vendredi 3 juin 2016

Les Carpates

Salut c'est Марі-Паскал!

On a bien commencé notre journée par un bon déjeuner de Bed and Breakfast puis le proprio de la place s'est proposé pour aller nous mener à la gare. On a attendu avec lui que l'heure du bus arrive, retardant le moment d'entrer dans le bus suffoquant! En plan B de la randonnée au mont Hoverla (on avait pensé aller là mais on nous avait dit qu'il nous fallait un guide), on avait comme idée de faire le tour des villages situés dans les Carpates et de voir les montagnes d'en bas! Notre premier arrêt était Kosiv, un village surtout connu pour son marché matinal. On a visité ce qui en restait, s'achetant des bonnes fraises au passage! Un autre bon vendeur du marché: de l'aneth! Cette chère herbe que l'Ukraine (et les Russes) semblent avoir tatouée sur le cœur! Sérieusement, il y en a paaaartout! Systématiquement chaque plat en a, le beurre à l'ail (pampushky) a de l'aneth dedans, des chips à l'aneth, des vendeurs ambulants en vendent des bottes... 

Une autre section du marché était consacrée aux souvenirs Hutsul, l'ethnie majoritaire de la région. Parmi fourrures, produits en bois, bas de laine et poupées russes, on a choisi de se ramener un œuf peint (en bois...) bien joli!

Le village avait un manque flagrant de restaurant mais notre odorat a su repérer les effluves sortant du supermarché, où on s'est fait un super bon snack avec plein de salades préparées! Comme dans plusieurs pays où on a voyagé, les salades sont le seul moyen d'ajouter une touche de verdure à nos repas sinon bien riches en gras et protéines... Et contrairement aux Stans, l'Ukraine a une bonnes variété de salades et de plats, par contre ça complique la lecture des menus en cyrillique! On a mangé le tout un peu à côté de la place centrale, devant un caca de chien... C'était le seul endroit avec de l'ombre...

En revenant vers la gare, on a vu une autre "exposition" sur la place centrale avec des photos de la révolution à la place Maydan et des photos des gens décédés qui venaient du village de Kosiv.

Notre lift vers Verkhovyna était un vieux bus scolaire richement décoré aux couleurs de l'Ukraine/icônes/toutous de chiens/collant Playboy, conduit par un vieux papi à moustache qui tenait cellulaire de la main gauche et cigarette et bras de vitesse de la main droite. Demandez pas comme il tenait le volant, mais il parvenait quand même à éviter les nombreux nids de poule de cette route qu'il doit connaître par cœur!

La route était magnifique, dans une vallée verdoyante entourée de forêts vierges et de petites maisons en bois foncé décorées avec de la dentelle en tôle argentée sous les toits! C'est drôle à dire mais la campagne ukrainienne a l'air plus riche que la campagne roumaine! Les paysages sont aussi plus jolis du côté ukrainien! On est descendus un peu après la babouchka qui nous avait fait la conversation pendant un bout de temps sans qu'on n'en comprenne un mot...

À Verkhovyna, on avait noté une adresse potentielle de Guesthouse et on avait même téléchargé une carte hors connexion sur Google Maps comme des vrais pros! Arrivés à l'endroit où se trouvait une des deux, rien. Rien qui ne ressemble à la place, aucun signe, personne autour n'est au courant que la place existe... Ça doit être la rue d'après? Rien non plus. On demande à la pharmacie, elle nous dit que c'est près de la gare. On demande dans un café, une des clientes semble nous dire "c'est moi la proprio de cette guesthouse!" mais nous pointe grosso modo la direction sans plus... On marche donc dans l'autre sens, c'est à dire complètement à l'opposé de où la carte indiquait. Et n'essayez pas de leur demander de pointer sur la carte, c'est systématiquement un échec, même avec le policier et le soldat à qui on a demandé... Après 1:30 de gossage à demander à l'entièreté de la ville sans que personne ne parle un traitre mot d'anglais, on a finalement trouvé la place, qui n'était visiblement pas la même qu'on cherchait initialement! C'était très bien et pour 10$ la nuit pour deux, on avait une maison à nous!

Quand la pluie a un peu faibli, on est sortis pour flatter un bébé chaton et pour marcher autour du village, aux pieds des montagnes et de part et d'autre d'une petite rivière! Bucolique mais peut-être moins nature que ce qu'on aurait espéré, sachant qu'on voulait initialement faire un peu de randonnée... 

Pour souper, on a opté pour le resto de l'hôtel chic tout neuf de la ville, qui donnait une belle vue des environs vu sa hauteur! On a pu admirer de hautes montagnes enneigées au loin, les petites maisons dans les montagnes environnantes, une grand-maman qui marchait difficilement à un rythme de 1mètre/minute! La serveuse était abusivement mignonne mais elle ne parlait aucun mot d'anglais. Elle attendait patiemment qu'on commande en souriant à côté de la table, et comme on se sentait un peu pressés de décortiquer le menu en cyrillique, on a opté pour de la pizza et pour un vin ukrainien (Inkerman) qui était bien bon! La serveuse trop cute a visiblement cherché sur Google Translate parce qu'elle nous a par après récité quelques phrases du genre "pizza is ready 10 minutes" ou "want something?" apprises par cœur!

On a terminé la soirée en écrivant le blog sur le balcon de la guesthouse devant les montagnes, appréciant particulièrement le fait que pour une fois, on se faisait "protéger" par le chien de la maison plutôt que de se faire japper après quand on marche dans la rue!

Le lendemain, on allait avoir un déjeuner ukrainien préparé par la famille et on se demandait bien ce qu'on allait avoir. Quand on avait demandé à la jeune fille de la place ce qu'elle aimait manger le matin, elle avait répondu "de la viande"! On a finalement eu des pancakes de patates avec de la viande à l'intérieur, une soupe poulet et nouilles, du fromage (style andin) et de la crème fraîche.

On s'est informé de l'heure du prochain bus à la gare et on a passé le temps en marchant le long de la rivière. On a aussi déambulé dans les dédales du marché local, achetant un essentiel: un parapluie en remplacement du nôtre qui s'apprêtait à rendre l'âme!

Notre prochain arrêt était Vorokhta, un autre petit village à partir duquel on peut se rendre au Mont Hoverla, la montagne qu'on aurait voulu monter initialement! Le village en soi n'est pas particulièrement attractif, c'est mignon mais rien de particulier à mentionner! On est partis marcher dans les petites rues de campagne juste en sortant de la rue principale, croisant au passage un défilé funéraire. C'était en soi spécial parce que le cercueil était déposé à l'arrière d'un vieux camion soviétique Kamaz kaki et rouillé et la procession (et des chiens errants) suivaient le camion! 

Pour dîner, on a opté pour un restaurant qui publicisait un type de soupe dont on avait entendu parler. Erreur. C'était tellement gras! Mon plat baignait littéralement dans l'huile et un des ingrédients principaux était le "salo". Le salo, du gras de porc, est très prisé en Ukraine parce qu'il était anciennement une alternative économique à la viande. Il peut être nature, frit, roulé dans les herbes, sucré... Un vrai délice ;)

Avant de prendre le train (tellement plus agréable que le bus), on a marché le long du Prout! Le trajet en train était vraiment beau, les rails passant par d'autres routes que les bus! Ça permet de voir la campagne de plus près, et on est encore fascinés de voir les gens dans les champs avec leur faux! Beaucoup de terrains ont encore des pics où ils font sécher (?) le foin! Les paysans ont l'air de travailler vraiment dur, on les voit semer et labourer à la main! Et comme en Roumanie, il y a encore des carrioles tirées par des chevaux!

En sortant du train à Yaremche, on a compris pourquoi les gens se poussaient pour entrer: la sempiternelle pluie diluvienne! Heureusement, celle-ci n'a duré qu'une dizaine de minutes. On a vite compris que Yaremche est le Niagara Falls des Carpates. Des hôtels à n'en plus finir, des gens qui veulent vendre des tours et une vraie foire de stands à souvenirs devant ce qu'on pensait être une grosse attraction vu la foule... Le tout menait à des "chutes", qui étaient en fait des rapides sur une rivière de taille plutôt normale, sans paysage extraordinaire autour... Hé bin... 

Le proprio de l'hôtel à Kolomyya nous avait parlé d'un sentier de rando qu'on a cherché pendant un bon moment. C'était vraiment beau! Et même si le tout nous a pris une heure à faire, on était quand même contents d'avoir pu marcher un peu dans la nature. La forêt ressemblait beaucoup à chez nous: des conifères et des bouleaux surtout! On arrivait à de grandes falaises rocheuses, mais le sentier était en soi plus joli! En redescendant, ce fut encore le déluge. J'vous le jure!

Comme il se faisait tard, on avait peu envie de remarcher le 3 km vers la ville puis de se rendre au nord à la gare. On a croisé une madame qui semblait attendre un bus juste devant où on était et, par hasard, elle se rendait aussi à Kolomyya! Après une bonne demie heure, le bus bondé a fini par arriver et nous a trimballé vers notre destination pendant une heure et demie.

Rendus à Kolomyya, on a soupé puis on est revenus au Bed and Breakfast plutôt crevés. Ces journées avec plusieurs arrêts sont souvent éreintantes et au final, on s'est dit que notre virée dans les villages était un peu un ersatz de la randonnée qu'on aurait voulu faire dans les Carpates si on avait pas eu besoin d'un guide... 

Lviv pour une prochaine fois!

4 commentaires:

  1. La prochaine fois que je me promènerai dans un bois de conifères et bouleaux, je me dirai: ah! on se croirait à Yaremche.

    La prochaine fois que je traverserai une rivière: c'est sûr qu'un jeu de mots immature me viendra à l'esprit...

    Madeleine

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  2. Les guides se sont-ils tous perdus?

    MM
    Une question qui se pose...

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  3. "En redescendant, ce fut encore le déluge. J'vous le jure!" Comment ne pas te croire quand on voit les inondations, même à Paris. Votre nouveau parapluie tiendra-t-il jusqu'à la fin de votre voyage? K

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  4. Dumas écrit: "- Ils étaient donc venus pour voir la chute; en conséquence, le matin, ils prirent un guide, quoique ce soit tout à fait inutile de prendre un guide, il y a une grande route de vingt-quatre pieds de large; mais le propriétaire du Faucon d'or leur avait dit: "Milords, il faut prendre un guide!" "Vous comprenez, parce que le guide fait une remise à celui qui lui procure des pratiques." Alex prend très souvent des guides, surtout en montagne. K

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