dimanche 26 juin 2016

Munich et le retour au Québec

Salut! C’est François qui clôturera ce blog en vous décrivant nos dernières heures de voyage!

À Bucarest, on avait choisi de dormir à distance de marche de l’aéroport parce que notre vol décollait à 6h du matin… On était donc péniblement debout vers 3h, une hérésie que seuls les voyages permettent de justifier! On a quitté notre chambre à 3h45, et on a été porter nos clés au gardien de l’hôtel, qui dormait. Enfin, plus quand on est arrivés, car les portes grinçaient tellement qu’elles auraient réveillé même le dormeur le plus insensible au bruit! On a aussi poussé notre luck en demandant « Sandwich? » au gardien… et celui-ci est immédiatement revenu du back store avec nos deux collations haha!

On a traversé l’autoroute et l’entrée de l’aéroport sans problème, malgré le fait qu’il faisait bien noir et qu’il n’y avait personne hormis deux gars bizarres qui attendaient l’autobus… Par contre, l’aéroport était, lui, bien en activité! S’il y a bien un endroit qui demeure actif 24h/24, c’est bien un aéroport, et c’était pratique pour nous dans les circonstances!

Pour gagner du temps et dormir 30 minutes de plus, on avait fait le check-inn au préalable et on avait nos cartes d’embarquement sur le Ipad. On savait que c’était une arme à double tranchant, car ça sortait de l’ordinaire et on risquait donc que ça entraîne toutes sortes de tracasseries administratives. Mais bon, on voulait dormir quelques précieuses minutes de plus. Comme de fait, au moment d’enregistrer nos bagages, la préposée plutôt bitch a tout de même voulu faire le check-in. Quand elle a compris qu’on l’avait déjà fait, elle nous a méprisé en roulant des yeux et en soupirant : « Oh, vous avez DÉJÀ fait le check-in... ». Ben oui, on vient de te le dire! Pas besoin de nous traiter comme si on était de parfaits crétins! Et ce n’était pas fini. Au moment de mettre mon sac sur le convoyeur, la fille m’a demandé de resserrer les ganses. Ce que je fis. Visiblement, ce n’était pas à son goût, parce qu’elle a elle-même fait des noeuds dans les ganses que je venais de resserrer. « See, this IS tied! » qu’elle m’a ensuite dit, baveuse, s’arrogeant ainsi le titre de bitch-of-the-week par acclamation. Franchement, qu’est-ce que ça coûterait d’être un minimum agréable avec les gens quand tu travailles au service à la clientèle d’un aéroport et qu’il est 4h du matin??

On a attendu notre vol en dormant à moitié, après avoir visité un peu le terminal question de se dégourdir les jambes. À noter que l’aéroport de Bucarest possède des fumoirs, où les adeptes de la cigarette peuvent s’encrasser les poumons entre eux. Il faut saluer cette excellente initiative qui permet à tous les non-fumeurs de ne pas augmenter inutilement leurs chances d’attraper un cancer, mais il faut aussi penser à un système efficace d’évacuation de l’air vicié! Ça faisait malheureusement défaut, alors la fumée se répandait pas mal autour du fumoir… En tout cas, ça partait d’une bonne idée… (Mémé: ma fibre santé publique est au contraire totalement contre l'idée des fumoirs de manière générale!)

Le vol Bucarest-Munich s’est fait sans histoire, mis à part le fait qu’on était assis à côté d’une Roumaine d’une soixantaine d’années qui avait mauvaise haleine et qui avait l’air fort peu avenante. Arrivés dans l’étincelant terminal de Munich, ladite madame, qui semblait pas mal perdue, nous a tendu ses billets en nous disant « Where gate Toronto »? Ben, euh, on sait pas nous, c’est la première fois qu’on vient ici nous aussi… Il y avait une télé où les départs étaient indiqués, mais le sien n’apparaissait pas encore car il partait visiblement plus tard cette journée-là. On avait moyen envie de l’aider parce qu’elle était pas mal bête mais on l’a tout de même envoyée vers un employé de l’aéroport, qui s’en est occupée un moment. Avant de passer les douanes allemandes, la madame nous a retrouvés et a à nouveau recommencé son manège pour savoir où était sa porte d’embarquement! Mais on ne le sait pas plus que tout à l’heure, madame! Mémé a néanmoins remarqué qu’il y avait une borne où on pouvait parler en direct - comme par Skype - avec un agent de renseignement de l’aéroport (c’est le type d’invention géniale qui te fait aimer l’efficacité allemande). « No talk English, no talk English » nous a répliqué notre madame avec un air de boeuf, quand on lui a désigné la borne. Mémé a alors gentiment accepté de communiquer avec l’agent pour connaitre le numéro de gate du vol de la madame. Quand on a finalement obtenu l’information, on l’a alors transmis à notre madame fatigante… et elle a alors tourné les talons, sans même dire le moindre petit merci. Rien. Elle est juste partie, elle et son air bête. Wow. Désagréable ET impolie. Way to go, madame.

Après cet épisode, on a passé les douanes en un clin d’oeil (« Welcome to Germany! » avec un grand sourire) et on était donc fin prêts à explorer Munich pendant nos 9h d’escale! Mais d’abord, trouver le train vers le centre. Après un très long arrêt pour acheter des billets (Waouh, 17$ pour 35 minutes de train, ça nous faisait regretter les tarifs ukrainiens!), on a pris le train vers Munich. Évidemment, le train était pile poil à l’heure, question de faire honneur à la précision germanique! Le trajet était bien joli et nous faisait découvrir depuis notre fenêtre les beautés de la campagne bavaroise! Arrivés à destination, on est descendus à Marienplatz pour se trouver nez-à-nez avec le superbe édifice néo-gothique de l’hôtel de ville! 

Avec tout ça, notre déjeuner (à 4h du matin) commençait à être loin, et les viennoiseries des cafés étaient bien tentantes. On s’est donc baladés dans le vieux Munich en grignotant des bretzels au fromage-bacon! Munich est une bien jolie ville: le centre regorge de vieux édifices, d’églises, de places sympathiques et de petites rues tortueuses. Il y a aussi de beaux jardins bien proprets, et un parc immense (Englisher Garten) plein d'arbres où il fait bon se promener. Deux rivières pleines de courant traversent le parc, et c’est en voulant traverser l’une d’elles que l’on est tombés sur quelque chose d’assez inusité: du surf urbain. En effet, l’une des rivières a été recreusée et bétonnée afin qu’une vague perpétuelle s’y forme. Des surfeurs y ont rapidement vu du potentiel, et depuis il est donc possible de surfer en plein coeur de Munich! C’était assez impressionnant de voir la dizaine de surfeurs tenter de combattre la vague, avant d’être inévitablement emportés par les flots! Attention par contre: l’endroit est réservé aux surfeurs expérimentés, et c’est un surfeur à la fois qui peut affronter la vague. On comprend rapidement pourquoi: la rivière doit faire 10m de large environ (ce qui est plutôt étroit et oblige les surfeurs à faire des tournants assez serrés près du bord), les rebords sont en béton (bonjour les blessures si on s’y frotte) et le lit de la rivière (bétonné aussi) remonte brusquement quelques mètres après la vague, de sorte qu’il faut très bien savoir comment tomber pour ne pas se faire mal. Bref, un spectacle étonnant qu’on ne s’attend pas vraiment à trouver en pleine ville!

On a terminé notre balade à la « tour chinoise », un genre de pagode érigée au centre du parc pour une raison obscure, et autour de laquelle les Munichois ont cru bon d’installer plusieurs Biergartens. Les Biergartens (littéralement « parcs de bière ») sont une institution en Allemagne (et notamment en Bavière) et consistent en des tables posées en plein air où, vous l’aurez deviné, on peut s’installer pour boire une choppe de houblon. Inutile de vous rappeler ici que les Allemands sont passés maîtres en ce qui concerne le brassage de la bière, et que cette boisson alcoolisée (déclinée sous sa forme blonde, blanche et brune) est omniprésente partout! Dans les Biergartens, on va se servir des bocks d’un demi-litre (c’est le plus petit format) ou d’un litre dans une genre de cabane, où des employés passent leurs journées à remplir des verres! À noter qu’il faut payer un dépôt pour le verre, qu’on récupère lorsqu’on remet ledit bock, question d’éviter que les verres ne se volatilisent…

Il était encore trop tôt pour s’y arrêter, alors on est revenus vers le centre, où on s’est baladés dans les petites rues médiévales du vieux-Munich. On en a profité pour faire un arrêt à la célèbre brasserie Hofbrauhaus, la plus grande de Munich. C’est un immense complexe/Biergarten où on peut manger et boire sur plusieurs étages: à elle seule, la salle principale peut apparemment accueillir 1000 personnes. Bien qu’assez touristique, c’est aussi assez impressionnant! Sur une note un peu plus sinistre, l’endroit a aussi accueilli la première rencontre officielle du parti national-socialiste allemand - le parti nazi d’Adolf Hitler. Dans les années 1920, c’est en effet à Munich qu’Hitler débute son ascension vers le pouvoir. Il tentera d’ailleurs de renverser le gouvernement local dans une autre brasserie de Munich (dans le cadre de ce qui est désormais appelé « le putsh de la brasserie »), ce qui lui vaudra d’être emprisonné. 

En marchant encore, on s’est retrouvés au marché central, tout près de l’hôtel de ville. Ici, le guide nous disait que les produits qu’on trouvait (vins, fromages, épices, pains, etc.) étaient excellents, mais qu’il fallait y mettre le prix! C’était un peu différent des marchés en plein air ukrainiens, où c’était très abordable! Tout ça nous avait donné faim, et on s’est donc assis dans un Biergarten du marché central pour y manger quelque chose de typiquement allemand: des assiettes de saucisses avec choucroute, accompagnées d’une choppe de bière brune! Comme les tables libres manquaient, on était assis avec un duo de vieux Bavarois, qui ont tenu à nous indiquer que le patois bavarois était bien différent de l’allemand!

Bien rassasiés, on s’est promenés encore un peu avant de revenir à l’aéroport en train. En attendant notre vol pour Montréal, on a pu écouter un vieux couple québécois se chicaner. Ils ont notamment eu cet échange un peu surréaliste:

Madame: On a-tu passé les douanes là?
Monsieur, pas très avenant: Ben non, on sort de l’espace Shengen là, c’est une grosse frontière, on sort de l’Union européenne.
Madame: C’est quoi ça Shengen?
Monsieur, exaspéré: Ben c’est l’espace en Europe où les gens peuvent se déplacer librement.
Madame: Oh OK. Ben on les passe quand les douanes?
Monsieur, assez raide: Ben après!

Euh… Comme ils étaient dans la zone internationale, ils avaient déjà passé les douanes de sortie de l’Allemagne et de l’Union! En tout cas...

On prenait Lufthansa jusqu’à Montréal, et on peut vous dire qu’on leur tire notre chapeau pour la bouffe, c’était super bon! Le petit plus qui fait la différence: on nous servait un digestif (un Bailey’s) à la fin du repas! Franchement, rien à redire!

8h plus tard, on atterrissait à Montréal. Le passage des douanes fut plutôt aisé et on a récupéré nos valises facilement! Cette fois-ci, on n’a pas dû attendre jusqu’à une heure du matin qu’on nous les shippe de Miami, comme ça avait été le cas quand on est revenus d’Argentine cet hiver!

Voilà qui met fin à ce 7e blog de voyage! Merci à tous ceux qui continuent à nous suivre et à commenter, malgré le fait qu’on écrit beaucoup! À la prochaine!


François 

1 commentaire:

  1. Un gros bravo pour votre blog. Toujours aussi intéressant. Voyager avec vous deux est toujours c'est comme vous suivre à travers le monde sans se déplacer,
    Un gros Merci!!!!

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