lundi 16 mai 2016

Sinaia

Bunâ ziua! C'est Marie-Pascale!

Pour rattraper comme il faut notre décalage horaire, on s'est levés vers 9:00, rejoignant nos chers teenagers hurlant dans les corridors. D'ailleurs, l'une d'elle a eu droit à un regard-qui-tue de ma part. Non mais tsé, tu as beau ne pas avoir encore complété ta puberté, tu dois au moins savoir que ça ne se fait pas hurler quand d'autres dorment à côté?

Pendant que je complétais nos bagages (admirablement petits et légers comparé à la Patagonie, j'en suis bien fière), François est allé s'informer sur le meilleur moyen de se rendre à Sinaia, notre prochaine destination. Malheureusement, c'était un backpacker américain bénévole qui était à la réception et celui-ci a laissé de côté sa bible pour "aider" François à grands coups de "dude" et de "man". Peu utile pour les choses pertinentes ("just take the train, man"), il s'est mis en tête de donner beaucoup trop de détails sur les randonnées possibles à Sinaia. "Dude, you gotta tell your girlfriend you've got a surprise for her, man" en parlant d'un des sentiers en montagne. François a fini par s'en débarrasser puis a reçu un "have a good life, man"!

On s'est donc dirigés vers le métro de Bucarest pour se rendre à la Gare du Nord (même s'il n'existe aucune Gare du Sud). Le prochain train était dans 1h15, alors on a passé le temps dans un parc à côté puis on a dîné dans un resto libanais. Les Roumains ont l'air de vraiment tripper sur la bouffe moyen-orientale parce qu'il y en a vraiment partout! La fille était super sweet et nous aidait à traduire le menu. On va finir par être bon pour reconnaître les mots en lien avec la nourriture en roumain! 

Parlant de roumain: c'est une langue latine donc à l'écrit, on peut parfois comprendre certains mots qui sont semblables avec le français. Mais à l'oral, c'est une toute autre chose! Il y a beaucoup de "ch" et on dirait que leur phrase au complet est formée d'un seul mot! Alors qu'on devenait pas pire avec merci ("multumesc"), on a appris que "merci moult" et même "merci" fonctionnaient aussi! 

Vers 12:15, notre train soviétique est parti en direction des montagnes un peu plus au nord du pays. Le paysage est plat, plat et plat. Avec des champs partout, quelques forêts et des petites maisons rapidement après qu'on soit sortis de Bucarest. On a aussi croisé une grosse raffinerie, car, comme une majorité d'entre vous doit le savoir, la Roumanie a du pétrole sur son territoire!

Après 1h30 de train (en compagnie de deux touristes dont un lisait des manuels sur La montée du capitalisme, Le pourquoi de la division sexuelle du travail et L'anarchie de la théorie à la pratique), nous sommes arrivés à Sinaia. Il s'agit d'un ancien lieu de retraite royale roumaine, où le Roi Carol 1er y a fait construire son palais d'été. 

Comme il faut constamment s'améliorer dans la vie et en voyage, j'avais noté quelques hôtels en dehors de ceux proposés par le Lonely Planet parce qu'ils donnaient peu de choix tentants. Malheureusement, un seul des choix notés était sur une rue qui était inscrite sur la carte du guide... On a tenté de s'y rendre le long d'une grosse route désagréable où les autos roulaient vite mais on ne l'a jamais trouvé. On s'est donc finalement rabattus sur un des choix du guide, une place correcte! La prochaine fois: noter d'avance le lieu sur la carte!

Par après, on est allés explorer une des grandes attractions de la ville, le château Peles, une merveille de Roumanie selon le guide! En effet, c'était vraiment magnifique! Il ressemblait à un château de conte de fées, avec des poutres en bois, des terrasses et des tourelles! Le prochain tour en anglais était dans 25 minutes, donc on s'est finalement joint à un tour en espagnol! Finalement, ça avait l'air d'un tour privé pour un autobus de l'âge d'or espagnol! Le château, construit pendant 39 ans à partir de 1875, était aussi magnifique de l'intérieur! Des hauts plafonds, des boiseries, des peintures de Gustav Klimt, de l'or, des tapis, des sculptures, de l'électricité, du chauffage et un aspirateur central (pour vrai). Le roi avait l'air de pas mal tripper sur les armes et les armures, et il y avait aussi des pièces décorées selon les styles français, turques, arabes, orientaux... Ceausescu s'est servi des lieux pour recevoir Nixon, Ford, Kaddafi, Arafat...

On a fini par être repérés dans le groupe et quelques Espagnols nous ont jasé ça, bien contents qu'on parle espagnol, et nous ont invités à poursuivre le voyage avec eux dans leur autobus nolisé! C'était bien gentil à eux, mais vous aurez deviné qu'on a décliné l'invitation...

En sortant du château, le déluge nous attendait, ainsi que quelques Québécois déçus d'être arrivés trop tard pour visiter le château! On a marché un peu sur les terrasses et on s'est dirigés vers un autre château, construit quelques année plus tard pour le Roi Ferdinand. Il avait l'air joli mais il était trop tard pour le visiter, et comme dit le Lonely Planet, il a "a hard time" comparé à l'autre château juste à côté qui attire toutes les foules! Encore sous la pluie, on est revenus tranquillement vers le centre de Sinaia en se perdant dans les petites rues construites sans grande logique.

C'est vraiment une mignonne petite ville avec de magnifiques villas, ou du moins de villas anciennement magnifiques. Comme un peu partout dans le pays, à ce qu'on a remarqué jusqu'à présent, il y a des merveilles architecturales qui mériteraient un sérieux retapage et qui rendraient les villes encore plus belles! On dirait que ces villas sont des mini-châteaux, en pierres des champs, avec des tourelles aux toits carrés, avec des cours remplies de lilas mauves et blancs!

On est revenus à l'hôtel pour que je me sèche un peu les pieds (seconde note à moi-même: acheter des souliers imperméables). Puis on a mangé dans une cafétéria self-service, concept qu'on apprécie particulièrement vu qu'on peut associer le plat au nom inscrit! On a mangé des poivrons farcis, des genres de cigares au chou sans sauce tomate (sarmale), et un ragoût. Après, on a marché dans le parc de la ville, rempli d'arbres matures et entouré d'hôtels chics et d'un casino. Il y avait aussi quelques stands où on a finalement acheté un genre de brownies deux couleur à une dame bien sympathique!

Avant de revenir dormir, on a fait un arrêt par le monastère orthodoxe de la ville. On est tombés en pleine messe (ou du moins, ça ressemblait à ça). C'était la première fois qu'on assistait à une célébration orthodoxe et disons que c'est très différent de ce à quoi on est habitués! D'abord, il n'y a pas de bancs, juste des chaises le long du mur. Les moines ont tous des longues barbes et chantent pendant que les gens font la file pour embrasser une icône, faire le signe de croix et se pencher face à l'autel. Et il y a des icônes partout dans l'église! 

Le lendemain, on a fait notre visite officielle à l'info touristique, où l'employé "over-helpful" comme disait le guide s'est fait un plaisir de nous expliquer que certains coins de la montagne étaient trop dangereux à cause de la météo pour aller y marcher cette journée-là, en nous fournissant moult statistiques. On savait que les montagnes roumaines sont pleines à craquer d'ours bruns, et quand on l'a questionné à ce sujet, il n'a pas été super rassurant...
- En cette saison de l'année, ils sont hautement imprévisibles
- Si vous les voyez, ne faites rien. Il n'y a rien de particulier à faire
- La différence avec le Canada, c'est qu'ici ils sont habitués aux hommes. Ils savent qui vous êtes et ce que vous transportez dans vos sacs. Ils n'ont peur de rien, même pas des autos
- Au moins, à cette période de l'année, les mamans se cachent dans la forêt car leurs bébés sont trop jeunes

Suivant ses conseils, on a pris le téléphérique vers le sommet d'une des montagnes, à 2000 mètres d'altitude. En haut, la végétation était plutôt alpine, avec du gazon et des touffes de végétation par-ci par-là. Au moins on allait pouvoir voir les ours de loin! Malheureusement, on ne pouvait pas bien voir le paysage parce qu'on était au-dessus des nuages! On a croisé étonnamment peu de gens sur les sentiers pour un dimanche, mais on a pu rencontrer de près un renard qui ne semblait pas du tout impressionné par notre présence... Si les ours ont aussi peu peur de nous que les renards, ça va mal notre affaire...

Après 1h30, on est arrivés à un village, où on a dîné et jasé à deux randonneurs qui nous ont dit qu'ils étaient Allemands alors qu'ils étaient clairement Roumains (?). On s'est informé sur place si c'était sécuritaire de revenir par un autre chemin vu la météo très changeante. On nous a dit qu'il n'y avait pas de problème mais de "faire du bruit" pour les ours. En effet, ce trajet était beaucoup plus longtemps dans la forêt que celui qu'on prévoyait initialement prendre. On s'y est aventuré puis après quelques mètres, on a décidé de rebrousser chemin parce qu'on se faisait des peurs avec les ours. Je sais pas si on est trop moumounes mais on était semi à l'aise avec la (forte) possibilité de rencontrer un ours qui n'a pas du tout la même façon de réagir que ceux du Québec...

Le brouillard s'étant déplacé, le chemin de retour vers Sinaia nous donnait de beaux points de vue sur les montagnes et la vallée! Il y avait encore de la neige à quelques endroits! Comme dans les villes où je repère les noms de rue alors que François nous guide, je me suis approprié la tâche de guetter les ours!

La végétation est graduellement passée de style toundra, à forêts de sapins puis de bouleaux! C'était bien agréable! Surtout qu'au final, on n'aura pas croisé d'ours! On est finalement arrivés tout près d'un des deux châteaux de la veille et on est revenus vers l'hôtel en parcourant d'autres rues de la ville. On a reposé un peu nos pieds endoloris à l'hôtel puis on est revenus au parc pour manger dans un des stands de nourriture! On a mangé des saucisses avec une espèce de choucroute aux tomates et des légumes grillés! À date la bouffe roumaine est "comfort food" mais bien bonne, avec beaucoup de viande et de chou!

Brasov à venir!

5 commentaires:

  1. Même Alexandre Dumas n'était pas satisfait de son guide de voyage: " -Comment, il n'y en a pas? Voyez ce que dit mon Itinéraire: "Arth, grand et beau village du canton de Schwyz, au bord du lac de Zug, entre le Righi et le Ruffiberg, auberge de l'Aigle-Noir. On y est très bien, bon poisson!" Voyez, bon poisson, c'est imprimé!" Et vous suivez ses traces - même s'il était en Suisse à ce moment-là - en nous parlant de ce que vous trouvez - ou pas - à manger. Pétrole, châteaux, ours... des côtés de la Roumanie que j'ignorais. Multumesc! K

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  2. J'aurais dû vous l'offrir avant votre départ
    http://unom.info/racine/#/home
    K

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    1. Te connaissant, tu te feras un plaisir de le lire :)
      On a croisé quelques rues nommées en son honneur justement!

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  3. A votre place, j'aurais loué les services d'une fanfare locale, pour vous précéder dans ce sentier. Faites cette suggestion aux locaux: les touristes pourraient ainsi connaître les airs folkloriques du coin tout en étant protégés des ours.

    Madeleine
    p.s. Marie-Pascale, te souviens-tu des promenades dans le parc des Grands Jardins?

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    1. Haha oui bien sûr! On a demandé à l'info touristique si c'était pertinent d'avoir une cloche et il a dit que ça ne changerait pas grand chose ;)

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