyeusement débuté par un déjeuner concocté par mon homme pendant que je roupillais, puis s'en est suivi un trajet de bus vers la gare de bus, du plus pur style soviétique en décrépitude avancée, dans un quartier affreux! De là, on a pris un autobus du même type que la gare, aux sièges initialement bruns couverts de saleté brune, vers le village de Bran. Ce village est sur la map car il abrite le "château de Dracula", même si en fait Dracula n'y aurait passé que quelques nuits lorsqu'il était de passage dans la région.

Dracula, célèbre protagoniste du roman de Bram Stoker, est inspiré d'un roi de Wallachie dans les années 1400, Vlad Tepes, dit Vlad l'empaleur. Comme vous pouvez vous en douter, ce dernier était connu pour sa cruauté car il appréciait particulièrement empaler ses ennemis Ottomans. Le père de Vlad Tepes s'appelait Vlad Dracul ("dragon" ou "démon"), et son fils était surnommé Dracula. Bram Stoker a mélangé cette histoire à la légende des vampires dans son livre qui se déroule en Transylvanie. C'est donc grâce à lui que la mémoire de Vlad Tepes existe encore, et les Roumains en sont plutôt fiers malgré son côté sordide car il représente la résistance et l'indépendance contre les Ottomans!

Le château de Dracula, le premier château médiéval que je visite, était bien impressionnant, surtout avec le ciel gris foncé auquel on a droit depuis notre arrivée en Roumanie. Par contre, je dirais qu'il est moins raffiné que celui qu'on a visité à Sinaia, en partie parce que la majorité des meubles et décorations ont été retirées pour être dans des musées. Reste que c'était vraiment chouette de voir tous les stratagèmes imaginés à l'époque pour défendre le château (herses, coulées d'huile bouillante, passerelles, meurtrières...). Il y avait aussi un peu de mobilier de l'époque, qui tentait de recréer l'ambiance (qui devait être froide et humide comme lors de notre visite). Il y avait aussi des panneaux explicatifs dont un super intéressant qui nous disait: "cette pièce contient un chandelier en argent, une commode italienne ainsi que des panneaux explicatifs". He bin!

Après notre visite, on a marché un peu dans les 2 rues du village puis on est allés manger dans un petit resto familial où on était les seuls clients. On a mangé une bonne soupe aux haricots et au lard! C'est vraiment du comfort food ici, et avec la température qu'il fait, on est bien contents de ça!

On a hésité quelques secondes à se rendre à une attraction touristique "château hanté" juste que pour François puisse rire de moi jusqu'à la fin des temps (j'ai un peu peur du noir, je l'avoue) puis on a marché un peu pour pouvoir admirer au loin une chaîne de montagnes enneigées qu'on avait pas encore eu la chance d'apercevoir à cause des nuages! En revenant sur nos pas, on a remarqué que deux cigognes avaient élu domicile sur une cheminée d'une des maisons, probablement depuis plusieurs années vu la hauteur vertigineuse de leur nid!

On a pris un bus (dans un léger meilleur état que le précédent) vers Rasnov, à une 20aine de minutes sur le chemin du retour. La place centrale, en rénovation extrême, nous faisait étonnamment penser à de petits villages du Pérou, avec ses rues piétonnes et ses maisons coloniales aux devantures en plâtre! On a entrepris une montée vers la forteresse locale, où on a bien failli ne pas entrer parce que la dame ne voulait pas nous donner de change pour un 100 lei (30$)...

En haut de l'entrée de la forteresse, je prenais une photo de François devant les hautes montagnes au loin quand un touriste hispanophone a dit tout bas et en blague "un poquito mas atras" ("recule encore un peu") alors qu'il y avait la falaise derrière! Le monsieur a été bien surpris (et un peu décontenancé) quand François lui a répondu qu'il comprenait ce qu'il disait haha! Que ça nous serve de leçon à nous aussi quand on oublie que les gens peuvent comprendre le français quand on est en voyage!

La forteresse était chouette, mais elle semblait moins authentique à cause de tous les stands à souvenirs qu'il y avait, ainsi que le groupe du secondaire qui hurlait et se garrochait partout pour acheter lesdites bébelles. 

Par contre, il y avait une exposition de propagandes des années 70 (dont plusieurs destinées à la France) sur le tourisme en Roumanie! Des dessins d'heureux bourgeois faisant du ski, aux décolletés plongeants "des belles de Roumanie" (et je cite), en passant par Ceaucescu inaugurant des monuments, c'était drôle à voir!

On est redescendus pour revenir tranquillement vers Brasov, où on a pu voir la ville sous le soleil pour la première fois!! On a un peu poussé notre chance en soupant sur une terrasse de la place centrale, où notre bonne humeur vacillait selon la présence de vent glacial ou de fumée de cigarette. Parce que bien sûr, on peut fumer sur les terrasses, et si vous pensiez que ça fumait beaucoup en France, hé bien la Roumanie est bien pire!! À mon plus grand malheur...

Pour digérer notre repas de crêpes frites fourrées de viande et de sauce tomate (miam!), on a marché un peu sur des sentiers le long des anciens murs fortifiés de Brasov, croisant quelques amoureux au passage. Mais on a dû revenir vers le AirBnB sous un déluge digne d'une mousson roumaine... Puis on s'est réchauffés avec un thé pour finir cette journée en beauté!

2 commentaires:

  1. Une cigogne pour souligner votre nouveau statut de tante et oncle. Je lève ma tasse au soleil de demain! K

    RépondreSupprimer
  2. Les groupes hurlants de jeunes du Secondaire semblent être caractéristiques de la culture locale. Heureusement qu'on n'a pas ça ici...

    Madeleine
    p.s.Vous avez bien mérité votre thé dans cette "mignonne petite place rénovée avec des murs de briques, dans le fond d'une cour"

    RépondreSupprimer