samedi 21 mai 2016

Poiana Brasov

Salut! C'est François!

Après avoir déjeuné à l'appart, on s'est dirigés vers l'arrêt de bus. Objectif de la journée: se rendre à Poiana Brasov, une petite station de ski des environs de Brasov où, selon ce que l'on avait lu, on pouvait faire de belles randonnées. Malheureusement, le temps de faire quelques achats pour le lunch, de saluer la fille du magasin de beignes où on avait pris un dessert la veille (qui nous avait visiblement apprécié) et d'obtenir nos tickets, on avait raté le bus de 3 minutes... Comme le prochain était dans une heure, on a décidé d'aller visiter la vieille forteresse qui surplombe la ville. On avait une très jolie vue mais, manque de chance, elle était fermée... Il y a des journées de poisse comme ça en voyage! Cela dit, on a appris par la suite que la forteresse (qui en fait contient normalement des bars et des restos) était définitivement fermée. À ce qu'on a compris, elle est d'ailleurs à vendre pour 3 millions d'euros: à qui la chance?

De retour à l'arrêt de bus, il était déjà midi et on a dévoré nos pizzas (nos lunchs sains de la journée) en attendant que le bus parte. Ça m'a donné temps de contempler une publicité étonnante, qui était inscrite sur le côté d'un autre bus. Il y avait une image de chat noir et on pouvait lire "Scary hairy pussy? Not anymore!"... et on donnait l'adresse d'un salon de beauté! Un peu suggestif? À peine!

On a ensuite démarré pour se rendre vers Poiana Brasov, le long d'une jolie route de montagne dans la forêt.   Une fois rendus à destination, on a fait un arrêt à l'info touristique pour savoir quels sentiers faire (en Roumanie, il y a à peu près 80 millions de sentiers balisés dans tout le pays, alors c'est pas toujours évident de choisir!). Les deux employés étaient définitivement trop aidants... mais, comme on a pu le constater par après, leurs infos pas tout à fait sur la coche! En partant, ils nous ont presque suppliés de signer leur registre de visiteurs: nous étions les deuxièmes de la journée, et il  était 13h! Il y avait peut-être un peu trop de staff pour cette période  de l'année!

Sur conseils de nos amis de l'info touristique, on comptait se rendre au sommet de la montagne de Poiana Brasov, descendre à pied et  ensuite repartir à pied vers Brasov. On s'est donc rendus vers une première télécabine (celle indiquée par l'info touristique), mais elle ne fonctionnait pas et on a donc dû retraverser tout le petit village pour se rendre à l'autre téléphérique! Poiana Brasov est à l'image de ce qu'on peut s'attendre d'une station alpine européenne: plein d'hôtels en forme de chalets suisses,  des restos, des écoles de ski... Ça doit grouiller d'activité l'hiver, mais, en mai, c'est plutôt tranquille (malgré les efforts du resto "The Ambiance" qui tentait justement de mettre de l'ambiance en diffusant sa musique de club sur sa terrasse vide). Seule différence qui vous indique que vous êtes en Transylvanie roumaine et non en Suisse: le village compte une église orthodoxe typique du Nord du pays (région de Maramures), une petite construction toute en bois avec un très long et mince clocher. Ça et les t-shirts souvenirs de Dracula!

On  a attendu un bon moment avant que le téléphérique ne parte. Au final, on était 6 personnes, dont un gars qui avait le vertige et qui n'était pas super à l'aise quand on était très haut au-dessus des arbres haha! Fait cocasse, on nous a encore parlé en roumain! En fait, on nous prend souvent pour des Roumains depuis le début du voyage et on nous aborde d'abord dans cette langue, avant de voir qu'on ne comprend rien et de changer pour l'anglais! Bref, sans nos gros sacs, on passe donc pas mal inaperçus apparemment! Le téléphérique nous a laissé au sommet. Il faisait déjà froid cette journée-là (10 degrés), mais en haut il devait faire près de 0! On s'est rendus sur un piton rocheux où on avait une superbe vue à 360 degrés sur toute la région! En redescendant, preuve qu'il faisait froid: il s'est mis à neiger! De la neige à la mi-mai!

On a ensuite amorcé notre descente le long du chemin qui suivait ce qui est  une piste de ski l'hiver. Après 15 minutes de marche, on a vu à 100 mètres, sur une étendue gazonnée, ce qu'on a d'abord pris pour des chiens errants: deux petits gris et blancs, et un gros roux. Les chiens sans laisse ou errants sont assez communs en Roumanie, et, comme vous le savez, je ne suis pas vraiment à l'aise avec les chiens... Quand l'un des chiens gris s'est mis à courir vers nous, on a ramassé des pierres juste au cas, et il s'est arrêté à environ 75 m avant de retourner voir les deux autres restés en retrait. Comme une autre famille arrivait, on a préféré passer tous ensemble devant lesdits animaux, question d'être plus imposants!

C'est là que ça nous a frappé. En pleine montagne, entourés de forêts, on n'avait pas affaire à des chiens, mais à des loups! On avait devant nous une louve (celle avec le pelage roux) et deux louveteaux (ceux qui était gris), qui nous regardaient passer attentivement! 

En effet, un panneau explicatif avec images nous a confirmé le tout quelques centaines de mètres plus loin! On savait qu'il y en avait dans la région, mais on ne pensait jamais en croiser, surtout si proche!

On s'est remis de nos émotions en jasant avec la famille d'Allemands avec qui on était passés devant les loups. Le reste de la descente a été sans histoire, avec de très beaux paysages. De retour à Poiana Brasov, on avait faim et on s'est arrêtés pour manger une spécialité locale, un kurtos kalacs sucré aux noix. En gros, c'est un genre de gros tube creux de pain sucré et c'est très bon!

Rassasiés, on a débuté notre marche vers Brasov à travers la forêt. Ici encore, on parlait fort pour que les ours (et les loups!) nous entendent bien venir et nous évitent! Ça n'a pas intimidé un gros hibou brun, qu'on a pu observer facilement à 10 mètres de nous, perché dans son arbre!

Après une heure de marche, on a atteint le fin fond de la vallée de Brasov (où est située la ville). Avec les montagnes et la forêt tout autour, les petites maisonnettes colorées donnaient vraiment l'impression qu'on venait de déboucher dans un village! On a marché pendant une bonne heure avant d'atteindre notre appart, ce qui nous a fait découvrir un jolie partie de Brasov généralement ignorée par les touristes.

Pour souper, Mémé avait envie d'autre chose que de la bouffe roumaine, et une offre alléchante d'un rouleau impérial pour 1 leu (30 sous) l'avait incité à suggérer qu'on aille au (seul) resto chinois de Brasov. Pourquoi pas? Sachant qu'il y avait un Institut Confucius juste à côté, on s'était dit que ce pourrait être bon! Finalement c'était plus un fast-food, les plats étaient vraiment salés et les rouleaux impériaux minuscules! Les nouilles étaient bonnes par contre, mais, globalement, ce fut un échec! 

De retour à l'appart, on a jasé un moment autour d'un thé avec notre volubile hôte, Christian. Les Roumains sont généralement bien aimables, mais il faut d'abord briser la glace et aller au-delà de leur air sérieux ou de l'indifférence qu'ils arborent d'emblée. Christian faisait exception car il parlait beaucoup avec grand enthousiasme! Par contre, même s'il se considérait davantage Danois que Roumain (il a vécu 20 ans au Danemark), reste qu'il était très roumain dans sa manière très franche d'aborder des sujets que l'on jugerais délicats chez nous!   Il nous a ainsi raconté pourquoi il a dû rester à Brasov plutôt que retourner au Danemark:
"Avec la fille avec qui je couchais, on ne se protégeait pas parce qu'elle avait des règles irrégulières, donc elle est tombée enceinte"! Il nous a aussi dit à quel point les Roms (les tziganes, qui sont nombreux en Roumanie et qui forment une frange pauvre et méprisée de la population) n'étaient pas travaillants...

La suite bientôt!

3 commentaires:

  1. Après la forêt, les loups, le hibou, le village coloré, ça prenait des mets chinois et Christian pour vous ramener au XXIe siècle. A-t-il eu droit à une leçon de contraception 101 ou cours pré-nataux? K

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  2. Loup, hibou, choux : ça ressemble à une comptine mais il faut être prudent tout de même en Roumanie !

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  3. François, j'ai l'impression de t'entendre présenter un discours préparé! C'est magique, ce blogue, ça me fait voyager, merci d'avoir partagé!
    Stephanie

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