Suceava et les églises peintes
Salut, ici Marie-Pascale!
Nous sommes partis du chouette hostel de Iasi, encore complètement vide d'employés ce matin là, après avoir mangé du muesli moyennement bon laissé par d'autres voyageurs dans le compartiment commun... On s'est rendus vers la gare, où on a encore eu de la difficulté à comprendre le système pour acheter nos billets. Depuis le début du voyage, soit il faut acheter nos billets de bus dans la gare, soit dans une petite cabine de transport en commun, soit directement dans l'autobus au chauffeur, soir dans l'autobus à une madame, soit en entrant ou sinon en sortant... Et on a toujours pas trouvé de logique!
Après 3h de bus où ***il a plu***, on est arrivés à Suceava, notre dernière ville de Roumanie. On a entrepris de trouver un hostel, étape beaucoup plus difficile que ce qu'on pourrait penser! La place était située dans un amoncellement de blocs soviétiques, séparés par des allées verdoyantes (et bien jolies!). Bien sûr, un bloc sur 10 avait une adresse indiquée et malgré le fait qu'on ait fait le tour trois fois, on a jamais trouvé d'affiche... Quelqu'un nous a finalement aidé à trouver l'endroit, où un papier sur la porte nous disait d'appeler pour qu'on nous ouvre... Heureusement, ils avaient mis le code wifi et on a téléchargé une application sur le iPad pour pouvoir passer un appel. Une dame nous a répondu et s'est présentée quelques minutes plus tard! Hilala, ils nous simplifient vraiment pas la vie en Roumanie!
On a mangé dans une cafétéria très bien juste à côté de la gare. Avec tout ça il était déjà 14h! On est partis en bus (***il a plu***) vers Gura Humorului, une bonne base pour visiter deux des "monastères peints" du coin. La dame de la gare parlait un anglais parfait et nous a expliqué les horaires de bus/train de retour.
Alors qu'on marchait vers le centre, ***il a plu***. Avant que mes pieds ne soient trop imbibés, on est arrêtés à l'épicerie prendre deux sacs à fruits pour mettre dans mes souliers... On y a aussi acheté du chocolat ukrainien pour se sentir moins mal d'avoir volé deux sacs de plastique et pour se remonter le moral avec cette température!
Gura Humorului est une petite ville, mais elle contient quand même un Best Western, pour accueillir les tours qui viennent dans la région pour les églises peintes. Nous, on s'en est servis en remplacement de l'info touristique, pour y trouver carte et informations sur comment se rendre aux monastères! On y a appris qu'il y avait une maxitaxi (bébé-bus) juste en face qui pouvait nous amener à l'un d'eux! Il partait justement (sous ***la pluie***), et on a partagé la route avec plein de madames qui semblaient commérer sur les nouvelles de la semaine!
Le premier monastère, Humor, est encore entretenu par des moniales, dont une à l'entrée parlait super bien français! Construites au moyen-âge, les églises peintes ont été populaires dans ce coin de pays. Comme les turcs étaient une menace pour la région à l'époque, plusieurs soldats habitaient dans les villages. Ils étaient analphabètes (comme les paysans), donc les moines ont commencé à peindre des scènes de la Bible partout sur les murs pour qu'ils puissent comprendre ce qui se disait à la messe. Les églises étaient petites, alors pour éviter de devoir en construire des plus grandes pour que tout le monde puisse entrer, ils ont aussi peint l'extérieur de l'église pour pouvoir suivre la messe de dehors!
C'était vraiment intéressant, surtout à l'intérieur où les peintures sont mieux conservées! Ça ressemble à des carrés de bande-dessinée, où chaque scène est entourée d'un contour et se suivent grosso modo entre elles! En réalité, la première salle était vraiment glauque: 3 personnages sur 4 se faisaient trancher la tête (et tenaient leur propre tête décapitée d'un air neutre), d'autres se faisaient écarteler, empaler, crucifier... Puis les autres pièces étaient plus classiques, avec des dessins plus politiquement corrects disons. Aussi, un des côtés extérieurs de l'église relate la bataille de Constantinople.
On est montés dans une tour de garde à côté, juste à temps pour éviter ***la pluie***. Ça nous laissait apprécier le paysage autour du monastère, très bucolique! Après le déluge, on est revenus attendre l'autobus, où le même chauffeur nous a finalement ramenés vers le centre. De là, on a marché environ 5 km pour se rendre au deuxième monastère, Voronet. Les petites maisons dans cette région ont souvent un puit richement décoré (et probablement décoratif maintenant). Le chemin était lui aussi bucolique, en campagne, et traversait une rivière en crue (habituellement sèche nous a-t-on dit) où de l'eau plus brune que celle de l'Amazone emportait avec elle des dizaines de bouteilles et de déchets! Ici aussi les égouts ont refoulé!
Le deuxième monastère était plutôt semblable au premier mais l'intérieur était encore plus beau car les cases étaient plus petites, ce qui donnait l'impression d'être plus rempli! Le temps de revenir vers le parking, ***la pluie*** reprenait de plus belle. Il nous est venu comme idée de demander l'asile politique à un autobus de tour guidé de Français, où on s'est fait accueillir par nos cousins! On les a accompagnés en bus jusqu'au retour en ville, nous évitant une bonne heure et quart de marche sous l'apocalypse! On les a laissés au Best Western, allant de notre côté manger des crêpes fourrées style cannellonis en attendant l'heure du train.
Puis on est partis de la mini-gare pour revenir à Suceava, d'où on a pris un bus local qui a dû faire toutes les banlieues de la ville avant de nous laisser à la place centrale, complètement déserte après ***la pluie***!
On a fait un tour à la gare pour l'horaire de bus du lendemain avant de revenir complètement crevés à l'hostel! Avec le recul, il fallait vraiment vouloir: ça nous aura pris 8h pour visiter deux monastères! Mais bon, je dois vous avouer qu'on aime pas mal ça devoir se dépêtrer pour trouver un moyen que nos choses fonctionnent alors qu'on a pas d'indications claires ;)
On a jasé un peu avec la seule autre backpacker de l'hostel, une Japonaise (de la ville de Takayama qu'on a visité au Japon!), puis on s'est couchés complètement morts!
L'Ukraine pour la suite!
PS.
Commentaires épars en ce dernier jour en Roumanie:
- Les babouchkas sont extrêmement cutes : elles portent toujours un foulard sur la tête!
- La Roumanie, c'est vraiment un pays rural: mis à part Bucarest, les villes sont généralement petites et partout où on va, on tombe rapidement en campagne.
- Dans les parcs, il y a des tables d'échec où des papis se rencontrent par trentaine pour jouer des parties endiablées!
- Un grand bravo aux chauffeurs de taxi, qui nous ont gossé une seule fois et qui, à part une fois où ils ont failli écraser François dans un tournant, s'arrêtent toujours aux passages à piétons!
J'ignorais que la mousson se rendait en Roumanie. À moins que ce ne soit le déluge. K
RépondreSupprimerVous croyez qu'ils ont utilisé de la peinture à l'eau?
RépondreSupprimerLes hostilités ont repris entre l'Arménie et l'Azerbaidjan quand vous avez décidé d'y aller. Des pluies torrentielles font que les infrastructures roumaines sont débordées ou éclatent. On dirait que vous avez le chic pour réveiller des forces occultes...
RépondreSupprimerHeureusement que vous quittez la Roumanie, j'aurais eu peur qu'on vous en chasse...
MM
p.s. l'Ukraine n'a qu'à bien se tenir!
Salut les amis. Nous avons pris un peu de retard dans la lecture de vos aventures mais nous avons toujours autant d'intérêt. Un gros merci de nous faire partager ces merveilleux moments de vos vies trépidantes. Lorraine et Jean (dimanche le 5 juin )
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