Dobryden! C'est François qui continue pour notre 2e journée à Kiev!
Après avoir déjeuné à l'hostel, on s'est lancés en direction du quartier de Podil. Kiev est une ville bâtie en haut et en bas de quelques collines qui surplombent le fleuve Dniepr, qui traverse la ville. Podil est en quelque sorte la "basse-ville" de Kiev. Détail amusant: son nom réfère à la fente de la jupe d'une femme. Tout comme la fente est située sur le bas de la jupe, Podil se trouve en bas de la colline! Pour s'y rendre de notre hostel, on a emprunté l'une des artères les plus célèbres de la ville, la descente Andrivski Uvkiz. Le Lonely Planet indiquait qu'il s'en dégageait un certain air de Montparnasse, à Paris. J'ignore si c'est vrai (je n'ai pas souvenir de m'être baladé dans ce quartier parisien) mais en tout cas c'était une bien belle rue en pente, envahie par des vendeurs de souvenirs et par des peintres! On en a profité pour acheter une matriochka, l'une de ces poupées russes en bois qui s'emboitent l'une dans l'autre. Naturellement, les étals débordaient de vieux artefacts soviétiques... et également de souvenirs à thématique nazie. Ce n'est pas la première fois qu'on en voit, mais à chaque fois on se pose la question: quel touriste achète véritablement un fausse casquette d'officier de la Waffen-SS? On peut comprendre la fascination pour la deuxième guerre mondiale et-ou pour ce régime barbare, mais y a-t-il vraiment une si grande demande pour qu'autant de vraies et fausses reliques de cet époque soient à vendre dans les endroits touristiques (sachant en outre que l'Ukraine a particulièrement souffert sous le joug nazi)? En tout cas...
Cette promenade nous ayant ouvert l'appétit, on s'est arrêtés pour manger à la Pousata Kata, notre chaîne de cafétérias préférée en Ukraine (on a dû y aller presque 10 fois depuis notre arrivée au pays). C'est parfait parce qu'on voit ce qu'on commande et que c'est tout le temps différent! On a ensuite traversé un genre de marché en plein air, avant de rejoindre le Dniepr. Pour des standards européens (et même québécois), le Dniepr est une grosse rivière. Ses méandres forment plusieurs îles en face de Kiev, que les Soviétiques ont eu l'excellente idée de ne pas développer et de transformer en grands parcs plein d'arbres (comme quoi ils étaient également capables d'urbanisme intelligent)! Il y a aussi plusieurs belles plages qui sont investies par les Kieviens (ça se dit?) lors des belles journées chaudes, comme c'était le cas aujourd'hui. On a marché le long du boardwalk jusqu'au vieux funiculaire bondé par lequel nous avons quitté Podil pour retourner sur les hauteurs, juste derrière le monastère St-Michaël que nous avions visité la veille.
De là, on s'est promenés dans le parc qui longe le flanc de la colline, sous le couvert des grands arbres (Kiev est décidément une ville pleine d'espaces verts). De temps à autre, on avait une vue magnifique sur le Dniepr et sur les mornes immeubles d'habitation soviétiques des banlieues (d'expérience, le beau et le laid se côtoient de près en ex-URSS!) Notre balade nous a amené vers ce qu'on pense être un stand de recrutement de l'armée (en tout cas il y avait pas mal de soldats et de prêtres aussi, bizaremment) puis vers l'arche un peu moche sous laquelle se trouvait deux ouvriers soviétiques main dans la main. Selon le Lonely Planet c'était le parc de l'amitié russo-ukrainienne (!), mais on nous a aussi dit que c'était le parc de la paix entre les nations... Quoiqu'il en soit, l'endroit était tapissé de drapeaux ukrainiens et de "slava ukraini!" ("Gloire à l'Ukraine!"), mais aussi de dessins d'enfants pour la paix. On restés un moment écouter un show de danse et de chanson ukrainienne en plein air et on a observé les gens qui se lançaient du parc et traversaient le Dniepr en tyrolienne haut dans les airs!
Par la suite, on s'est pris une limonade à l'un des vendeurs de rue. Le gars voulait me mettre de la liqueur de fraise dedans (de la liqueur de fraise dans une limonade??) et je ne voulais pas, mais il ne comprenait pas, et j'ai finalement cédé quand il est devenu clair qu'on se dirigeait vers une confusion totale. Le tout sous les moqueries de Mémé, évidemment: "laisse-le faire sa job!" Finalement je ne l'ai pas regretté, et ça nous a permis de nous rafraîchir pour la suite! On est sortis du parc à côté du parlement ukrainien, la rada, et on a marché dans les beaux quartiers de Kiev (où on a notamment croisé une maison qu'on aurait dit construite en palettes de chocolat).
On est ensuite passés par un checkpoint militaire (complet avec le camion de soldats, les barrières et tout) pour accéder à la place en face du palais présidentiel. De l'autre côté de la rue se trouve l'édifice le plus étrange de Kiev: la maison des chimères. En fait, c'est une maison à laquelle l'architecte a ajouté des sculptures d'animaux partout sur la façade! L'effet est bizarre et étonnant, mais pas laid malgré tout! En revenant vers la place Maydan, on a déambulé le long de l'avenue Institukaya, transformée en mémorial à ciel ouvert aux héros de la révolution de 2013-2014. C'est sur cette rue que la plupart des visages entourés de chandelles que l'on voyait avaient trouvé la mort...
On s'est reposés un moment sur la rue Khreshchatyk, l'artère principale de Kiev, en écoutant un vieux cosaque jouer de la bandura (une genre de guitare à 32 cordes), avec lequel Mémé la gérontophile est tombée en amour. Puis, on est allés visiter l'un des must de Kiev: la cathédrale Ste-Sophie, magnifique complexe religieux turquoise de style byzantin et surmonté de dômes dorés.
La journée achevait, mais on devait auparavant aller acheter des billets de train de nuit pour notre prochaine destination: Odessa, sur la mer Noire! En chemin, on a croisé un resto géorgien où on a décidé de casser la croute! Bouchées à la betterave, shots de vodka offerts par la maison, ragoûts de viande et de poulet accompagnés de vin rouge et de lavash (l'excellent pain géorgien): ça a été un excellent souper! La cuisine géorgienne est délicieuse et relevée: il faut absolument importer ça au Québec!
Comme d'habitude, acheter nos billets de train n'a pas été facile, mais on s'en est sortis et on est revenus à l'hostel où on a écrit le blog. C'est à ce moment-là qu'on a reçu un message de mon oncle Pierre qui nous disait qu'il pouvait nous organiser une rencontre avec Iulia, une Ukrainienne qu'il connaissait! Mise en contexte: au milieu des années 1990, Pierre, qui est médecin, a visité l'Ukraine pour remettre en mains propres l'argent d'une campagne de financement pour les enfants de Chernobyl (si j'ai bien compris). Il y a rencontré une famille d'Ukrainiens dont la fille, Iulia (16 ans à l'époque) est ensuite venue passer quelque temps chez lui, au Québec. Ils sont par la suite demeurés en contact sporadique. Quand il avait su qu'on partait pour l'Ukraine, Pierre nous avait dit qu'il tâcherait de nous organiser quelque chose avec Iulia. Il l'avait maintenant contactée en lui disant qu'on était à Kiev, et elle attendait notre appel (elle parle heureusement français)! On lui a donc téléphoné en empruntant le téléphone du gars de l'hostel et on a convenu de se voir le lendemain. Ce qu'on allait faire était plutôt imprécis, mais on allait se rencontrer!
À bientôt!
Oui, la descente St-André a l'air de ressembler un peu à Montparnasse. Il y a une grosse église en haut (à la place du Sacré-Coeur), et des peintres partout!
RépondreSupprimerEt, oui, il paraît qu'on dit Kieviens.
Dépensez-vous vraiment toutes les calories que vous absorbez???
Probablement pas!
SupprimerTout un contraste entre la poupée, la limonade et la maison en chocolat... et la place Maydan, le contrôle militaire...K
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