Salut! C'est François qui poursuit pour notre visite de Brasov!
En ouvrant les rideaux de notre chambre aux magnifiques tons de bruns et d'orange, on s'est rendus compte qu'il pleuvait encore... On dirait qu'il n'a jamais autant plu que lors de ce voyage! C'est donc sous une averse froide (10 degrés, bonjour l'été) qu'on a traversé Sinaia en direction de la gare. On a pris un vieux train épouvantable de malpropreté en direction de Brasov. Sérieusement, tout était sale et brisé dans les cabines, avec des déchets! Pour aggraver le tout, le chauffage était réglé à "fournaise de l'enfer": on suait à grosses gouttes à l'intérieur alors qu'on grelottait à l'extérieur, même avec la fenêtre ouverte! Cela dit, les paysages étaient très jolis, le train serpentant dans une vallée coincée entre les Carpates, en suivant une rivière bouillonnante.
Un peu plus d'une heure plus tard, on arrivait à Brasov, toujours sous la pluie battante. Quand on arrive du train, Brasov n'est pas un coup de coeur instantané, sachant que ce qui s'offre d'emblée au voyageur est une ville "nouvelle" au sens soviétique du terme. On a donc pris le bus vers le vieux centre historique. Ça nous a pris un certain temps à comprendre leur système de titres de transport, des genres de billets qu'il faut valider des deux côtés (mais parfois aussi à l'endos, un maximum de deux fois) et acheter au préalable. Enfin...
À notre arrivée dans la vieille ville, on a fui la pluie en allant manger dans un resto-cafétéria. Au menu, un véritable diner de champion: salade de chou, poitrine de poulet mélangée avec des légumes et surmontée d'un oeuf miroir, boeuf avec tranche de fromage sur le dessus, et patates rissolées grasses mais ô combien délectables. Après, on a attendus un moment, car on avait rendez-vous avec Christian, le Roumain à qui appartenait le AirBNB qu'on avait loué pour les prochains jours.
Quand ce fut le moment de se rendre à l'appartement, on a vite constaté que trouver un adresse, en Roumanie, ce n'est pas facile. Parfois les numéros sont sur les portes et portiques, parfois non. Parfois, la numérotation recommence sans raison apparente, ou change de côté de rue. Bref, quand on a finalement compris où était l'endroit qu'on cherchait, on s'est rendus compte que l'adresse correspondait... à une banque? On a demandé à une employée de la banque en question qui nous a confirmé que l'adresse correspondait bien à celle de son institution. À moins que... Elle nous a soudainement amené dans un couloir peu engageant, accessible de la rue juste à côté de la porte de la banque, et qui menait à ce qui avait tout l'air d'un immeuble désaffecté... "Ici aussi, c'est le numéro 5! Peut-être que l'appartement 19 est aussi ici?" Puis, elle est partie. Euh... Tout en étant très peu sûrs de notre affaire, on a fait le tour un peu partout, sans trouver de numéro d'appartement (sauf le 7, bizarrement). On s'est engagés dans une cage d'escalier à la recherche dudit appartement, mais j'ai convaincu Mémé de revenir sur nos pas car l'endroit était visiblement désaffecté. On a ensuite croisé des gars de la construction à qui on a demandé, sans trop y croire, où était le numéro 19. Ils nous ont fait comprendre qu'il n'existait pas! Un peu découragés, on s'apprêtait à partir quand finalement on a croisé Christian, qui venait à notre rencontre! "Je vous avais écris un message il y a longtemps pour vous dire de m'attendre lorsque vous serez face à la bâtisse!" (il y a longtemps = il y a 45 minutes, et naturellement on ne l'avait pas eu). Pas grave, rien ne pouvait attaquer la bonne humeur contagieuse de Christian, et il nous a ensuite mené à notre appart. Celui-ci se trouvait effectivement au 2e étage de l'escalier en apparence désaffecté. Sauf qu'il fallait franchir une porte menant à un galerie, puis entrer dans un corridor d'habitation de l'âge d'or, pour ensuite accéder à l'appart. On n'aurait jamais pu trouver seuls!
Comme dans plusieurs ex-pays communistes, il ne faut souvent pas se fier aux apparences. Malgré des aspects de vieux bâtiment en ruine, notre appart, un 1 1/2, était finalement une mignonne petite place rénovée avec des murs de briques, dans le fond d'une cour!
Après s'être installés, on est ressortis visiter Brasov sous la pluie froide. Le vieux Brasov est une ville médiévale entourée de murailles, bâtie à l'origine par des colons saxons (donc allemands). Avec ses vieux édifices patrimoniaux et ses rues en pavé, c'est vraiment une jolie ville (même sous la pluie)! On a visité la place centrale, puis on est sortis des murs pour se rendre dans le quartier de Schei, au sud de la ville, en passant par la porte éponyme. À l'époque médiévale, seuls les Saxons avaient le droit de vivre à l'intérieur des murs: les Roumains, eux, vivaient dans le quartier de Schei. On y a visité une vieille église qui sentait l'humidité (tout de même moins humide que l'extérieur, où il continuait à pleuvoir). Un stand y vendait des portraits d'hommes religieux: avec leurs longues barbes, on aurait juré des images de Raspoutine et de Dumbledore!
De retour à l'intérieur des murs, on s'est abrité un moment dans un petit café pour manger un éclair et un beigne. Les beignes roumains (qu'on trouve dans les "gogoserie") sont apparemment renommés: ce que j'ai mangé ressemblait à un pain frit sucré. Par la suite, on est allés se promener le long des murs, près de la montagne, en suivant un canal. On est montés admirer la vue sur Brasov depuis la tour noire (qui est en fait plutôt blanche), puis on est revenus en ville pour se balader un peu dans le parc central.
Il faisait toujours aussi froid et venteux, et c'est avec bonheur qu'on a pu profiter de la chaleur relative du supermarché, où on est allés faire quelques courses en vue de nos déjeuners. Parmi nos achats, nous avons eu quelques échecs: le fromage avait un goût de fromage andin (ce n'est PAS positif) et ce qu'on avait pris pour du beurre était en fait une pâte brunâtre et légèrement friable (à ce jour, on a aucune idée de ce que c'est!) On est revenus à l'appart par la grande allée piétonnière qui doit habituellement être couverte de terrasses, quand il ne fait pas 5 degrés avec de la pluie!
Une journée froide, grise et humide comme celle-ci méritait un peu de comfort food. On est donc allés souper au resto La Ceaun (le Chaudron), où on a pu déguster un délicieux plat de porc-saucisses-polentas et une tourtière aux champignons! L'endroit était vraiment génial en plus d'être bon et pas cher: on vous le recommande si vous allez à Brasov!
On vous parle du château de Dracula dans la prochaine entrée! À bientôt!
J'aime quand vous allez au supermarché. Au château aussi, bien sûr. K
RépondreSupprimerPour cette chronique que vous réussissez à rendre palpitante malgré le froid humide, Merci Moult!
RépondreSupprimerMadeleine
C'est toujours aussi intéressant vos chroniques: je suis accro !
RépondreSupprimerUne suggestion : le bloc friable ( pseudo beurre) pourrait-il être du Tofu ?
D.
Merci :)
SupprimerOn a finalement appris que c'était de la levure! Pourquoi ils gardent ça à côté du beurre dans un emballage qui ressemble à du beurre, ça reste questionnable!
Mais qui est "D."?!
C'est pas moi, cette fois. K
RépondreSupprimer