Rebonjour! C'est encore François qui écrit!
Après notre nuit où on avait littéralement l'impression de dormir dans un nightclub, on a pu profiter de quelques heures sans musique pour recharger nos batteries... C'était sans compter avec un Américain complètement saoul, revenu à 6h du matin, et qui gueulait des insultes dans son demi-sommeil! "Faggots!" "Fucking shit!" "Bitches!" Ce à quoi son ami deux lits plus loin répondait "Shut the fuck up!" La grande classe, et idéal pour dormir! À un moment donné, l'Américain est tombé de son lit (au premier étage) et a commencé à se battre avec son linge qui pendait au bord du lit! Un beau spectacle haha!
Tout ce cirque a fini par nous réveiller pour de bon vers 9h et après avoir déjeuner, on est partis explorer la capitale roumaine.
Comme je vous l'avais mentionné dans la dernière entrée, notre hostel était dans la vieille ville de Bucarest, un dédale de petites rues piétonnières plein de bars, de restaurants et de salons de "massage" aux enseignes explicites (oui, la vieille ville semble aussi être un genre de red light la nuit). On y a donc déambulé pendant un moment, en s'arrêtant au passage dans un petit monastère orthodoxe. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, on ne peut pas exactement dire que le vieux Bucarest est totalement revampé... Il y a encore pas mal de coins qui sont un peu ghetto: étonnant pour la partie la plus touristique de la ville!
Après un moment, on a débouché sur un parc, puis on a suivi un large boulevard stalinien bordé de grands arbres matures. On se serait crus à Almaty, au Kazakhstan! Au bout de cette grande avenue on est tombés face à face avec l'immense Palais du peuple, l'attraction numéro 1 à visiter à Bucarest. Le Palais du peuple est la manifestation la plus visible des délires mégalomanes de l'ancien dictateur communiste roumain, le tristement célèbre Nicolae Ceaucescu. Dans les années 1980, pour des raisons obscures, il a décidé que tous les organes politiques du pays devaient être réunis dans un édifice grandiose. Il a donc fait détruire tout un quartier historique de Bucarest et mobiliser une énorme partie de l'industrie nationale pour construire un immense bâtiment complètement inutile. En fait, c'est le 2e plus grand immeuble public au monde, après le Pentagone. Il s'étend sur plus de 300 000 m2 et compte 3100 salles! Aujourd'hui, il abrite encore le sénat et l'assemblée nationale du pays, et accueille régulièrement des sommets internationaux. Comme on nous l'a expliqué: maintenant que c'est construit, autant s'en servir...
On ne peut visiter le Palais du peuple qu'avec un tour guidé, et on s'est donc joint à un groupe d'une quinzaine de touristes pour faire le tour d'une partie des lieux pendant environ une heure. À l'intérieur, on trouve des salles et des corridors immenses, décorées de tapis, de boiseries et de marbre dans un style ancien. De grands chandeliers de cristal illuminent des pièces vastes comme des salles de conférence. Par contre, il y a peu de fenêtres et ça donne l'impression d'être dans une caverne sombre par moment. La guide nous expliquait un peu l'histoire et l'utilité des pièces, mais, surtout, elle s'informait à chaque 5 minutes si quelqu'un voulait aller aux toilettes! On a pas trop compris les raisons derrière cette obsession, mais bon... On a pu visiter la superbe salle de bal, alors louée par des adolescents pour un événement qui ressemblait à un Expo-Science version roumaine, mais avec des vêtements beaucoup trop chics, des déguisements d'abeille et une mascotte bouteille de ketchup. Puis, on a terminé la visite en faisant un tour au balcon surplombant l'avenue soviétique évoquée plus haut. Il y a une impression de puissance qui se dégage de ce promontoire qui domine la ville, et quelque chose me dit que c'était voulu... Il y avait un vieux monsieur britannique dans notre groupe qui avait un toutou de chien avec des lunettes fumées avec lequel il se faisait prendre en photo un peu partout. "Ah ça, c'est la mascotte de notre pub" nous a répondu un sympathique grand-père à barbe blanche l'accompagnant, "elle s'est rendue partout, de l'Australie à l'Irlande"! Pas mal comme concept: un voyage entre habitués de bar!
Il était l'heure de manger quand on est sortis, et on a avisé une genre de place à kebab pas trop loin où on a pu déguster la version roumaine du shawarma: poulet, sauce à l'ail, chou, salade de chou sucrée, frites et cornichons dans un pain pita. Heureusement que le bien aidant cuisiner nous aidait avec les plats! On s'en sort pas trop mal en roumain écrit mais il nous en manque quand même des grands bouts! On a été salués d'un "La révédéré" par le patron ("au revoir": c'est beau, non?) puis on est revenus un moment dans la vieille ville.
On a ensuite marché le long de la Callei Victorei, l'une des belles artères de la ville, jusqu'à la place de la Révolution. C'est du balcon d'un des édifices staliniens de la place que Ceaucescu a effectué, en décembre 1989, son fameux discours où, plutôt que d'être adulé comme les gens devaient faire, la foule l'a plutôt copieusement hué! Il a dû fuir en hélicoptère, seulement pour être fusillé quelques jours plus tard par les forces armées, qui avaient pris le parti des manifestants! Cet épisode sanglant (il y a eu de nombreux morts) a mis fin à près de 40 ans d'une régime communiste totalitaire en Roumanie, caractérisé par de nombreux abus et de grandes inégalités entre le peuple et les dirigeants. Bref, c'est un endroit émotionnellement très chargé de la capitale! On a aussi pu admirer le palais royal et la salle de concerts tout proche.
Après avoir relaxé un bon moment dans un parc en observant les gens, on est revenus vers l'hostel par des petites rues. On a visité en chemin un petite église orthodoxe, où on a été pourchassé par un minichien qui aboyait à tout rompre contre nous! Il a cependant vite réalisé qu'il n'était pas de taille quand il s'est rendu compte qu'il ne dépassait pas nos chevilles, et est donc reparti penaud d'où il était venu!
De retour à l'auberge de jeunesse, on a écrit le blog au café de l'hostel en buvant la bouteille de cidre offerte par la maison parce qu'on avait réservé d'avance! Dans notre dortoir, les Américains lourds du matin avaient évacué les lieux. Leurs lits étaient à présent occupés par une Américaine qui terminait un stage de 4 mois en Italie et par un Anglais en vacances, avec qui on a jasé un moment. On est ensuite allés manger dans ce qu'on pensait être un resto mais qui était finalement un pub. En tout cas le duo ragoût de poulet et saucisses dans une sauce tomate, avec mamaliga (un genre de polenta) + bière brune locale était un gagnant!
De retour à l'hostel, on s'est vite rendus compte que c'était vendredi parce que la musique de la boite de nuit d'en face était déjà assourdissante à 22h! En plus, les genre 40 jeunes du secondaire qui squattaient l'hostel avaient décidé de tenir un conciliabule prolongé en pleine nuit devant notre porte de chambre... Sérieusement, côté bruit cette auberge de jeunesse est probablement la pire que nous ayons faite! Et dire que nos cochambreurs dormaient sans bouchons d'oreille!
À bientôt!
Lourds plutôt qu'épais: nouvelle mode ou dimension supplémentaire de mise dans ce cas?
RépondreSupprimerLa révédéré! À la revoyure! K
Je gagerais que l'itinéraire de ce toutou aux lunettes fumées a croisé celui du nain de jardin du père d'Amélie Poulain.
RépondreSupprimerMadeleine