Salut, c'est François!
On est arrivés à la gare d'Odessa au petit matin (6h), les yeux bouffis de sommeil après une trop courte nuit! 9h de transport, c'est un peu trop peu pour un train de nuit... Qu'importe, Odessa nous attendait, et on a marché dans les rues quasi-désertes en direction de notre hostel. Odessa est une ville plutôt différente du reste de l'Ukraine: comme St-Pétersbourg, c'est une ville planifiée, qui est née au 18e siècle lorsque cette région a été conquise par l'empire russe. La tsarine Catherine la Grande avait alors mandaté ses architectes de créer de toutes pièces une ville appelée à devenir l'un des ports les plus importants de Russie. L'effet est étonnant car l'architecture néo-classique, les immeubles élégants mais néanmoins un peu délabrés par endroits, les rues en damier, les pavés et les grands arbres matures rappellent davantage certaines villes coloniales d'Amérique du Sud que l'ex-URSS! Pour être plus précis, Odessa a des airs de parenté troublants avec Montevideo, en Uruguay! Une très belle ville en tout cas, qui charme instantanément le voyageur de passage!
On a déjeuné dans un parc en regardant les gens qui promenaient leurs chiens (activité matinale universelle s'il y en une, et ce, partout dans le monde!) Puis, on est arrivés au New Life Hostel, qui allait être notre base à Odessa pour les prochains jours. L'endroit expérimentait un concept particulier et un peu antinomique: celui d'hostel de luxe! Pour le même prix qu'un hostel normal en Ukraine, on avait droit à un endroit immaculé, avec des femmes de ménage récurant avec soin les planchers, et clés de porte avec cartes électroniques! N'eût été des aires communes et des dortoirs, on aurait juré qu'on était dans un hôtel! Comme l'établissement n'était pas mentionné dans le Lonely Planet, on n'y trouvait que des Ukrainiens et un vieil Américain qui aimait beaucoup parler et qui nous a jasé ça pour un long moment dès notre arrivée! C'était le genre de personne "pas de filtre" et on a su rapidement pêle-mêle qu'il avait déjà enregistré un disque de musique, qu'il avait été aidant naturel pour ses parents avant leur mort, que sa soeur avait été tuée dans un accident de voiture et que son frère, qui avait marié une de ses ex-blondes ukrainiennes, avait été alcoolique et en était mort. Bref, tout un personnage! Nul ne sait ce qu'il faisait précisément en Ukraine (voici plusieurs semaines qu'il était à Odessa), mais ça ajoutait au mystère!
Les heures suivantes furent consacrées à de nécessaires mais pénibles tracasseries logistiques... On voulait en effet aller faire un tour dans le delta du Danube, pas trop loin d'Odessa. On devait donc trouver une agence qui organisait le tout. Sauf que c'était soit trop cher, soit ça ne correspondait pas à nos dates... On devait aussi sortir de l'argent, mais on ne savait pas combien tant qu'on n'avait pas réservé ledit tour... En plus, on devait s'informer quant aux heures de départ des bus vers nos prochaines destinations! En tout cas, on vous épargne les détails, mais ça a été bien laborieux de démêler tout ça et d'obtenir les informations nécessaires! On a fait une pause en mangeant au Pousata Kata (oui, il y a aussi une succursale de cette divine cafétéria à Odessa!), et ce n'est que peu avant 16h qu'on a pu enfin dire que nos tramites étaient terminés! C'est très pénible ce genre de choses, mais c'est parfois nécessaire en voyage!...
Une fois tout ça derrière nous, on s'est lancés dans notre exploration d'Odessa! Heureusement, on était en plein centre et on a pu d'emblée se promener le long de vul Derybasivska, la rue piétonnière la plus animée de la ville! On a ensuite jeté un coup d'oeil au magnifique opéra, avant de tomber sur une exposition en plein air portant sur la révolution de 2014 à la place Maydan. Il y avait d'excellentes photos avec des descriptions en russe et en anglais, ce qui nous a permis de comprendre plus en détail leur contexte poignant... Il y avait cependant des mentions indiquant que les photos appartenaient à des vedettes, genre Madonna, ce qui était un peu bizarre, mais bon! On a poursuivi notre balade le long d'une autre rue piétonnière pleine d'arbres où vendeurs à la sauvette et musiciens se disputaient l'espace!
C'est un peu plus loin sur cette rue qu'on tombe inévitablement sur l'escalier Potemkine. Si vous avez certains rudiments de culture cinématographique, vous connaissez certainement la célèbre scène du vieux film russe "Le cuirassé Potemkine", où des soldats tirent sur une femme avec un landau dans un escalier... Le landau dévale ensuite le long escalier à palier... Eh bien, l'escalier en question est ici, à Odessa! Bien franchement, l'endroit est moins impressionnant que ce à quoi on pourrait s'attendre: l'escalier donne sur le moche terminus maritime et est entouré de vieux machins soviétiques... Si on regarde vers la vieille ville néanmoins, on peut toutefois imaginer la scène!
On a ensuite marché vers un manoir situé à la fin de la rue piétonnière, d'où on avait une bonne vue sur le port très actif d'Odessa! Puis, on est revenus vers le centre où on a soupé d'une assiette de shawarma sur la rue piétonnière principale de la ville. À cette heure-là, l'endroit était noir de monde, les terrasses étaient pleines, il y avait des amuseurs publics et des musiciens un peu partout, des gens qui proposaient des tours de poneys... Le nightlife d'Odessa est célèbre et cette rue nous en donnait un certain avant-goût! Personnellement, j'ai trouvé que la rue Derybasivska avait un magnétisme hypnotisant, tellement elle était animée, et ça s'est confirmée chaque soir où on est passés par là!
Le lendemain, on s'est levés un peu tard sachant qu'on était encore un peu crevés du trajet de train de la veille... Mémé a passé un bon moment à remplir des formulaires pour la faculté de médecine qui refuse décidément de laisser les gens tranquilles même durant leurs vacances, pendante que je parlais au vieil Américain et à un Ukrainien un peu trop collant et qui parlait sans arrêt pour avoir de l'attention. L'Américain était bien inquiet car il venait d'aller voir le médecin qui lui avait dit qu'il avait des vers... SuperDocteur Mémé l'a néanmoins rassuré un peu!
On est allés diner au Pousata Kata (eh oui, encore), où on a croisé l'Ukrainien collant qui nous a encore jasé pendant un bon bout. Bon, il était gentil et son anglais était excellent, mais il nous était pratiquement impossible de placer un mot tellement il parlait! Il était musicien free lance et il passait ses vacances à Odessa. Il nous a raconté plein de choses bien réfléchies et fort intéressantes sur l'Ukraine post-révolution. Par contre, on a souri quand il nous a dit que le Canada devrait conserver les visas pour les Mexicains, qui "vont nous envahir" mais lever les visas pour les Ukrainiens! Comment dit-on, déjà? Ah oui: "prêcher pour sa paroisse"! :)
Par la suite, on a été tester le système postal ukrainien en allant récupérer au bureau de poste un carte poste envoyée par la célèbre K, la marraine de Mémé, à la poste restante. Honnêtement, on avait peu d'espoir que ça ait fonctionné, mais elle y était miraculeusement! Merci K pour cette gentille attention!
Odessa est l'une des villes les plus courues d'Ukraine non seulement car c'est un bien bel endroit, mais aussi parce qu'on y trouve de nombreuses plages! On voulait y faire un tour, et on a donc pris un tramway pour la plage d'Arkkadia. Une fois sur place, c'était un autre feeling complètement! Bye bye coquette ville coloniale, bonjour clubs-restos-bars festifs-kitschs! (ambiance genre Super Aqua Club Pointe-Calumet?) Comme au Monténégro, il y avait des "resorts" sur le bord de la plage, où on pouvait louer une chaise longue en face d'une piscine et profiter à la fois du soleil et du boum-boum ambiant! On ne comprend pas trop l'intérêt, mais heureusement il y avait des plages de sable où s'étendre un peu!
Après un tour aux infectes toilettes turques publiques de la plage (dont la porte des cabinets arrivait à la hauteur du nombril), on s'est installés pour voir ce qu'était "aller à la plage, Ukrainian-style". Et on a pas été déçus en termes de dépaysement! Devant nous, un couple faisait pratiquement l'amour tellement il se touchait partout! Le gars a aussi fini par se frotter vigoureusement le dos contre les coquillages de la plage! On a pas trop compris, mais ça devait faire mal! On vous confirme également que la mode "maillot léopard" et "culotte brésilienne" est bien vivante en Ukraine!
Le soleil était chaud mais le vent était frais, et quand on s'est retrouvés à l'ombre on a décidé de marcher un peu le long de la route qui relie les plages, de même que sur les plages elles-mêmes. Même si l'ambiance "plage européenne organisée" n'est pas nécessairement pour nous, il faut donner à Odessa que les plages de sable sont bien sympathiques, qu'elles ne sont pas bondées et que l'eau est bien claire! Par contre, la mer Noire était un peu trop froide pour que l'on s'y baigne!
On a longuement marché et on a fini par atteindre une autre plage. On peut accéder à celle-ci par un genre de chairlift primitif (il n'y a aucun autre moyen de décrire ça, c'est vraiment ça) qu'on a naturellement emprunté! C'est le genre d'expérience "When in Ukraine..." que le Lonely Planet conseillait chaudement! En début de soirée, on a atteint le boardwalk de la plage la plus proche d'Odessa... et du delphinarium qui le jouxte! On a mangé dans un petit resto en face de la mer, où une madame trop sympathique a tenu à nous servir en anglais et à complimenter nos choix de plats!
On est revenus en ville au soleil couchant par le parc qui longe le haut de la colline qui domine Odessa, de laquelle on avait une vue splendide sur les grues du port d'Odessa! Une fois au centre, j'ai été terrassé par des méga-crampes intestinales... On est revenus de peine et de misère à l'hostel, où je me suis littéralement effondré en gémissant dans l'escalier tellement les crampes me faisaient mal! Je vous épargne les détails, mais un passage à la salle de bains m'a fait le plus grand bien... Bizarrement, cet épisode ne s'est pas répété depuis: faut croire que c'était un "one hit wonder"!
La soirée s'est néanmoins terminée sur une excellente note car Mémé a appris qu'elle avait passé son examen du collège des médecins! Elle était donc commencer sa résidence! On peut donc dès à présent l'appeler Docteure!!
(Inutile de nous dire que je suis très fier de ma formidable blonde, dont le talent n'a d'égal que son intelligence! Cela dit, je n'avais jamais douté de son succès!)
À bientôt! :)
Bravo, Docteure! Surveille ce que mange François. Et merci d'avoir accepté l'expérience poste restante: ça marche, comme pour Dumas et Kipling! K
RépondreSupprimerMerci!
SupprimerL'expérience a été plus facile que prévu!
Nous sommes très heureux de ta belle réussite. Toutes nos félicitations chère Dre.
RépondreSupprimerSalutations au Me.
Bon voyage de retour.
Tes voisins de Ste-Thérèse
Merci beaucoup!
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