Salut! C'est François!
Ce matin-là, on a fait la grasse matinée à Suceava puis on a déjeuné dans l'hostel. On pourrait presque dire qu'on avait un grand appart à nous tout seuls, sachant que nous étions les seuls dans la place! On pouvait se lever tard car, la veille, on nous avait indiqué que le bus vers Chernivtsi, la ville ukrainienne où nous nous rendions, partirait à 13h de Suceava. S'il y avait bien un bus, toutefois, car il n'était pas impossible qu'il n'y en ait pas, selon le Lonely Planet, sachant que c'est une ligne pas trop courue... On s'est donc rendus à la gare pour qu'on puisse nous confirmer qu'il y avait bien un bus. "Oui, il est dehors" nous a indiqué la guichetière. Parmi le tas de bus qui attendaient à l'extérieur, un seul détonnait par le fait qu'il avait l'air à la fois très vieux et plutôt pourri... Et comme de fait, c'était bien ce rutilant bolide qui se rendait à Chernivtsi à 13h! Ukraine, here we come!
On a été récupérer nos trucs à l'hostel, puis on a mangé dans le self-service en face de la gare. Un gars louche nous a offert du parfum sous le manteau... Ici, plusieurs Ukrainiens revendent en contrebande en Roumanie des produits qu'il achètent moins cher en Ukraine...
On s'est bien installés dans nos vieux bancs sales puis l'antiquité qui tenait lieu de bus s'est ébranlée vers la frontière. Un sympathique monsieur moustachu collectait l'argent, tout en confirmant à notre voisin visiblement curieux que nous étions bien étrangers! Le même gars a fini par nous jaser un peu et par nous inviter à dormir dans son hôtel dans le village ukrainien où il habitait...
Après 1h30 de route, on est arrivés à la frontière. On vous avoue qu'il y avait une certaine appréhension à l'idée d'aller en Ukraine. Après tout, toutes les nouvelles qui nous parviennent de ce pays font généralement état de guerre, de troubles politiques... Même si on savait que la réalité était assez différente, on avait tout de même une certaine crainte... et une certaine excitation en même temps! Et on s'attendait à ce que le passage à la frontière soit un peu compliqué. Finalement, ce fut assez simple! Un soldat ukrainien trop sérieux a regardé nos passeports un instant, puis est parti avec tous ceux des passagers. On s'attendait à passer à la questionnette, 2 touristes étrangers entrant dans le pays par un poste frontière un peu perdu... Mais il n'en fut rien et l'autobus est reparti sans trop d'attente. On était maintenant en Ukraine!
La route pour se rendre à Chernivtsi était étonnamment pas trop mauvaise et, au premier abord, il était difficile de voir que nous étions désormais hors de Roumanie. Cela dit, certaines différences ont fini par apparaitre plus clairement. D'abord, on croisait maintenant de vieilles Lada et de vieux camions soviétiques, comme aux Stans! Surtout, les panneaux étaient désormais en cyrillique, ce qui était un changement assez majeur! Par contre, la pluie, elle, continuait de nous suivre!
Moins de 3h après notre départ de Suceava, on est arrivés à Chernivtsi. Et là, l'atmosphère post-soviétique était palpable. C'est difficile à décrire pour qui n'a jamais été dans l'ex-URSS, mais on le voit dans l'habillement des gens, leur attitude, les inscriptions en cyrillique, l'architecture des blocs appartement, les vieilles voitures, un certain chaos généralisé... On avait des flashbacks des Stans, et ça nous plaisait pas mal!
Mais avant d'explorer, on avait un problème plus urgent: sortir de l'argent. Mémé "logisitique" Messier Harbec avait identifié avant de partir qu'une banque en particulier nous permettait de retirer de l'argent sans frais, et on est donc partis à la recherche d'une succursale d'UkrsiBank. Sauf qu'on était désormais en Ukraine, et qu'ici, contrairement à la Roumanie, personne ne parle anglais! Par contre, généralement ici les gens sont heureux d'aider des voyageurs perdus! Des gardes de sécurité d'un autre banque ont fini par nous faire comprendre en rigolant où on devait se rendre, et on a pu retirer nos précieux hrivinas, après avoir essuyé une bonne averse!
On pourrait croire que Chernivtsi est une ville soviétique comme les autres avec ses blocs en béton affreux, et c'est un peu l'impression qu'on a en arrivant à la gare, dans les faubourgs de la ville. La réalité est cependant tout autre. Chernivtsi est une ville qui a été construite par les Austro-Hongrois, et dont les magnifiques bâtiments pastel au centre ont été bien restaurés. Avec ses vieilles rues en pavés, la ville est en fait pleine de charme!
Notre guide nous donnait l'adresse de l'hostel où nous comptions nous rendre. Cependant, sur place... il n'y avait rien. Après un moment, on a fini par trouver une vieille porte rouillée près de laquelle un graffiti "hostel" avait été taggé sur un mur. Mais rien d'autre, et impossible d'ouvrir la porte. Avec ce maigre indice, on est allés gosser les propriétaires des commerces voisins, et l'un d'entre eux nous a finalement ouvert la porte. À l'intérieur, une cage d'escalier sale et mal éclairée, qui semblaient désaffectée... Mais comme on vous l'a dit, les apparences en Post-Soviétie sont souvent trompeuses, et on a rapidement trouvé la porte de l'appartement où était situé l'hostel! On y a été accueillis par la très sympathique Valentina, une Roumaine qui étudie en droit à Chernivtsi et qui s'occupait de l'hostel. On a jasé un moment avec elle, et en français en plus vu qu'elle le parlait un peu! On a aussi fait la connaissance de Ryan, un biker américain qui voyageait depuis l'Australie en moto. Il nous a raconté qu'il avait eu accident en Inde où il s'était brisé la cheville, en nous montrant la cicatrice que ça lui avait laissé au pied. Pour un face à face avec un camion, disons qu'il a été incroyablement chanceux! Autrement, l'hostel était bien, et la chambre était couverte de posters de propagande et de drapeaux, à mon plus grand bonheur!
On était déjà en fin d'après-midi, mais on voulait tout de même visiter l'attraction phare de Chernivtsi: son université. Oui, oui, son université. Simplement, ce n'est pas un édifice comme les autres! Bâti par les Austro-Hongrois pour les religieux orthodoxes de Chernivtsi, il a été converti en université à l'époque soviétique. C'est son style architectural qui le distingue: on dirait un mélange psychédélique de briques brunes et à motifs, à mi-chemin entre un monastère et un château! On y trouve des créneaux, de longues fenêtres étroites, de grands escaliers en marbre, des salles pleines de colonnes, de longs couloirs... On se croirait à Poudlard! Pour ajouter à la magie, un orchestre jouait dans l'une des salles lors de notre passage! Un bien bel endroit en tout cas!
On s'est baladés un moment dans les jardins de l'université, puis on est revenus vers le centre avec sa tour à horloge via les jolies rues pavées. On a à peine eu le temps de visiter une église qu'un déluge apocalyptique s'est abattu sur la ville! De peine et de misère, on a trouvé refuge dans un supermarché, où on a acheté de quoi déjeuner. Ce qui m'amène à vous parler des prix. Le hrivna a été fortement dévalué depuis la guerre avec la Russie, en 2014. Ce qui fait en sorte que l'Ukraine est très, très bon marché pour nous! Quelques exemples:
- Prendre le bus public: 0,15$
- Un repas complet au resto: 3-4$
- Un lit à l'auberge de jeunesse: 5$!
Autant vous dire que c'est bien moins cher qu'en Roumanie, où les prix n'étaient déjà pas trop mal!
Une fois l'averse terminée, on a cherché un endroit où souper le long de la jolie rue piétonnière qui forme le coeur de la ville. On s'est finalement décidés pour un resto ukrainien où le bien aimable et souriant serveur, qui pratiquait de son mieux son anglais avec nous, nous a servis de gros plats nourrissants de polenta-crème sûre-bacon-champignon! J'ai goûté la bière blanche locale (très bonne) et on s'est gâtés avec des gâteaux pour dessert. Coût total? 4$ par personne. Le rêve!
On est ensuite revenus à l'hostel où on a jasé avec les gens et écrit le blog avant de mettre fin à nos activités de la journée.
Verdict, après quelques heures en Ukraine: les gens sont sympathiques, c'est beau, peu touristique, on y mange plutôt bien et c'est pas cher. Je pense qu'on va se plaire ici!
Il ne manque que la fin de la pluie pour vous croire au paradis. K
RépondreSupprimerNous lisons Dumas en Suisse, qui semble faire écho à vos propos: "depuis notre départ, il pleuvait à verse, et le cheval et le conducteur refusèrent obstinément de faire un pas de plus, sous prétexte, la bête, qu'elle entrait dans la boue jusqu'au ventre, et l'homme, qu'il était mouillé jusqu'aux os." D'ailleurs, Dumas dessine un champignon et se voit apporter... un parapluie. K
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