Salut, c’est François ! Je vous saluerais
bien en bulgare, mais on ne sait pas comment !
En se levant ce matin-là, il n’y avait plus
d’électricité (et donc plus d’air climatisé !), pour une raison inconnue…
« Ça va revenir à 16h ! » nous a dit la madame de la guesthouse,
avant de m’offrir un café ! On a déjeuné en regardant la vieille
forteresse à partir du balcon de l’établissement. Franchement, nous avions
probablement l’une des plus belles vues de la ville ! Sis au sommet de la
colline qui fait face à la forteresse, ce bed and breakfast ne pourrait être
mieux situé !
Il faisait déjà très chaud quand on est
redescendus en ville via les ruelles en pierre du pittoresque vieux quartier de
Varusha, où nous logions. Chaud dans le genre « tu sues constamment et tu
n’arrives pas à sécher, ton chandail est trempé en avant et en arrière et tu
bois de l’eau goulûment à chaque 10 minutes » Ça promettait pour la
journée ! On a d’abord fait un petit arrêt à l’église St-Cyrille et
St-Méthode, les moines à l’origine de l’alphabet cyrillique (vous saviez que le
cyrillique était une invention bulgare ? Pas nous ! Apparemment que
le yogourt serait aussi d’origine bulgare, eh oui !) Puis, on est partis à
la recherche d’un guichet automatique question de retirer les leva qui nous
permettraient de vivre pour les prochains jours ! L’info touristique étant
sur notre chemin, on y a fait un arrêt pour s’informer de l’horaire des bus
pour notre prochaine destination, la ville de Ruse. Là, wow : le gars nous
a remis un papier qui contenait l’horaire des bus et des trains pour
Ruse ! Note aux infos touristiques : voilà exactement le type
d’information que vous devriez tous avoir à portée de main !! Par contre,
quand on lui a demandé comment on pouvait se rendre à la gare, le gars nous a
répondu « oh, c’est mieux de prendre un taxi, parce que c’est compliqué
pour vous de prendre les transports en commun » OK, et mettons qu’on
voulait prendre le bus public ? « C’est le 10, il passe sur la rue
principale juste à côté et il vous dépose directement à la gare. » Ah. Et
c’est compliqué, ça ? Pffff… Autre note aux infos touristiques : ce
ne sont pas tous les voyageurs qui veulent se déplacer en taxi ! Tsé,
dude, si on te demande comment se rendre à la gare, c’est généralement qu’on ne
veut pas y aller en taxi, parce qu’autrement on ne te l’aurait pas demandé et
on aurait dit directement au chauffeur de taxi de nous y déposer !
On est brièvement revenus à la guesthouse pour
payer nos nuitées et déposer notre surplus de leva, puis on est redescendus de
la colline pour aller manger. Il était autour de midi et le soleil était à son
zénith : il faisait 36 degrés à l’ombre ! On est donc allés se
réfugier au resto Ego, supposément l’un des meilleurs en ville côté
qualité/prix. La vue qu’on avait était en tout cas superbe : on pouvait y
admirer la rivière, les collines boisées et les maisons du vieux centre
accrochées aux falaises ! Avec ses vieilles demeures blanches percées de
fenêtres et ses toits de bois foncé, Veliko Tarnovo avait définitivement un
petit air albanais ! Plus précisément, on aurait dit un joli mélange entre
Berat et Gjirokastra ! La bouffe était bonne mais un peu grasse (un
truisme dans ce voyage à date), sauf en ce qui a trait à la super salade
commandée par Mémé ! En fait, la salade « shopska » est le plat
national de Bulgarie : c’est un genre de salade grecque, mais avec du feta
râpé, et c’est très bon ! Cet arrêt au resto nous a aussi permis
d’expérimenter une particularité de Bulgarie qui a le don de mélanger les étrangers :
la gestuelle pour dire « oui » et « non ». En effet, au
moment de prendre notre commande, la serveuse avait légèrement tourné la tête
de gauche à droite, ce qui serait universellement interprété en Occident comme
signifiant « non ». Or, en Bulgarie, ça veut dire
« oui », alors que hocher de la tête de haut en bas veut plutôt dire
« non » ! Ça surprend un peu en tout cas !
Après s’être baladés un peu dans la rue
principale de la vieille ville (là où tous les locaux disponibles sont
apparemment réquisitionnés pour devenir des stands de souvenirs) et avoir fait
un arrêt pour visiter la cathédrale, on s’est dirigés vers l’attraction
principale de Veliko Tarnovo : sa forteresse ! Comme à
Kamianets-Podilsky, celle-ci est érigée sur une colline ceinturée par les
méandres d’une rivière, formant ainsi un espace stratégique naturel. De fait,
l’endroit a été habité et fortifié depuis des temps immémoriaux, mais c’est la
décision, au Moyen-Âge, d’y établir la capitale de l’empire bulgare qui a
vraiment donné le coup d’envoi de la construction de hautes murailles, de
palais et de nombreuses habitations. Malheureusement, quelques siècles plus
tard, les Turcs ont tout ravagé. Les communistes ont cependant entrepris de
restaurer le tout (des points pour eux, pour une fois), et on peut maintenant
explorer librement les ruines remises en état. Le plus impressionnant demeure
les épais murs défensifs, de même que les différentes tours de garde. L’une
d’entre elle contenait d’ailleurs tout le nécessaire pour faire un beau
photo-op de décapitation : hache (en plastique), bûche
« ensanglantée » (avec traces de peinture rouge), et panier pour
recueillir la tête par après ! Hé toi, le jeune ! Viens t’amuser à
faire sembler de couper la tête de tes amis !
Dans la même thématique un peu trash, on
trouvait un peu plus loin le bien-nommé « rocher de l’exécution ». En
fait, c’est une roche qui surplombe la falaise et la rivière en contrebas. Vous
l’aurez deviné : les traîtres étaient invités à venir y effectuer un
dernier plongeon vers l’abîme ! Charmante coutume !
On a visité ensuite les ruines de l’ancien
palais avant d’entrer dans l’îlot de fraîcheur que représentait la petite
église qui surplombe le site ! Sérieusement, la chaleur était accablante,
et on est restés un bon 10 minutes au frais pour tâcher de sécher un peu !
En sortant de la forteresse, on s’est d’ailleurs rués sur le premier dépanneur
pour y acheter une bouteille d’eau bien froide et des popsicles !
Veliko Tarnovo n’est pas une bien grosse
ville, et une fois la vieille ville et la forteresse visitées, disons qu’on a
pas mal bien vu ce qu’elle a à nous offrir. En plus, la température caniculaire
ne nous donnait pas tellement envie de pousser bien davantage notre
exploration. Par contre, elle constituait un puissant incitatif à profiter de
la piscine de notre guesthouse ! On a donc barboté pendant deux bonnes
heures, puis on s’est prélassés sur les chaises longues en lisant un peu… La
belle vie !
Cette fin d’après-midi fort active (!) a fini
par nous donner faim, et on est allés essayer l’un des autres restos classiques
de Veliko, au nom imprononçable. Le mobilier rappelait étrangement celui de ma
grand-mère, mais les plats étaient bien bons, tout comme la bière noire bulgare
qui accompagnait le tout ! Le crépuscule ayant un peu chassé la chaleur,
on en a profité pour se balader dans un parc près de la rivière. Naturellement,
l’endroit était maintenant noir de monde, alors qu’il avait été désert toute la
journée ! En quittant, on a été surpris par de fortes explosions,
semblables à des coups de feu… Au début on ne savait vraiment pas à quoi on
avait affaire… avant de réaliser que c’était des feux d’artifice que l’on
tirait tout près de nous haha ! Côté spectacle nocturne, Veliko ne donne
pas sa place !
On est revenus à la guesthouse par les petites
ruelles, en croisant au passage des gangs de jeunes Bulgares à l’air
patibulaire… de même que – ô joie – des chiens errants, heureusement pas trop
méchants. Plus qu’ailleurs en ville, Varusha est le paradis des animaux errants !
Il y a notamment un escalier qui est envahi par les chats, et vous êtes pratiquement
assurés de vous faire japper après lorsque vous vous baladez dans le coin !
À bientôt !
Veliko Tarnovo sera désormais associée à ses eaux rafraîchissantes...
RépondreSupprimerVous allez les chercher loin, vos heures spa!
MM